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Laurie Halse Anderson, lauréate du prix Alma 2023

Autrice prolifique, Laurie Halse Anderson a reçu le prix Margaret Edwards en 2009 - Photo Creative commons

Laurie Halse Anderson, lauréate du prix Alma 2023

La new-yorkaise Laurie Halse Anderson a remporté le prix suédois Astrid Lindgren Memorial (Alma) 2023. Autrice jeunesse réputée pour traiter de sujets graves comme les violences sexuelles, son oeuvre est menacée par la censure Outre-Atlantique.

Par Elodie Carreira
Créé le 21.03.2023 à 12h32 ,
Mis à jour le 21.03.2023 à 18h38

L’autrice new-yorkaise Laurie Halse Anderson a remporté, début mars, le prestigieux prix suédois Astrid-Lindgren, décrit comme le « Prix Nobel de la littérature jeunesse ». Saluée par le jury pour « le radieux réalisme noir » qui traverse l’ensemble de son œuvre, la lauréate s'est vu remettre les 5 millions de couronnes suédoises (soit environ 540 000 euros) de dotation.

Après cinq années d’affilée à figurer sur la short-list du prix Alma, l’écrivaine a enfin reçu, à 61 ans, la consécration attendue. Autrice d’une trentaine de romans pour enfants et jeunes adultes, Laurie Halse Anderson s'est, bien avant MeToo, servie de sa plume pour traiter des violences sexuelles, des dysfonctionnements familiaux ou encore des questions liées au corps.  De sa nouvelle autobiographique Speak (1999), portée au cinéma par Jessica Sharzer (2004) et adaptée en BD chez Rue de Sèvres (2019), à la série Les petites vétérinaires, publiée et traduite chez Pocket Jeunesse et dont le 27e volume paraîtra en juillet prochain, elle s’est attaquée à de nombreux sujets épineux.

Susceptible d’être censurée

En 2020, Laurie Halse Anderson a ainsi fait paraître le recueil Shout, récit douloureux de l’agression sexuelle qu’elle a subi enfant. Mais, apparemment, les censeurs actifs depuis juillet dernier dans les États les plus conservateurs des États-Unis, tentent désormais d’écarter l’ouvrage des bibliothèques et écoles.

D’après le journal américain The Philadelphia Inquirer, l’autrice a même été contrainte, mardi dernier, de défendre son œuvre auprès du conseil scolaire du district de Central Bucks (Pennsylvanie), qui entend interdire « les contenus sexualisés » et les livres jugés non conformes. Pour Laurie Halse Anderson, le district commettrait une « faute professionnelle éducative » si les ouvrages évoquant les abus subis par les enfants étaient retirés de ses bibliothèques.

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