
L’affaire de la recapitalisation du Monde est à un moment décisif. Quatre repreneurs potentiels se sont déclarés. Un milliardaire russe, Gleb Fetissov, propriétaire du groupe bancaire Ma banque, le groupe Revenu Multimédia de Roger Monteux, et surtout les offres respectives Perdriel-Orange-PRISA et Bergé-Pigasse-Niel (patron de Free).
On ne s’attardera pas sur les côtés politiques de l’affaire. En revanche plusieurs remarques sont à faire.
A l’heure où on nous explique que l’iPad vendra des livres et sauvera la presse, mon scepticisme est entier.

Françoise Benhamou, Françoise Benhamou est économiste, professeur à l'université Paris 13 et chercheur au CEPN. Elle enseigne aussi dans diverses universités européennes, à l'Institut national de l'audiovisuel et à l'Institut national du patrimoine. Elle est présidente de l'ACEI (Association for cultural economics international), membre du conseil d'administration du musée du Louvre, du conseil d'orientation de la Fondation Jean-Jaurès, du conseil d'orientation du Centre national de la variété, du comité consultatif des programmes de la chaîne franco-allemande Arte, et auteur d'une chronique hebdomadaire sur France Culture. Elle a publié de nombreux articles, rapports, ouvrages, notamment : «L'économie de la culture» (La Découverte, 7e édition 2011), «L'économie du star system» (Odile Jacob, 2002), «Les dérèglements de l'exception culturelle. Perspectives européennes» (Le Seuil, 2006), «Droit d'auteur et copyright» (avec J. Farchy, La Découverte, 2e édition 2009), «Modèles économiques d'un marché naissant : le livre numérique» (Culture prospective, 1, 2010, avec O. Guillon).
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ce que vous expliquez dans cette article montre surtout que la bourse nous fait marcher sur la tête... c'est un monde virtuel où plus rien n'a sa vraie valeur? J'ai relu une douzaine de fois le 1er paragraphe avant de comprendre comment une entreprise peut avoir une "valeur négative" : ce que réellement elle possède en biens matériel et foncier, la valeur du travail produit, qui fait que concrètement elle vend un produit et en perçoit des recettes, cela ne vaut rien??? ne compte plus que ce que des boursicoteurs créent comme argent fictif en faisant des plus-value de casino ??? J'en viendrai presque à regretter le capitalisme naissant du 19e siècle, à rêver de pays qui décident de fermer ce casino géant qui ne vit que de vent et rend des gens riches sur du vide, ou plutôt sur la destruction de ce qui est concret : le produit du travail des ouvriers/employés/artisans...
Ce que je sais c'est que j'ai arrêté mon abonnement au Monde cette année. Ce journal a déjà dérivé vers l'infotainment. Et me voilà à lire les Echos pour comprendre quelque chose à la réforme des retraites... ou aux opérations de recapitalisation dans le monde de la presse et de l'édition !