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LES GENS

Le décès de l'écrivain espagnol Miguel Delibes

Publié le 12 mars 2010 par cf, avec afp

(Photo : Miguel Delibes © DR)

Les éditions Verdier, qui ont publié en France l’essentiel de son œuvre, avaient réédité en poche, en janvier, Cinq heures avec Mario.

L'écrivain espagnol Miguel Delibes, grand nom de la littérature de l'après-guerre civile (1936-1939), dont l'œuvre a été traduite dans une trentaine de langues, est décédé vendredi à 89 ans dans sa maison de Valladolid, où il était né en 1920.

Auteur de L'hérétique ou de L'étoffe d'un héros, il avait reçu en 1993 le prix littéraire Cervantes, considéré comme le « Nobel » des lettres hispaniques. Il était membre de l'Académie de la langue espagnole et avait aussi obtenu en 1991 le Prix national des lettres espagnoles.

Son œuvre abondante reflète les changements de l'Espagne de l'après-guerre civile. Son premier roman, La sombra del ciprés es alargada, est l'histoire d'un orphelin meurtri par son éducation. L’ouvrage a obtenu en Espagne le prestigieux prix Nadal (le Goncourt espagnol). Mais c’est avec Le chemin, publié en France par Verdier, qu’il a atteint une vraie notoriété. Depuis 1990 et Les rats, Verdier a traduit la majeure partie de son œuvre (voir sur le site des éditions Verdier). La maison a réédité en poche, en janvier, Cinq heures avec Mario, paru initialement en français aux éditions La Découverte.

Une dizaine des livres de Miguel Delibes ont été adaptés au cinéma, dont Les saints innocents, film de Mario Camus qui a été récompensé en 1984 au Festival de Cannes par le prix d'interprétation masculine pour Francisco Rabal.

Toute sa vie, Miguel Delibes s'est attaché à défendre la nature, les valeurs simples du monde rural et les libertés individuelles dans l'Espagne de la deuxième moitié du XXe siècle marquée par la dictature de Francisco Franco (1939-75).

Qu'elle tristesse pour aujourd'hui. J'avais découvert Miguel Delbes à travers Le Chemin et je me souviens de l'émotion qui m'avait étreinte en refermant ce petit bijou. Il y régnait une telle atmosphère et la langue avait la justesse de l'émotion ressentie pat le jeune héros que j'en ai eu la chair de poule longtemps après avoir refermé le livre. Un grand monsieur de la littérature est mort mais ma consolation sera atténuée par toutes ces pages qu'il a ecrites.
Commentaires Posté par : Joëlle | 02 avril 2010 à 17:33:18
Miguel Delibes reste un grand écrivain, dont l'écriture est essentiellement un chant profond pour le monde rural, mais pas seulement il reste aussi un observateur attentif de la prose deu monde au-delà de sa Castille. Durant de longues années en Espagne, au moment des dérives et opprobres franquistes; il reste en Espagne, opposant de l'intérieur, directeur d'un journal qui n'hésite pas à défier le pouvoir,à refuser la compromission, El Norte de Castilla. Aujourd'hui, à l'annonce de sa mort, il n'est pas inutile de rappeler que le jury du Prix Nobel de Littérature l'a scandaleusement oublié,au profit d'un autre auteur espagnol, qui n'avait pas la même envergure, le même refus du pouvoir dictatorial, le même refus de al compromission.
Commentaires Posté par : jean gabriel.cosculluela | 14 mars 2010 à 16:05:06