

Françoise Benhamou, Françoise Benhamou est économiste, professeur à l'université Paris 13 et chercheur au CEPN. Elle enseigne aussi dans diverses universités européennes, à l'Institut national de l'audiovisuel et à l'Institut national du patrimoine. Elle est présidente de l'ACEI (Association for cultural economics international), membre du conseil d'administration du musée du Louvre, du conseil d'orientation de la Fondation Jean-Jaurès, du conseil d'orientation du Centre national de la variété, du comité consultatif des programmes de la chaîne franco-allemande Arte, et auteur d'une chronique hebdomadaire sur France Culture. Elle a publié de nombreux articles, rapports, ouvrages, notamment : «L'économie de la culture» (La Découverte, 7e édition 2011), «L'économie du star system» (Odile Jacob, 2002), «Les dérèglements de l'exception culturelle. Perspectives européennes» (Le Seuil, 2006), «Droit d'auteur et copyright» (avec J. Farchy, La Découverte, 2e édition 2009), «Modèles économiques d'un marché naissant : le livre numérique» (Culture prospective, 1, 2010, avec O. Guillon).
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Mais bon, en effet, c'est complètement illogique. Les Musées appartiennent au peuple : qu'on les rendent gratuits. Les expos serviront à ramener davantage d'argent. Il est temps de changer les modèles économiques dans tous les secteurs de la culture...
- Sur l'idée expositions chères vs. collections permanentes gratuites, les premières étant d'autant plus chères que l'on s'est donné bonne conscience avec la gratuité des secondes, je ne crois pas que cela soit de nature à œuvrer dans le sens de la démocratisation, théoriquement recherchée.
- Sur la dichotomie relevée par FB (les mêmes initiales que les miennes, on va s'y perdre) : oui, Internet la secoue, si je puis dire ; il y a le faux gratuit, via des subventions croisées, via la publicité, le « vrai » gratuit qui ressemble au service public, le comportement du resquilleur (ou celui du passager clandestin) qui profite du paiement par d'autres. Dans le fond, sur ce seul terrain, tous ces modèles ont préexisté à Internet, mais la massification, l'immédiateté, l'abolition des distances changent tout, bien sûr. Ce que je trouve fascinant, c'est la capacité d'innover, de créer des modèles à côté des modèles.
- Qu'il y ait enfin toujours un payeur en dernier ressort. Oui. Encore faut-il choisir ou savoir lequel.
De plus, la loi sur le "droit de prêt", votée en 1992, appliquée depuis 2003, dit qu'il est financé en partie par l'Etat, sous forme forfaitaire, et en partie à l'achat, selon un pourcentage établi.
A noter : le droit de prêt s'applique de la même façon pour le multimedia, à l'exception des documents sonores.
Qui sont les schizophrènes ? Certainement pas les usagers. Oui, il y a un double discours. D'un côté on développe la gratuité qui s'immisce toujours plus avant dans nos existences (bientôt des ordinateurs gratuits - en échange d'un abonnement internet). De l'autre, on coupe l'accès aux plus jeunes pour ne pas qu'ils téléchargent des contenus qu'on leur donne de plus en plus dans le réel... C'est encore une preuve que la solution proposée par le gouvernement n'est certainement pas la bonne ;-).
http://usfma.blogspot.com