

Françoise Benhamou, Françoise Benhamou est économiste, professeur à l'université Paris 13 et chercheur au CEPN. Elle enseigne aussi dans diverses universités européennes, à l'Institut national de l'audiovisuel et à l'Institut national du patrimoine. Elle est présidente de l'ACEI (Association for cultural economics international), membre du conseil d'administration du musée du Louvre, du conseil d'orientation de la Fondation Jean-Jaurès, du conseil d'orientation du Centre national de la variété, du comité consultatif des programmes de la chaîne franco-allemande Arte, et auteur d'une chronique hebdomadaire sur France Culture. Elle a publié de nombreux articles, rapports, ouvrages, notamment : «L'économie de la culture» (La Découverte, 7e édition 2011), «L'économie du star system» (Odile Jacob, 2002), «Les dérèglements de l'exception culturelle. Perspectives européennes» (Le Seuil, 2006), «Droit d'auteur et copyright» (avec J. Farchy, La Découverte, 2e édition 2009), «Modèles économiques d'un marché naissant : le livre numérique» (Culture prospective, 1, 2010, avec O. Guillon).
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je me permet de réagir à vos propos car ils contiennent un certain nombre d'inexactitudes économiques.
Notamment lorsque vous écrivez : “Côté éditeurs, à supposer qu'ils acceptent d'en supporter une part”, je vous signale que les éditeurs sont touchés tout autant que les libraires sur leurs stocks de livres imprimés avant fin 2011 et qui seront commandés par les libraires en 2012.
Les problèmes de TVA ne concernent que les ouvrages déjà imprimés et présents dans les stocks des libraires et des éditeurs. Pour les ouvrages à paraitre seul les éditeurs seront concernés, mais ils ont leur destins entre leur mains car ils définissent le prix TTC du livre. Les marges des autres acteurs de l'éditions ne seront pas modifiés.
Quand au livre numérique, son problème de développement n'est en rien lié à un taux de TVA trop élevé, mais à son statut même. Un livre numérique ne se vendra jamais comme un livre. Peut-on d'ailleurs encore parler de livre...
La concomitance entre la hausse sur le papier et la baisse sur le numérique illustre la volonté des pouvoirs publics de soutenir les lobbies du marché de la "culture" (dont Alexandre Bompard proche du Chateau)dans la recomposition à leur profit de la chaine du livre.
La baisse du numérique ne concerne malheureusement pas les libraires qui n'ont pas su rester intégrés dans cette belle évolution du livre
Par contre le maintien du taux à 7 % qui dera chuter 20 % des libraires en France permettra au monde de l'édition de remodeler à sa main la chaine de diffusion du livre sans en être directement responsable (hormis le fait qu'ils ne repercuteront pas la différence dans leurs prix pour des motifs comme le prix "psychologique" des ouvrages pratiques ....
Allons restons lucides, la librairie indépendante proche de ses lecteurs est désormais condamnée au profit d'un téléchargement soumis au seul impact du "buzz", de la pub ou d'un "plan média".
Ite missae est!
Quitte, pour "achever" (au sens positif du terme) enfin la loi Lang 30 ans après, à réduire aussi à néant les 9% de remise permises depuis 2003 pour les ventes aux collectivités ?...
Ce qui permettrait peut-être enfin d'imaginer une communication grand public sur un prix unique qui le serait vraiment, unique.
Avant de s'attacher alors à réfléchir à la "chronologie du livre", de même qu'il existe une "chronologie des médias" qui préserve la primauté des salles de cinéma.
Vers un Grenelle, ou un Valois, ou un Yalta du Livre, enjeu de civilisation ? Utopique ?