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La culture en question

Aline Charron, librairie A la Librairie à Bobigny et Karine Hervé, représentante des Belles Lettres. - Photo INFL

La culture en question

Lors d’une table ronde organisée le 14 avril par l’INFL, les professionnels ont débattu de la place de la culture dans leur métier. Une problématique de fond qui a suscité un vif intérêt auprès des étudiants.

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Par Clarisse Normand
avec Créé le 17.04.2014 à 19h31 ,
Mis à jour le 18.04.2014 à 00h00

Lieu propice aux réflexions sur le métier, l’Institut national de formation de la librairie (INFL) a organisé, le 14 avril, au théâtre Berthelot à Montreuil, une table ronde intitulée "La culture du libraire". Bien qu’éloignée des préoccupations concrètes habituelles, la thématique n’est pas anodine. Pour Guillaume Gandelot, patron de La Friche à Paris et membre du conseil d’administration de l’INFL, à l’origine de cette table ronde, elle renvoie à "la responsabilité des libraires dans la vie des livres" et a d’autant plus de sens aujourd’hui que c’est sur les nouveautés qu’ils s’efforcent de se singulariser avec leurs coups de cœur.

Face à un public d’étudiants auquel s’étaient joints quelques professionnels, le débat s’est engagé entre les six intervenants invités, à savoir la sociologue Frédérique Leblanc, l’auteur Frédéric Ciriez, la représentante des Belles Lettres, Karine Hervé, et bien sûr des libraires, en l’occurrence Aline Charron (A la librairie, Bobigny), Olivier Michel (L’Humeur vagabonde, Paris) et Daniel Coyne (Super héros, Paris). Ouvrant la discussion, Frédérique Leblanc a insisté sur la pluralité des cultures - élément consubstantiel à l’évolution du métier -, perceptible notamment dans les assortiments. Tandis qu’Aline Charron expliquait que "la culture ne fait sens qu’adaptée à un territoire" et suggérait l’intégration d’un module dédié dans les formations de libraires, Olivier Michel avouait "avoir beaucoup appris en séchant les cours de l’Asfodel pour aller au Louvre" et prenait ses distances par rapport à la culture "patrimoniale". A l’échelle de l’interprofession, Karine Hervé a insisté sur le rôle des catalogues d’éditeurs. "C’est un élément clé de la culture des libraires. C’est ainsi qu’ils pourront créer des passerelles entre les livres et faire vivre le fonds." Si tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité de développer les résonances entre passé et présent, la notion de culture commune n’a en revanche pas fait l’unanimité. Témoignant de l’enjeu qu’ils accordent à la question, les étudiants ont activement participé au débat et fait part de leurs inquiétudes pour acquérir les fondements culturels.

Clarisse Normand

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