
Dès son plus jeune âge, il a publié des romans devenus cultes. Sagan possédait du succès pour deux. Et cela lui suffisait. « Si j’avais trop écrit, j’aurais fini par avoir du succès » a t-il redouté. Il a préféré demeurer dans une aura douillette, la posture de celui qu’on respecte par le vide. Je me suis demandé : à trop écrire, n’aurait-il pas gâté la gloire récoltée par sa paresse ? Le costume du génie semblait se proposer à lui bien plus vite par l’absence. Il y a incontestablement un mythe du vide, une fascination pour ceux qui ne font pas tellement ils savent qu’ils peuvent. Il y a dans l’intelligence supérieure une lassitude de ce qu’on maîtrise. Le roman atteint, si vite atteint, si excellemment atteint, ne lui offrait plus le moindre intérêt. C’est assez similaire chez Michel Butor. C’est son aisance des mots qui l’a poussé à la paresse ; inversement, les laborieux encombrent.
Ainsi, il a distillé avec délicatesse ; par chroniques ; par aphorismes. Aucune amplitude, jamais. Ces aphorismes et pensées, Stéphanie Leclair a eu la bonne idée de les recueillir il y a quelques années, dans un livre paru au Cherche Midi. Et Flammarion publie une nouvelle édition de Solde, préfacée par son ami Jean-Paul Kauffmann, où l’on peut lire peut-être la clé : « J’avais voulu être un écrivain, j’allais l’être. J’avais voulu étonner, j’étonnais. J’avais voulu être aimé par de belles personnes, les belles personnes seraient au rendez-vous. J’avais dû avoir des désirs trop pauvres, des désirs trop réalisables, des folies trop terre à terre. Qu’ai-je fait depuis vingt-cinq ans sinon traîner une réussite initiale en maugréant contre elle parce qu’elle m’est devenue lourde comme un boulet ? »

David Foenkinos, David Foenkinos est l'auteur, entre autres, du "Potentiel érotique de ma femme" (Folio) et de "Nos séparations" (Gallimard). "Nos souvenirs" vient de paraître. Il vient de réaliser l'adaptation cinématographique de "La délicatesse", son roman le plus vendu à ce jour.


C'est drôle. Ma mère me parle parfois de cette première orange tendue par un GI black à la petite Gretchen, en Rhénanie bombardée.
Ce soir j'ai mordu dans l'orange, comme l'héroïne de Bonjour Tristesse, un matin d'été, en regardant la mer, et j'ai adoré l'acidulé de vos mots, le sucre des émotions, j'ai souri, j'ai eu envie de noter des phrases entières, comme une étudiante en veille d'examen.
Merci pour ces "Séparations." Vite, la suite, j'espère que la bibilothèque de my little town vous a en stock.
Quant à moi, je m'expose dans le portfolio de mon site
www.sabineaussenac.com, ou au gré du net.
La Jeanie Longo de la vie-en référence à votre Poulidor.
Alors sil vous plait la prochaine fois, par pitié pour les instants de grâce que vous touchez avec votre plume, par pitié co-réalisez cinématographiqiement vos oeuvres avec un professionnel de la réalisation. Pas votre frère. Il est un bon directeur artistique, certes, bonne couleurs, bon décors, bon cadrages. Mais totalement à côté de la plaque pour retranscrire les émotions les plus intenses du livres. Les moments qui ont arraché des larmes à tant de gens par écrit, sont retranscrites à l'image tellement maladroitement. Surtout qu'il avait de l'or entre les mains, Audrey, qui sait faire n'importe quoi. Acteurs tous insensés de génie, de Markus en passant par la grand mère. Mais la grand mère, elle en fait trop à l'écran, alors qu'elle est tellement émouvante dans le livre. Le passage du réchauffement de la soupe est tellement loin de ce que vous avez écrit David. Aucun plan sur la douceur de cette dame qui dort près du feu. Mais le pire de tout: C'est quand Audrey regarde son livre qu'elle n'a pas fini sur le canapé !! On ne comprend rien à ce qui se passe dans sa tête. Un gros plan des mains qui séparent le lu du non lu aurait suffit. Vous écrivez les gens en plan rapproché, vous chuchotez par écrits certains mots et regards, le texte du film est souvent dit deux tons trop hauts, et les plans rapprochés manquent.
Cessez donc de vous sentir coupable d'être meilleur que votre frère..