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Saint-Etienne rétablit le prêt de documents aux enseignants

Saint-Etienne rétablit le prêt de documents aux enseignants

Face au mécontentement suscité par l’annonce en juillet de la suppression du prêt de livres aux collectivités et aux écoles, la mairie de Saint-Etienne a décidé de rétablir ce service, mais selon des modalités moins favorables pour les bénéficiaires.

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Par Véronique Heurtematte
Créé le 06.09.2018 à 12h45

Les collectivités – crèches, hôpitaux, prisons, et les enseignants de Saint-Etienne pourront continuer à emprunter des documents en nombre dans le réseau des bibliothèques municipales. Devant le mécontentement soulevé chez les enseignants et les personnels des bibliothèques par l’annonce, en juillet dernier, de la suppression de ce service, la mairie a annoncé lundi 3 septembre sa décision de le rétablir.
 
La mairie a créé une carte professionnelle unique, alors qu'il en existait deux distinctes auparavant, une pour les enseignants et une autre pour les collectivités. Cette nouvelle carte ouvre les mêmes droits pour tous les bénéficiaires : emprunter gratuitement 50 documents pendant deux mois dans le réseau des médiathèques de la ville. Une décision qui constitue une demi-victoire pour les salariés et les enseignants qui se sont mobilisés.

Un service spécifique qui a été supprimé
 
Depuis plus de quarante ans, les écoles bénéficiaient en effet jusqu’alors d’un service spécifique de « prêt aux enseignants » qui leur permettait d’emprunter pendant plusieurs mois jusqu’à 100 documents dans un fonds documentaire de plus de 40 000 livres qui leur était réservé et qui était géré par une équipe de 5 personnes. L’équipe a été dissoute, et le budget attribué à ce fonds supprimé. Installé en réserve à la médiathèque centrale, ce fonds n’est désormais communiqué qu’à raison de 5 documents au maximum par enseignant et par prêt. "C’est une très belle collection de livres pour la jeunesse, avec notamment des titres que nous pouvions prêter en multiples exemplaires, ce qui est précieux pour l’étude en classe. Aujourd’hui, ce fonds va mourir car il n’est plus alimenté", déplore Houria Bine, représentante de la CGT et ex-membre de l’équipe du service de prêt aux enseignants.
 
La mairie avait décidé de supprimer ce service au motif que les prêts avaient baissé de 6 % au cours des dernières années. Comme souvent, il s’agissait surtout d’un arbitrage financier. Fin août, Marc Chassaubéné, maire adjoint délégué à la culture, expliquait à France Bleu que l’objectif de la mairie était, "dans un contexte économique très contraint dans lequel l’Etat nous enlève beaucoup de dotation", de "recentrer les moyens sur les missions premières des médiathèques […], et non pas sur une mission qui revient à l’Etat, qui est de donner des moyens aux enseignants, notamment dans les écoles".
 
Préavis de grève levé

Les enseignants des communes voisines de Saint-Etienne, qui représentaient plus de 40 % des bénéficiaires, selon la mairie, n’ont plus accès à cette prestation. Le maire de la ville, Gaël Perdriau, précisait cet été dans un communiqué que, pour ces personnes extérieures, "la question restait posée".
 
Après l’annonce de la mairie, lundi dernier, de rétablir un service de prêt aux collectivités, les représentants syndicaux des enseignants et des personnels de bibliothèque ont levé le préavis de la grève qui était prévue mercredi 5 septembre, mais ont maintenu le rassemblement programmé le même jour à midi devant la mairie. "Nous restons mobilisés", avertit Houria Bine.

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