


Poète engagé et politicien emblématique, l'écrivain anticolonialiste Aimé Césaire, l'un des chantres de la "négritude", est mort jeudi 17 avril à Fort-de-France. Aimé Césaire laisse une oeuvre véhémente et revendicative, parfois proche du surréalisme. A télécharger : la bibliographie d'Aimé Césaire.
Le poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans est décédé jeudi matin au CHU de Fort-de-France (Martinique), où il était hospitalisé depuis le 9 avril, a-t-on appris jeudi de source gouvernementale. Depuis son hospitalisation, pour des affections "de nature cardiologique", à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, des rumeurs alarmistes circulaient sur son état de santé, qualifié de "stable mais préoccupant" par ses médecins.
Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l'un des chantres du courant de la "Négritude" dont il fut le premier à employer le mot dans Cahier d'un retour au pays natal (Présence africaine).
L'auteur avait consacré sa vie à la
poésie et à la politique. Principale figure des Antilles françaises, il fut
depuis les années 1930 de tous les combats contre le colonialisme et le
racisme.Les Martiniquais attendaient ces derniers jours avec sérénité et dans la
discrétion l'évolution de l'état de santé d'Aimé Césaire.
Le poète engagé
Solidaire du monde noir et de sa révolte contre le colonisateur, il se disait
"fondamentalement poète, mais poète engagé" et "nègre, nègre, depuis le fond du
ciel immémorial". Fêté à l'université, célébré à la Comédie-Française, écrasante figure de la
société martiniquaise, Aimé Césaire a écrit une oeuvre véhémente et
revendicative, parfois proche du surréalisme.
Maire de Fort-de-France de 1945 (il n'avait que 32 ans) à 2001, député de
1946 à 1993, président du Conseil régional de Martinique, il avait quitté la
présidence du Parti progressiste martiniquais (PPM) en 2005.