
La coupe du monde commence, et je sais très bien comment ça va se terminer : on va perdre en demi-finale contre l’Allemagne. Que voulez-vous ? Je crois que je suis enfermé à tout jamais dans les années 80. Je suis encore dans les dernières minutes du France-RFA de 1982, et je ne comprends toujours pas. J’avais huit ans ou presque, et Battiston était peut-être mort ou presque. Il avait été agressé par le goal allemand qui, plus tard, avouera s’être dopé ce jour-là. Comment oublier le sourire sur son visage alors qu’il avait peut-être tué un homme ?
Ce n’était pas un mauvais geste, mais un attentat. Et pourtant, la sortie ultra-violente de Schumacher fait partie d’Eloge du mauvais geste d’Ollivier Pourriol. Un livre court qui relate les six mauvais gestes mythiques de l’histoire du football, des mains de Maradona ou Henry au coup de boule incompréhensible de Zidane en finale de la coupe du monde de 2006. Pourriol est connu pour ses cinéphilo, des conférences où la lecture de Socrate peut nous aider à comprendre Matrix. Là, il donne presque dans le « philo-foot », nous expliquant la part du mythe de Sisyphe dans les dernières minutes de la carrière de Zidane. Ce livre est passionnant. Pourriol donne envie d’aimer le foot certes, mais il nous fait comprendre aussi des choses inédites. Il décrypte Zidane et « son chef d’œuvre à l’envers », sa « perte de contrôle ultra contrôlée » et conclut que le footballeur « a réussi son échec d’une manière si éclatante qu’il l’a renversé en succès ». J’ai pensé à cette phrase. Au tout début, on a crié à la folie, au scandale. Et maintenant, avec les années, que pense t-on ? Il reste de ce geste une folie fascinante, car c’est ainsi que le plus grand joueur de tous les temps finit sa carrière. À dix minutes d’une possible seconde coupe du monde. Ce saccage est l’accomplissement ultime d’une carrière exceptionnelle. De cette finale, il ne reste aucun goût de la victoire des Italiens. Zidane leur a volé la postérité.
Oui, il faut lire le livre de Pourriol pour réfléchir à tout ça. Le pauvre Henry a beau avoir marqué les plus beaux buts de la décennie, ne demeurera sûrement dans l’esprit des gens que cette main qui a tant fait débat. Que reste t-il de Cantona ? L’image de son agression d’un spectateur. Que reste t-il de Maradona ? Sa main en quart de finale de la coupe du monde de 1986. Cette main qu’il qualifiera de « main de Dieu ». Lionel Messi, le meneur argentin actuel, et Ballon d’or, joue avec des Adidas mano de Dios ! On ne parle ici que de très grands joueurs. De génies. La transgression est l’apanage du génie. Etre un grand joueur ne nécessite que du talent. Alors voilà, ils sont là, avec leurs mauvais gestes, ils sont là au-dessus du temps. Et si la postérité c’était ça ? Ne devrais-je pas donner un coup de boule à un des membres de l’Académie Goncourt ?

David Foenkinos, David Foenkinos est l'auteur, entre autres, du "Potentiel érotique de ma femme" (Folio) et de "Nos séparations" (Gallimard). "Nos souvenirs" vient de paraître. Il vient de réaliser l'adaptation cinématographique de "La délicatesse", son roman le plus vendu à ce jour.


je suouhaite traduire vos livres en néerlandais
est-ce possible ?
bien à vous
mike sens
Je vous ai lu dans le train ce dimanche 27 mars 2011, pendant un retour névrotique dû à mon week end pourri avec ce que je pensais être l'homme d'une vie, le vrai, celui dont on attend qu'il vous prenne dans les bras en vous regardant de ses yeux les plus bleus de France.
J'ai remarqué un livre sur son chevet : LA DELICATESSE. Comme j'aime bien comprendre, je l'ai acheté à la gare. De toute façon, la belle histoire était terminée depuis qu'il m'avait offert son dos toute la nuit sans même chercher ma main. Alors il valait mieux comprendre, c'est toujours intéressant de comprendre, ça vous réconcilie avec vous même, vous avez l'impression d'être aimable, c'est à dire digne d'être aimée.
Dès les premières lignes, j'ai découvert que les filles qui buvaient du thé étaient éliminées d'office, les buveuses de café ensuite et que les « François » étaient attirés uniquement par les filles à jus de fruits, de préférence le jus d'abricots.
Mesurant maintenant l'influence considérable que vous avez sur vos lecteurs (hommes), je vous remercie (à l'avance) d'écrire la prochaine fois que les filles qui boivent du thé (fumé) sont vraiment dignes d'intérêt et qu'il faut immédiatement les prendre dans les bras et les regarder du regard le plus bleu qui soit.
Cher Monsieur David Foenkinos qui a écrit "LA DELICATESSE",
Je suis prête à relire vos livres avant publication, cela me permettra de gagner quelques longueurs. Et surtout, rappelez bien à vos lecteurs (hommes) que tout ceci est pure fiction et que boire du lait (par exemple), c'est très bien aussi.
Tu as eu la gentillesse de me dédicacer ton livre hier soir. J'ai plein de défauts et notamment celui d'oublier les livres que je lis, mais je me souvenais que j'avais aimé la Délicatesse. Je tombe sur les livres au hasard de mes déambulations dans les librairies, et ils ont bien souvent du sens par rapport à ma vie, en cours. Je te passe la façon dont il m'a été donné et les excuses qui allaient avec et qui m'ont fait sourire, et c'est dans ma voiture, quand j'ai posé le livre près de moi, que tout le sujet m'est revenu.
Et c'est juste incroyable, ces hasards successif, qui ont amené à ce que tu as dédicaces précisément ce livre, pour moi, rendu par cette personne....
Merci.
Merci.
Merci, et je te souhaite une belle route pour la suite.
Laetitia
Je dois dire que j'étais assez surprise, enfin... vous n'avez pas mis ce blog à jour depuis longtemps...On vous aurait presque oublié !
Tout ça pour dire que vous manquez à ce blog monsieur David!
http://bernard-gensane.over-blog.com/article-note-de-lecture-81-80551865.html
je suis tombee par hasard sur france inter cet apres midi et jai beaucoupapprecié votre emission. je pense que je vais acheter votre livre en attendant de decouvrir votre film
PS non non vous n'etes pas un vieux!!
Merci d'être "juste".
Je vous ai écouté aux Ecrivains du sud en 2009, un entretien avec Paule Constant sur la Délicatesse. Découvert. Lu. Relu. Recommandé, offert, donné, prêté. Attendu. Encore lu grâce aux livres de poche, puis Bernard, Lennon. Encore attendu. Vos Souvenirs deviennent mes souvenirs de lecture, mes conseils de lecture, mes futurs cadeaux de lecture.
Je m'appelle Vanessa Burguet, je suis la fille de Frantz André Burguet, écrivain décédé le 10 juin dernier. Je suis née à Paris en 1974, je vis dans le 13ème, comme vous. J'écris. Je viens de lire votre roman "Les souvenirs" à l'occasion de la sélection du goncourt des lycéens auquel participe ma fille de 15 ans. Ce livre m'a bouleversé, m'a fait revivre -ou plutôt a sublimé pour mieux les assumer- les émotions et les souffrances de ces derniers mois. Votre plume me renvoie la beauté de la vie, même dans le tragique du mouvement perpétuel. Merci pour l'espoir qui habite l'humour sensible de votre plume. Vanessa
Le problème du coup de boule, c'est que vous pourriez également vous abîmer la tête en passant... J'opterai donc pour ma part pour un coup de "pavé littéraire" (minimum 700 pages) : on reste dans le domaine du livre (ce qui est classe !) et vous pouvez invoquer comme alibi le parti pris d'avoir voulu créer une mise en "abyme" entre l'écrivain récompensé et son texte. Un geste somme toute artistique et solidaire...