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ÉDITION

Erreur de calcul pour François Bon : "Le Vieil homme et la mer" n'est pas encore tombé dans le domaine

Publié le 17 février 2012 par lh et afp

(Photo : Ernest Hemingway)

Gallimard a demandé le retrait de la vente d’une traduction du Vieil homme et la mer, d'Ernest Hemingway, par François Bon, qui la proposait en format numérique.


 

Gallimard, propriétaire des droits du Vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, a demandé aux diffuseurs le retrait de la vente d’une traduction de cette oeuvre par l’écrivain François Bon qui la proposait en format numérique sur Publie.net, sa maison d’édition numérique. Cette affaire a enflammé le réseau Twitter, soutenant majoritairement M. Bon.

« La publication et la commercialisation de cette traduction constituent un acte de contrefaçon », explique Gallimard dans son message adressé aux diffuseurs numériques.

Aux Etats-Unis, comme en France, les oeuvres sont protégées pendant 70 ans après la mort de l'auteur. Hemingway est décédé le 2 juillet 1961.

« Les Editions Gallimard tiennent à rappeler que l'oeuvre d'Hemingway est toujours sous droit en France comme aux Etats-Unis », rappelle le PDG ajoutant que « Gallimard, pour la langue française, en est le cessionnaire exclusif, tant en version imprimée qu'en version numérique ».

« Les éditeurs se doivent de faire respecter le droit des auteurs. Ce devoir n'exclut pas la possibilité d'établir, au fil du temps, de nouvelles traductions; c'est du reste ce que les Editions Gallimard font régulièrement, comme récemment encore avec Raymond Chandler, James Joyce ou Karen Blixen... mais toujours en accord avec les ayants droit de l'oeuvre originale », a encore dit M. Gallimard.

« Les éditeurs sont tenus de faire respecter le droit des auteurs. Et Le Vieil Homme et la mer est toujours sous droits, n’en déplaise à @FBon », a écrit la maison d’édition sur son compte Twitter le 17 février dans la soirée.?« Gallimard n’a rien contre Publie.net et ne demande pas de dédommagements à @FBon », affirme aussi la maison, contrairement à ce que soutient toujours, sur son site et sur Twitter, l’éditeur et écrivain François Bon. Selon Gallimard, aucune poursuite n'a été lancée jusqu'à présent à l'encontre de M. Bon.

Vendredi soir, ce dernier a indiqué sur son site Internet, "Le Tiers livre", qu’il avait retiré de la vente sa traduction du Vieil homme et la mer publiée le 9 février dernier. François Bon, qui explique que cette traduction était "un projet ancien" et un rêve d'enfance, se dit découragé par cette affaire et envisage de fermer son site d'édition numérique Publie.net. Mais "je continuerai à publier et à traduire" affirme-t-il dans le dernier texte paru sur son site.

Gallimard affirme, avec raison, détenir les droits « premiers » sur le texte d'Ernest Hemmingway "The old man and the sea." C'est à dire que l'éditeur a l'exclusivité de la traduction française pour tous les pays en édition imprimée. Il est moins certain que Gallimard détienne les droits « seconds » sur cette œuvre pour tout autre support que le papier, et en particulier le format numérique. Avoir publiquement déclaré que François Bon a fait de la contrefaçon en traduisant et en publiant sous format numérique seulement, une nouvelle lecture de "The old man and the sea." c'est, au moins, de la diffamation. Après une accusation aussi grave, Gallimard doit faire la preuve qu'il détient les droits seconds de ce texte d'Hemmingway, "The old man and the sea." C'est un minimum, non ?
Commentaires Posté par : Egide | 20 février 2012 à 13:01:38
Le chantage affectif de François Bon est du foutage de gueule: sa maison n'est en rien mise en danger par cette micro-affaire gonflée comme une baudruche politiquement correcte. L'éditeur fait respecter un principe de droit d'auteur valable pour tous et Bon serait le premier à hurler à la liberté bafouée si on touchait à ses contrats chez des éditeurs classiques. Visiblement sur le net, on s'indigne avant de réfléchir. Ce qu'on appelle des "belles âmes".
Commentaires Posté par : Paul Hytiqment | 20 février 2012 à 10:04:17