Enquête

Qui sont les lecteurs d'imaginaire ?

Qui sont les lecteurs d'imaginaire ?

L’Observatoire de l’imaginaire a sondé ses lecteurs pour connaître leur profil et leurs habitudes. Il ressort de l’enquête que les fans d’imaginaire sont plutôt des femmes, plutôt des jeunes et que leur appétence pour les formats numérique et audio est très supérieure à la moyenne de l’ensemble des lecteurs. 

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Par Charles Knappek
Créé le 13.05.2022 à 17h42

Le public captif d’abord. L’Observatoire de l’imaginaire, émanation des États généraux de l’imaginaire créés en 2017, publie les résultats d’une enquête visant à établir le profil-type des amateurs de science-fiction, fantasy et fantastique.  

Organisée au second semestre 2021 via Framaforms (qui permet la création de questionnaires en open source) et relayée via les réseaux sociaux, l’enquête ne porte pas sur l’ensemble de la population française, mais sur le public des amateurs de littératures de l’imaginaire.

A ce titre, elle n’est pas représentative des pratiques de lecture : ce sont principalement les fans d’imaginaire, âgés de plus de 20 ans à 97 % et souvent de gros lecteurs, qui ont répondu au sondage. Ainsi, parmi les 6 231 personnes interrogées, 55,9 % déclarent lire au moins 30 livres par an (32,8 % lisent même plus de 50 livres par an), et 87 % au moins 10 livres par an. Pour comparaison, le sondage Ipsos 2021 pour le Centre national du livre (CNL) donne une moyenne de 18 livres par an.

Les femmes loin devant

En ce qu’il en propose un échantillon concentré, le sondage est en revanche beaucoup plus éclairant s’agissant de la population restreinte des fans d’imaginaire : majoritairement féminin (57,6 % des répondants sont des femmes, contre 39,7 % des hommes et 2,7 % des non-binaires), ce lectorat est surtout composé de personnes âgées de 20 à 49 ans, les lectrices étant en moyenne un peu moins âgées que les lecteurs.

Des différences marquées se font aussi jour en fonction du sexe des lecteurs. Les hommes lisent davantage de science-fiction (80 %) et les femmes davantage de fantasy (75 %). « Pour faire simple, la fantasy est lue en priorité par un public féminin, entre 20 et 39 ans, là où la science-fiction l’est majoritairement par des hommes après 40 ans », précise l’étude. La catégorie émergente du young adult est connue de 90 % des répondants, dont 40 % en lisent régulièrement ou souvent.

Pour choisir leurs livres, les adeptes d’imaginaire s’en remettent à des critères classiques : 80,6 % se basent sur le nom de l’auteur et 76,4 % sur la quatrième de couverture. En troisième position intervient un critère plus propre aux littératures de l’imaginaire : l’éditeur ou la collection qui publie l’ouvrage. « Ce n’est pas une surprise dans les genres qui nous intéressent, longtemps bâtis sur un paysage éditorial relativement restreint en termes d’éditeurs spécialisés », analyse l’étude.

Le numérique plébiscité

Les lecteurs d’imaginaire s’avèrent aussi beaucoup plus adeptes du support numérique : ils sont 57 % à lire partiellement dans ce format, contre 23 % pour la moyenne de la population selon l’étude Ipsos 2021 pour le CNL. En revanche, seuls 3 % sont des lecteurs exclusifs en numérique (autant que la moyenne nationale).

Le livre audio est pour sa part plébiscité : 74 % des répondants en écoutent au moins occasionnellement (contre seulement 19 % pour la moyenne nationale selon le baromètre sur les usages des livres numériques). « La pratique doit néanmoins rester assez marginale, car un quart de ces lecteurs n’en achètent pas, nuance toutefois l’étude. Et la moitié en achètent moins de cinq par an. »

Autre enseignement, les amateurs d’imaginaire se rendent volontiers dans les festivals. Ils sont 48 % à déclarer en visiter, au moins occasionnellement, en particulier pour suivre des conférences et tables rondes, assister à des expositions ou participer à des séances de dédicaces. Sans surprise, les deux principaux festivals français des Utopiales de Nantes et des Imaginales d’Épinal sont les plus fréquentés : 18,3 % des répondants ont participé au moins une fois aux Utopiales et 8,1 % aux Imaginales. Suivent les Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres (5,5 %), Trolls @ Légendes à Mons, en Belgique (2,9 %) et imaJn’ère à Angers (2,6 %).

En complément du questionnaire sur les festivals, l’Observatoire de l’Imaginaire a conçu une carte interactive qui propose un panorama de la quarantaine de festivals d’imaginaire existants en France et en Belgique, chacun étant matérialisé par un cercle proportionnel à son niveau de fréquentation.

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