Vous êtes ici : Accueil > Actualités : Politique du livre

POLITIQUE DU LIVRE

Une hausse de TVA qui fâche

Publié le 08 novembre 2011 par ca, cf

(Photo : © Olivier Dion)

Dans son édition du 11 novembre, livrée exceptionnellement ce jeudi 10 novembre, Livres Hebdo relaie les réactions des professionnels du livre sur le passage de la TVA du livre de 5,5 à 7%.

L’introduction, dans le nouveau plan de rigueur gouvernemental, d’une hausse de la TVA sur le livre (voir notre actualité du 7 novembre), a un peu éclipsé cette semaine l’imminente entrée en application de la loi sur le prix unique du livre numérique. Dans l’édition du 11 novembre de Livres Hebdo, livrée exceptionnellement dès jeudi 10 novembre, le président du SNE, Antoine Gallimard, souligne que, au moment où la loi sur le prix unique du livre numérique va entrer en application, cette mesure est en contraction avec les efforts des pouvoirs publics pour doter le secteur du livre d’un régime législatif homogène entre le livre papier et le livre numérique.

De nombreux professionnels s’insurgent par ailleurs contre ce facteur de renchérissement du livre à un moment où l’ensemble de la filière est fragilisée sous le double effet de l’essor du numérique et de la baisse du pouvoir d’achat.

Le président du Syndicat de la librairie française, Matthieu de Montchalin, a réagi auprès de
de Livres Hebdo, le 8 novembre, en appellant à une mobilisation de tous les libraires : “Ce n’est pas une bonne nouvelle pour notre secteur d’activité qui souffre déjà. Nous sommes conscients d’être dans un cadre national où des efforts vont être demandés à un nombre important de branches, la librairie n’est pas ciblée. Mais nous allons nous mobiliser et demander aux parlementaires et au gouvernement d’examiner le cas spécifique du livre. Si la hausse de TVA ne pouvait être évitée, le SLF appellera à des discussions rapides avec le SNE et le ministère de la Culture sur les modalités d’application. Il est de la responsabilité des éditeurs d’augmenter le prix de vente public TTC à due concurrence de l’augmentation de la TVA afin que la répercussion sur la librairie soit la plus faible possible. Si les éditeurs avaient l’idée folle de baisser le prix hors taxes, ils feraient supporter cette hausse par la librairie.

Le Syndicat national de l’édition pointe de son côté dans un communiqué la faible portée de cette mesure sur la dette nationale : “L’effort de solidarité nationale demandé à la chaîne du livre, estimé à une soixantaine de millions d’euros, semble sans commune mesure avec la situation actuelle du marché du livre et avec l’enjeu de la diversité et de la démocratisation culturelle qui a présidé, depuis plus de 30 ans, à l’application d’un taux réduit à ce support essentiel de l’éducation et de la vie culturelle et politique.

Premier à réagir, Vincent Monadé, directeur du Motif, observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France, explique sur son blog que la mesure risque de tuer la librairie indépendante : “Le gouvernement qui a mis en place le label LIR et qui promeut la loi PULN pour sauver, soi-disant, les libraires, vient de mettre dans le barillet la balle destinée à les tuer : en augmentant la TVA sur le livre, en la portant à 7 %, il met encore plus en danger la librairie indépendante.

Pour Alexandre Bompard, P-DG de la Fnac, interviewé sur RTL, la hausse de la TVA “est un élément de menace qui vient s’ajouter à d’autres éléments de menace liés notamment à l’hégémonie d’un certain nombre d’acteurs nord-américains. […] Je plaide pour que nous ayons une équité concurrentielle avec les acteurs nord-américains qui sont situés au Luxembourg, qu’on ait les mêmes taux de TVA, qu’on ait les mêmes taux de TVA sur le livre numérique.

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill), dans un communiqué le 7 novembre, enfonce le clou : “La décision […] nie le récent constat de la nécessité de mesures fortes à destination des libraires par les pouvoirs publics et empêcherait les dispositions prises par des éditeurs soucieux de sauver le réseau des libraires, garant de leur propre avenir et de celui de la création.

Imprimeur de livre, je connais donc bien le milieu de l'édition, assez pour savoir que pour esperer y faire une petite fortune on a interet a déjà en avoir une grosse! ce n'est pas un métier ou l'on s'enrichit financièrement! Selon les négos, c'est entre 51 et 55% du livre qui va à la diffusion/ditribution (marge du libraire comprise)! C'est pour cette raison que tous les poids lourds de l'edition sont diffeurs... Quand au cout de fabrication,il est certes peu elevé pour un Marc Levy tiré à des milliers d'ex mais la majorité des tirages tendent à la baisse et à l'exemplaire,il represente une part de plus en plus importante... à moins d'aller imprimer en Chine ou en Europe de l'Est.. donc 1,5% de TVA en + ce n'est pas rien, ni pour l'editeur, ni pour tous ceux qui participent à l'aventure d'un livre...
Commentaires Posté par : imprim | 15 novembre 2011 à 18:32:58
Ne pas oublier que la loi Lang fixe un prix unique du livre pour une durée de deux ans. Donc, à compter du 1° janvier, comme le prix est bloqué en TTC, les livres déjà parus verront leur prix HT diminuer. Ce sont les nouvelles parutions qui pourront répercuter la hausse de 1,5% de TVA sur le prix TTC... A moins que l'on ne modifie en urgence la loi Lang : après avoir sauvé la filière, elle risque de la couler !
Commentaires Posté par : François Baudez | 10 novembre 2011 à 14:43:26
Signez la pétition (http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=TVAlivre) et poursuivez la lutte contre la hausse de la TVA sur le livre au 9e Salon des éditeurs indépendants "l'autre LIVRE" du 18 au 20 novembre à PARIS - Entrée gratuite et hors taxes ! (http://www.facebook.com/event.php?eid=232390246819336)
Commentaires Posté par : Association des éditeurs indépendants | 10 novembre 2011 à 11:08:07
La hausse de la TVA pour le livre est faible : + 1.5 %. Cela équivaut de faire passer le prix d'un livre de poche de 5 Euros à 5.07 Euros, pour un roman de 20 Euros à 20.28 Euros. Rien de dissuasif pour le client. Si l'éditeur ne modifie pas son prix de vente public HT, le libraire devra ré-étiqueter tous son stock. Il y a quelques chances pour que renonçant à cette charge supplémentaire de travail pour appliquer un prix "peu commercial", le libraire renonce à pratiquer cette augmentation. Il en résultera une baisse de sa marge de 1% qui, conjuguée avec la baisse généralisée du pouvoir d'achat attendue ne risquera pas d'améliorer la situation de la librairie.
Commentaires Posté par : Alain Bacharach | 09 novembre 2011 à 14:12:06
Une pétition contre l'augmentation de la tva du livre à signer ici : http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N16249 FAITES SUIVRE !! un libraire en colère
Commentaires Posté par : Bruno Deleuze | 09 novembre 2011 à 13:06:16
@Brun Ce que tu dis est caricatural ! Sur un livre, 15% du prix va à la diffusion/distribution, entre 35 et 40% au libraire, environ 10% à l'auteur. Reste ce que touche l'éditeur, environ 35%. Sur ces 35%, il faut payer tous les frais fixes de l'entreprise ainsi que l'impression (1 euro le livre grand format de 300 pages : il faut que tu me donnes l'adresse de ton imprimeur !). D'autant plus qu'il faut prendre en compte qu'on ne vend jamais tous les livres imprimés. Donc assez de fantasmes sur les éditeurs aux marges financières tout aussi fragiles que les autres acteurs de la chaîne éditoriale (à part les distributeurs, peut-être).
Commentaires Posté par : pascal J | 09 novembre 2011 à 13:02:03
Responsable éditorial d'une petite structure d'édition, je souhaite nuancer le commentaire de Brun. Le coût d'une diffusion/distribution nationale, de plus en plus onéreuse et de moins en moins fiable commercialement (faibles effectifs des équipes commerciales, catalogues trop volumineux, coûts de stockages, des retours, offices sauvages et incontrôlables...) ampute lourdement nos marges, déjà faibles. Nous n'avons pas la force de frappe des grands groupes éditoriaux, nous n'avons pas des chiffres de ventes déments et si nous atteignons 1 à 1,5 % de rentabilité nous aurons fait une bonne année... Fausse piste donc que de vouloir prétendre que toutes les structures d'édition ont les épaules pour absorber une hausse de la TVA sans toucher au prix de vente. J'ajoute que nous devons nous battre pour aligner nos prix sur ces mêmes grosses structures qui composent 50 % du marché, et qu'il me semble utopique d'imaginer que les grands groupes éditoriaux, dans le contexte économique actuel, puissent augmenter leurs prix de vente, quand la tendance est inverse depuis des années.
Commentaires Posté par : Jean-Luc | 09 novembre 2011 à 12:14:43
Et quid des auteurs qui sont rémunérés sur la base du prix HT du livre ? Impensable que les éditeurs, dans le contexte actuel répercutent cette hausse de la TVA sur le prix public de l'ensemble de leur catalogue. Toute les chaîne est affectée.
Commentaires Posté par : Dominique Gibert | 09 novembre 2011 à 11:13:15
@Brun : Le coût d'un livre peut être important s'il s'agit d'un livre traduit, si l'éditeur recherche aussi un certain niveau de qualité pour la traduction mais également pour l'objet lui-même. Je suis d'accord avec vous à propos des "gros éditeurs" qui possèdent leur propre service de distribution. Cette hausse de la TVA va encore pénaliser les petites structures et renforcer ce phénomène d'oligarchie dans l'édition. Les éditeurs prendront encore moins de risques sur leurs sorties au grand désarroi des lecteurs qui recherchent un peu d'originalité.
Commentaires Posté par : Elinounette | 09 novembre 2011 à 10:36:04
Bibliothécaire et acheteur de livres dans les bonnes librairies, je soutiens évidemment les libraires dans leurs revendications. Je rappelle toutefois que les ventes se porteraient certainement mieux si la plupart des éditeurs (surtout les gros) limitaient les marges (financières, pas celles du livre!) : un livre broché coûte entre 1€ et 2€ à imprimer (un poche entre 50c. et 1€) et est revendu en moyenne 17€ (mais souvent au-delà de 20€, le prix de deux places de cinéma). Certes il faut compter la rémunération de l'auteur (environ 1€) et celle de tous ceux qui ont, chez l'éditeur, conçu la maquette du livre (+ éventuellement le traducteur), mais il reste une bonne marge qui se retrouve chez l'éditeur et le distributeur (souvent propriété de gros éditeurs d'ailleurs). Donc une hausse de TVA de 1,5 %, même scandaleuse (comme toute augmentation de cet impôt indirect inéquitable d'ailleurs), n'est pas ce qui changera les habitudes de lecteurs/clients qui appartiennent de toute façon déjà aujourd'hui à une catégorie sociale favorisée.
Commentaires Posté par : Brun | 08 novembre 2011 à 20:40:51