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Oct

Quel avenir pour les librairies indépendantes?

Dans une entrevue au Monde des livres (daté du 6.10.2006), l'agent littéraire Andrew Wylie, réputé dur en affaires, n'est pas tendre en paroles. 26 ans qu'il fait son métier.

"Je crois que le circuit de vente des livres va se développer d'une manière très favorable aux livres de qualité. Les grandes chaînes de librairie, qui sont extrêmement néfastes, ne mettant en avant que des livres médiocres, à vente rapide, et négligeant totalement le fonds, sont en perte de vitesse. Grâce notamment à Amazon, qui est une révolution. Le marché va se partager entre Amazon et les librairies indépendantes, dont le réseau, aux Etats-Unis, a été bien endommagé, mais va se reconstruire. Je suis certain que les défaitistes se trompent."

Pensez-vous que la France suivra la même évolution? Partagez-vous cet optimisme?

Établir des analogies pour faire correspondre l'histoire des librairies de 2 pays c'est commettre une erreur dès le départ. André Schiffrin (L'édition sans éditeurs/La Fabrique) qui connait la situation des 2 côtés de l'atlantique est lui-même stupéfait de la vitesse de l'agravation de la situation des librairies en France. Il n'y a pas "La Librairie" française, "Le Réseau" des librairies etc. mais des centaines d'aventures individuelles autour de la circulation de l'écrit et le partage d'une passion. Chaque librairie de quartier qui disparait est une catastrophe irrémédiable: celle de la disparition d'une relation singulière, bâtie avec patience et non reproductible entre des lecteurs et un lieu. L'écrit c'est la trace, la librairie c'est la trace de l'écrit au sein d'une communauté, d'un quartier, d'une ville...
Commentaires Rédigé par : hagard | 20 octobre 2006 à 09:39:54
l'avenir passera par des investissements dans les locaux, une diversification (revue, carterie, disques, dvd) : des micro fnacs thematiques ou aux choix hyper pointus, des lieux de rencontres, de debats... et surtout une approche de la littérature differente, pas forcement parisienne, locale quand il y a des auteurs aux alentours... des partenariats avec d'autres lieux culturels locaux (musée, theatre, cinema), des creations d'evenements, des "vernissages" pour rapprocher les gens... desacraliser la culture et être le bon intermediaire, voila le defi pour ces commerçants pas comme les autres.
Commentaires Rédigé par : yann picat | 25 octobre 2006 à 12:42:08
Je crois (ou veux croire) à l'analyse d'Andrew Wylie. Les librairies indépendantes de centre ville ont à s'interroger sur 2 événements : la volonté des grandes surfaces culturelles à quitter les centres villes pour les périphéries et la montée en puissance de la vente sur Internet.
Pour la migration vers les centres commerciaux hors centre ville, les libraires indépendantes n'ont pas à s'inquiéter...Ces enseignes vont vers le royaume du 20/80, du fast-reading...On leur laisse volontiers. On se rejouit même qu'elles puissent atteindre un public qui ne viendrait pas dans une librairie de centre ville.
Concernant Internet, je pense sincérement que les librairies indépendantes en se concentrant sur les bases du métier peuvent affronter cette concurrence virtuelle...Et si Internet faisait trembler certains libraires indépendants parce que justement ils ont tendance à oublier les bases du métier que sont : l'accueil, le conseil, l'écoute, la valorisation du fonds par des libraires passionnés et formés...ce supplément d'âme qu'on ne retrouvera jamais sur la toile.
Commentaires Rédigé par : Sébastien | 26 novembre 2006 à 23:13:38
un ancêtre novateur! Faites : www.tacussel.fr/ruat/maumet.htm
Commentaires Rédigé par : maumet | 07 décembre 2006 à 15:09:15
bonjour, oui je crois dans la librairie indépendante puis que j'en crée une moi même en Auvergne mais je tiens à pousser un coup de gueule envers les distributeurs qui traitent les petits libraires par dessus la jambe: ex à un mois de l'ouverture et aprés cinq ou six appels à un distributeur commençant par la lettre H et possédant la moitié de l'édition ou à un autre commençant par la lettre V et finissant par M toujours pas de contact commercial, et encore moins de catalogues d'éditeurs pour commander. Alors oui je crois à la librairie mais pourquoi les grands groupes ne croient ils donc qu'en la Fnac et autre hyper.
Commentaires Rédigé par : patrice | 20 décembre 2006 à 20:58:37
Crise = danger / opportunité. C'est un peu sommaire, soit, mais je crois que l'évolution pour les libraires doit suivre la même que celle des éditeurs : d'un côté de très grosses machines, proposant une offre indiférentiée d'actualité et de "livres" plus proches des produits, de l'autre des structures, de type TPE ou artisanal, proposant une approche intelligible d'un domaine particulier (littérature, poésie, théatre, etc.). Le vie de ce secteur de petites structure passera par la diffusion d'information, la construction d'une notoriété, et les relations inter-personnelles là où l'autre secteur se concentrera sur les taux de rentabilités et autres parts de marché. Spécialement pour Patrice : un grand bravo et mes meilleurs voeux de réussite. Cherchez sur internet et vous trouverez des éditeurs capable de s'intéresser à votre projet.
Commentaires Rédigé par : Pascal Arnaud | 12 janvier 2007 à 11:20:42
J'ai remarqué qu'Amazon.fr a réussit à contourner le prix fixe en France. De quelle façon? En offrant un rabais de 5%, comme tout libraire peut faire et en ajoutant une autre réduction supplémentaire ; c'est l'envoi gratuit. Donc le client, non seulement n’a plus à se déplacer mais il obtient un 5% de réduction. Le transport gratuit est une réduction déguisée. Comme nous savons que la grande majorité des gens qui achètent en utilisant internet, vont auparavant voir le produit en magasin, il est censé d’imaginer que les libraires deviendront bientôt que des conseillers et des vitrines au service d’Amazon. Que ce soit Priceminister ou Amazon, les particuliers peuvent aussi vendre leurs livres sur ces sites à des prix défiant toute concurrence. Beaucoup de livres neufs se retrouvent avec des réductions substantielles qu’aucun libraire ne peut offrir.
Commentaires Rédigé par : Alain Deshaies | 05 février 2007 à 21:23:50
Suite : Pourquoi la loi ne s’applique pas pour eux ? C’est un mystère. Internet va tuer le libraire de quartier aussi rapidement que la Chine à forcer la délocalisation d’industries de biens de consommations courantes. Les éditeurs en offrant pour la sortie d’un livre que des éditons grand format à des prix toujours en hausses vont tuer la poule aux œufs d’or. Inconsciemment ils suivent la pente que la vente des CD et des DVD a suivit pour arriver avec des chiffres de ventes toujours en baisse. Avec Internet, les éditeurs et distributeurs de culture deviendront à court terme que des petits et grands entrepôts au service de la grande distribution. Amazon agit comme une grande surface, les produits courants sont disponible immédiatement, nous n’avons qu’à penser au prochain livre d’Harry Potter, le site accepte déjà les précommandes pour une livraison plus rapide. Les livres de fonds qui sont entreposés chez l’éditeur, demandent de 4 à 6 semaines pour la livraison. Du créateur à l’éditeur et aux distributeurs puis aux libraires, il faut une révolution dans ce marché en perte de vitesse. Être libraire est une profession qui demande connaissances et expériences, que penser d’un vendeur de livres comme Amazon? L’A380 a été certifié pour voler, le libraire professionnel est certifié pour donner conseil et goût de la lecture, le vendeur lui, profite du libraire et empoche.
Commentaires Rédigé par : Alain Deshaies | 05 février 2007 à 21:24:39
Après sept ans de librairie (et cette année est peut-être la dernière), je m'étonne toujours des conditions de travail que nous avons. Nos remises sont toujours discutées, la lutte est âpre pour les faire augmenter, on connaît la pression des grands groupes sur nous (c'est un classique et ce n'est pas ce qui m'intéresse aujourd'hui – non, ça, ça me tue toute l'année…)
Ce qui m'énerve aujourd'hui ce sont les conditions que nous pouvons avoir de la part d'éditeurs avec qui vous n'avons pas l'habitude de travailler (et il en reste, avec plus de 60 000 livres publiés cette année !). Parce que les petits éditeurs peuvent râler contre les gros, mais il faut voir ce qu'ils nous balancent.
On se fait un devoir de prendre les commandes à l'unité de nos clients (c'est ça la librairie indépendante) et c'est là que ça se gâte. Il nous faut ensuite chercher l'éditeur (on est spécialisés dans le polar et pour certains c'est une véritable enquête), lui envoyer un fax de commande pour ensuite, se voir revenir (par fax, c'est bien, sinon il y en a qui vous la mettent au courrier – merci le délai) une bonne vieille proforma avec… 25% de remise ! et lorsque vous appelez pour demander ce qui justifie ce taux à pleurer, on vous rétorque "c'est normal, vous n'êtes pas client chez nous".
Quand j'entends ça, je vois rouge ! ET ALORS? Qui sommes-nous si ce n'est les libraires qui se cassons le cul pour vendre vos livres ! ça ne vous dérange pas que NOUS vendions – on peut quasiment dire à perte - VOS livres pour que VOUS gagniez de l'argent ?
De quel droit doit-on ouvrir un compte pour vendre vos livres? Doit-on montrer patte blanche? Sommes nous des parias sous prétexte que nous ne voulons ne vendre que le livre qu'on nous a commandé pour satisfaire notre clientèle? Doit-on s'excuser de ce geste ? Doit-on vous faire l'aumône pour que vous consentiez à daigner nous vendre votre production?
Bref, ce sont toujours les mêmes choses répétées, mais franchement, il y a bien des jours où j'ai l'impression que l'édition ne va pas dans le même sens que la librairie
Commentaires Rédigé par : dupuis | 20 février 2007 à 14:02:43
le syndicat des libraires ne devrait pas tolérer les remises déguisées-les éditeurs prennent les petits libraires pour des moins que rien.
Commentaires Rédigé par : Dehelly | 30 mars 2007 à 10:18:04
Bonjour, Après une formation au Cecofop/Le Passeur à Nantes en 1999-2000 dans le cadre d'un contrat en alternance auprès d'une librairie vendéenne, j'ai intégré une grande librairie toulousaine en juin 2000 où je travaille actuellement en tant que vendeur. L'intégralité du personnel subit de plein fouet une énorme crise : ventes en chute, explosion des retours, gestion plus que démoralisante de la direction, laquelle fait inexorablement migrer les vendeurs normalement en rayon vers les postes de caisses et de déballage. Saignés à blanc par des priorités pécuniaires et de survie, la communication d'entreprise y est désormais moribonde. Cette (dé)pression est prétexte à tous les abus quant à ce qui touche aux horaires et congés, désormais totalement imposés, au mépris de l'expérience des vendeurs non reconnus ( coefficiants, postes, rayons, vie familiale... ). Si la loi semble à priori respectée (???), l'éthique n'est plus. "aimer ou quitter" semble constituer un mot d'ordre général aujourd'hui. J'aime mes collègues, j'aime mes clients, au détriment de l'entreprise où je travaille, ce qui est un comble. "Travailler plus (mal), pour être payé plus (en irrespect)".
Commentaires Rédigé par : Jérôme BOLTEAU | 10 mai 2007 à 02:32:09
Je pense que les libraires indépendants devraient s'investir dans la promotion des "petits éditeurs" de province d'une façon coopérative, car ceux-ci éditent souvent de très bons ouvrages "régionaux". Je viens d'apprendre l'existence de l'un d'eux, les Editions de la Montmarie, à Olliergues (63880, tel. : 04 73 95 50 80), incidemment car un de mes proches vient d'y publier un roman : Le démon des sources, mais je ne sais comment me le procurer par les canaux habituels, d'autant qu'il diffuse apparemment dans la seule Auvergne. Avez-vous la possibilité de faire connaître la production de ce "petit éditeur". Cordialement Jean-Marie Manus
Commentaires Rédigé par : MANUS Jean-Marie | 10 juin 2007 à 18:10:26
La librairie où je travaille n'en a que le nom.
Commentaires Rédigé par : Jérôme BOLTEAU | 16 octobre 2007 à 13:13:15