
Les saisons passent, et les rentrées littéraires aussi. Elles cèdent à la nouveauté. Janvier, une autre rentrée. Déferlement de pages. Discrètement, je m’y place encore. Je publie une petite nouvelle aux Editions du Moteur. Une nouvelle maison d’édition qui publie des nouvelles destinées à être adaptées au cinéma. Air du temps. On retrouvera, entre autres, des textes de Serge Joncour ou Yasmina Khadra. J’inaugure la collection avec Bernard, l’histoire d’un homme de 50 ans (qui s’appelle Bernard (d’où le titre (oh oh, comme je suis malin)))… et qui va retourner vivre chez ses parents. Le prénom des personnages est toujours primordial. Après, le livre découle toujours tout seul. Pour Bernard, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour savoir que ça va mal se passer pour lui. Quant à La délicatesse c’est un roman très Nathalie. Un prénom qui me plonge dans les années 70, une forme de douceur surannée, une mélancolie de bonne humeur.
Premier livre lu de la rentrée, celui de Nicolas Rey. À son image désinvolte, c’est un livre qui peut paraître foutraque, un enchaînement de petits textes, et qui pourtant, au bout du compte, forme un tout d’une immense cohérence. Un tout d’une densité émouvante rare. Certaines pages sont fabuleuses de beauté, de tendresse, de douleur. C’est une déclaration d’amour à la mère de son enfant, Marion, même si « elle le méprise depuis tant de siècles », à la vie, aux tentatives de s’accrocher aux brèches de la beauté, aussi infimes soient-elles, quand il ne reste plus rien. C’est un livre à l’humour désespéré (hi hi), avec cette superbe phrase qui donne le titre : Je m’appelle Nicolas Rey, et j’ai eu léger passage à vide de 11 à 35 ans. C’est un livre utile : on y apprend qu’il faut toujours regarder la couleur du canapé quand on entre dans une pièce. C’est un livre que j’ai envie de relire, auquel je pense encore alors qu’il neige et que je ne vois plus rien.

David Foenkinos, David Foenkinos est l'auteur, entre autres, du "Potentiel érotique de ma femme" (Folio) et "Nos séparations" (Gallimard). Son nouveau roman "La délicatesse" (Gallimard) vient de paraître.


Le dernier bébé de janvier: 45 pages, 120g pas plus mais un pur bonheur! Un petit concentré qui fait du bien en début d'année!
Faites nous plein de petits bébé comme ça Mr Foenkinos (1 tout les mois se serait parfait!)en plus du blog biensur...)Pas grave pour ELLE, yen aura d'autres.
Plus la peine de vous flageller alors!
Par ailleurs, quand comprendrez-vous que le "blog" est le support sur lequel vous "écrivez" et non le message que vous publiez ???
Je confirme, vous êtes un auteur qu'on déplace facilement : vous savez passer de D à Z avec la plus grande discrétion ! :-)
Bravo pour "Bernard", excellent comme tous tes autres personnages. Un beau moment de lecture.
A bientôt !
j'ai lu sur un blog l'autre jour une phrase qui m'a fait penser à vous : "de toute façon, les prix littéraires ne font plaisir qu'à ceux qui les décernent". j'ai l'impression que vous êtes un contre-exemple : vous aviez vraiment envie d'en avoir un ! De mon côté, je pense que La Délicatesse est un roman formidable et que l'année prochaine, ou l'année d'après, grâce à tous ces livres formidables que vous écrivez et qui passent juste à côté des prix littéraires, vous en écrirez un, le meilleur, qui raflera tous les prix. En attendant, je continue à vous lire ;-) et puis, la deuxième place un peu partout, c'est déjà pas si mal, non ?
Vous êtes le plus brillant de nos auteurs et chacun de vos livres est un pur moment de bonheur.
Je vais me précipiter sur ce Bernard dont j'ignorais l'existence, et qui m'intéressera à double titre dans la mesure où je connais personnellement un Bernard, pour lequel je redoute également, curieuse coïncidence, un avenir funeste.
Je tenais d'ailleurs à vous signaler que je partage la majorité de vos analyses prénominales. Cela vaudrait une étude statistique tant ce déterminisme patronymique, s'il était avéré, pourrait peser sur les décisions des futurs parents...
Encore bravo, et au plaisir de vous lire à nouveau sur ce blog !
Ne devenez pas sérieux et triste pour leur faire plaisir.
J'ai dégusté la Délicatesse, et je vais me précipiter sur Bernard.
Merci