
Je vais éviter de commencer, comme à chaque fois finalement, par dire que je suis désolé de ne pas être plus actif du blog. Et bien sûr en disant que je vais éviter, je ne l’évite pas. Ma vie est ainsi. Je fais ce que je ne fais pas. Bon là, c’est une tentative pour vous embrouiller, et qui vous fera peut-être penser : « finalement, ce n’est peut-être pas plus mal qu’il n’écrit pas plus souvent par ici. » Mon absence ne m’a certainement pas empêché de penser à vous (petite tentative de fourberie). C’est vrai ça : à chaque fois que je vivais quelque chose d’un tant soit peu palpitant ( c’est-à-dire deux fois et demi en onze semaines (je vous laisse faire le calcul de l’apparition de la palpitation dans ma vie), je me disais : « tiens, ça aurait mérité un petit blog ça. » Et puis le temps d’arriver chez moi, d’allumer mon ordinateur, de lire tous les messages enflammés que je reçois sur Facebook, et hop, vous passiez dans l’antichambre de mes mots. J’ai tant manqué d’attention à votre égard, et je comprendrais parfaitement que vous ne vouliez plus de moi, que vous ne lisiez plus ces lignes pour vous précipiter dans celles de François Taillandier, écrivain hautement plus régulier, écrivain à la palpitation fidèle.
Que voulais-je dire ? Ah oui ces derniers temps, j’ai surtout été focalisé par l’entreprise de peaufinage de mon dernier roman. Au fond, c’est ce qui prend le plus de temps. L’édifice n’est rien sans le positionnement des virgules. Et puis, la dernière étape c’est toujours ainsi : on met tout en doute. Cette phrase, ce passage, ce dialogue : plus rien n’est voué à la certitude. En relisant mon roman, je pensais en permanence à tous les romans que ce roman aurait pu être. Aux autres chemins qu’il aurait pu parcourir, du drame à la bouffonnerie. Il y a dans l’écriture de roman comme une fidélité brutale : le début d’un mariage. On choisit une vie, on est monogame de la virgule, et puis, plus on avance, plus on pense à tous les points-virgules avec qui on pourrait être. Avec qui : on pourrait vivre une parenthèse. On attend la parution, comme un soulagement, comme une façon de se dire : « ça y est, maintenant, tu es dans ton cercueil : on ne peut plus te modifier » Ce roman s’appelle La délicatesse et sortira fin août chez Gallimard, pour la rentrée littéraire. A ce moment-là, mon fils, lui, passera en CE1.

David Foenkinos, David Foenkinos est l'auteur, entre autres, du "Potentiel érotique de ma femme" (Folio) et "Nos séparations" (Gallimard). Son nouveau roman "La délicatesse" (Gallimard) vient de paraître.


En tout cas c'est toujours un réel plaisir de voir de nouvelles lignes ici et vivement le mois d'août ! Votre nouveau roman pour mon anniversaire : PARFAIT !
Amitiés
Charline
"je comprendrais parfaitement que vous ne voudriez..."
C'est vrai que la littérature se passe désormais très bien de la concordance des temps.
ça donne vraiment en vie de vous lire, en effet...
j'en atteste!
Alors on peut poster sans forcément être abonné(e) à Livres Hebdo?
Je fais une première tentative,
un 22 avril,
"ne te découvre pas d'un fil"
"Anagrammement vôtre",
et surtout bien amicalement,
une lectrice,
l'Autrichienne (anagramme de 13 lettres.)
Mea culpa à l'auteur de me "réveiller" si tard, je pensais qu'il fallait nécessairement être abonné(e) à Livres Hebdo pour pouvoir contribuer à ce délicieux blog!
Des lustres plus tard... heureusement que j'ai fait un premier essai!
avec un premier post un peu naïf, je l'avoue...
à bientôt,
une lectrice régulière (comme "les temps", le Verbe?)
lectrice surnommée:
"L'Autrichienne" (l'anagramme de 13 lettres.)
Ah, j'oubliais: "l'Autrichienne" (13 lettres) n'est pas l'anagramme "exact",
celui en 15 lettres n'existant pas,
"l'Autrichienne" est ce qu'il y a de plus approchant... me reconnaîtrez-vous?
Merci à la rédaction de poster mes illustres commentaires!
Merci.
Mais je lis votre billet alors que je suis au même stade (état) que vous, pile. Vous dites exactement ce que c'est, joliment, avec délicatesse donc…
Mon premier achat de cette "fameuse rentrée-là" sera votre livre.
Merci…
Je suis déçue que votre vie ne soit pas plus palpitante. Mon fils aîné ne rentre qu'au cp, je suis blonde et je fournis moins d'hormones que vous, et j'ai pourtant deux fois plus de palpitations que vous durant les mois d'été... J'ai relu votre "délicatesse, c'est décidemment très joli.
Amitiés
ps: si vous ne répondez pas, j'écris à nouveau avec une énorme faute de concordance des temps
La façon dont Erik Orsenna parle de votre écriture lui donne illico envie de vous lire.
La voici sur votre blog.
"Je fais ce que je ne fais pas" , ça ressemble à de la procrastination. Alors pourquoi s'excuser ?
Sur qu'il est inélégant de laisser l'adresse de son blog lorsqu'on en commente un autre mais faut quand même que vous sachiez qu'y a des professionnels du "faire ce qu'on ne fait pas" ici :
http://procrastinez.blogspot.com
(et voici que je n'évite pas non plus ce que je devrais éviter).
Bref, à partir d'aujourd'hui, vous lire s'ajoute à la liste des choses qui m'aideront à repousser ce que je devrais faire. Chouette !
C'est encore la femme-enceinte-n'ayant-plus-rien-à-faire-qu'attendre (faut croire que ça ne me réussit pas). Je viens de terminer La délicatesse et j'ai envie de crier sur quelqu'un alors autant que ce soit sur l'auteur.
Voilà, je trouve votre écriture vraiment délicieuse (au point que je m'en suis régalée) mais MINCE, c'est pas possible : quelqu'un qui admire Albert Cohen ou JP Toussaint ne PEUT PAS TERMINER son roman de la sorte ! Non et non. Que diable, pensez aux adolescentes qui vont vous lire, ne faites pas comme A. Jardin ou A. Gavalda, ne les laissez pas croire que tout se fige après LA rencontre. Toute la complexité de l'amour qui est pourtant perceptible au début, s'évanouirait en un coup de poing ? Allez, allez, votre écriture vaut mieux que ça.
Je suis désolée d'être brutale, probablement un nouveau coup de mes hormones (et puis c'est pas si souvent que je lis un auteur pas mort. Un blog, c'est plus pratique qu'une table à spiritisme)
Allez, je vais lire En cas de bonheur parce que je n'aime pas partir fâchée et je vous rappelle.
C'est formidable je me suis régalée.Quel humour et quelle délicatesse ce livre porte bien son nom.
MERCI
Je viens de voir et surtout entendre votre intervention sur M6. Votre manière de parler de votre roman et votre passion pour les "Nathalie" me touche et c'est avec grand intérêt que je vais courir me procurer votre roman afin de me délecter de vos mots. La délicatesse semble être un terme qui vous correspond, et c'est une Nathalie reconnaissante et flattée qui va faire partie de vos nouveaux fans !! Affectueusement. Nathalie
je ne vous connaissais pas je vous découvre avec "la délicatesse" et je vous remercie d'écrire ainsi.
je ne me souvenais plus d'avoir souri et d'avoir autant apprécié les personnages d'un livre...( merci d'avoir crée un markus il y en a si peu!!)
j'éspère un jour vous attrapez au vol pour une dédicace je vous ai raté à perpignan!!
bien je retourne à vos écrits merci!!! anne isabelle
Ton livre délicat m'a bien plu, bien plus d'ailleurs que ton potentiel faiblement érotique que j'ai déjà oublié.
Si je pouvais réaliser, j'adapterai bien ce livre après d'autres (La Faim en Noir et Blanc d'abord), mais j'ai cru comprendre que tu l'avais déjà envisagé !
Peace