Édito par Fabrice Piault, rédacteur en chef

Photo PHOTO OLIVIER DION

Dans une société qui ne cesse de magnifier la jeunesse, il n’est pas anodin que les éditeurs attachent, eux, un soin particulier à la célébration de leur anniversaire. Certes, ils ne sont pas, dans le monde économique, les seuls à vouloir ainsi valoriser leur expérience. Mais, pour les quelques mois qui viennent, Livres Hebdo, qui pourrait en remplir ses colonnes à l’année, a déjà recensé une vingtaine de maisons ayant prévu de souffler leurs bougies avec un minimum, et parfois un maximum, d’éclat, de J’ai lu à Glénat en passant par Bamboo, Leduc.s ou Sonatine.

Certains éditeurs, tel Delcourt qui ressort l’argenterie systématiquement tous les cinq ans pour matérialiser chaque stade de sa croissance, ont placé la fête d’anniversaire au cœur de leur stratégie de développement. D’autres n’hésitent pas à choisir des millésimes un peu baroques (140 ans, pour Flammarion en 2015). Au-delà de l’occasion toujours bienvenue d’une opération commerciale et de communication, les éditeurs affichent suivant les cas des motivations politiques ou patrimoniales. Ils espèrent en tirer, sinon des cadeaux, du moins un bénéfice d’image.

Dans l’édition comme dans la vigne, contrairement à d’autres secteurs, le passage des ans vaut bonification. Chaque décennie marque une nouvelle étape dans la construction d’un fonds, qui demeure la valeur cardinale d’une industrie que la production quotidienne vise à développer et enrichir. Fêter son anniversaire, c’est dire qu’on est déjà vieux, s’en réjouir avec ses amis et ceux qui pourraient le devenir, proclamer que cela donne encore plus d’énergie pour se renouveler et croître encore. Livres Hebdo n’y échappera d’ailleurs pas, et fêtera à son tour, l’an prochain, ses 40 ans.

14.06 2018

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