Iaşi, capitale inédite de la littérature européenne | Livres Hebdo

Par Laure Hinckel, à Iași, le 05.10.2014 à 22h41 (mis à jour le 04.11.2014 à 11h27) Roumanie

Iaşi, capitale inédite de la littérature européenne

Herta Müller au festival FILIT de Iaşi - Photo LAURE HINCKEL

Du 1er au 5 octobre, l’agglomération roumaine, à deux pas de la Moldavie, accueillait le FILIT, festival international de littérature et de traduction.

Dès 2013, les organisateurs du FILIT ont eu pour objectif de mettre sur pieds un grand festival, avec des invités prestigieux et un budget conséquent, de 500 000 euros en 2014. Arrivé à sa 2ème édition, le Festival International de Littérature et de Traduction (1-5 octobre) peut s’enorgueillir de la présence de Herta Müller, Prix Nobel de littérature 2009. Sur scène pendant presque deux heures, la romancière s’est exprimée en roumain et avec une vivacité et une gestuelle qui ont enchanté les quelque 700 personnes venues l’écouter dans un joli théâtre à l’italienne, à quelques pas de la tente blanche du FILIT.

La veille, le scénariste et romancier mexicain Guillermo Arriaga se tenait à sa place dans le fauteuil blanc et s’est livré à un feu d’artifice d’anecdotes de chasse et de fulgurances littéraires. L’avant-veille, c’était le grand David Lodge dont le prochain roman, Des vies à écrire, est publié par Rivages le 5 novembre. Samedi, Mircea Cartarescu - son nouveau roman Le Levant sera édité par POL début décembre - a lui aussi rempli la salle et les cinq jours de festival se sont clos dimanche par Norman Manea.

La manifestation doit beaucoup aux nombreux partenaires et notamment à l’implication des différents lycées de la ville. On est frappé par l’affluence des jeunes dans toutes les rencontres. Des adolescents attentifs, dont la qualité des questions et la sincérité du rapport à la littérature enchantent les écrivains. Romain Puertolas (Le Dillettante prépare la sortie de son prochain livre en janvier, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel) et Sahar Delijani (Les jacarandas de Téhéran, Albin Michel, avril 2014) se sont « régalés » avec ce public à la fois ouvert, multilingue et cultivé.

Trois mousquetaires à l'origine de l'événement

Le FILIT réussit l’exploit de sortir chaque matin un journal de 16 pages, illustré de photos mais sans aucun encart de publicité, relatant dans le détail les différentes rencontres de la veille.

Iasi est le fief de Polirom, la maison d’édition qui a fait découvrir au tournant des années 2000 une nouvelle génération de romanciers… dont les trois mousquetaires du livre : Lucian Dan Teodorovici (Gaia), Florin Lazarescu (Syrtes) et le manager du festival Dan Lungu (Jacqueline Chambon) ont réalisé leur rêve de pouvoir organiser dans leur ville un festival pour les écrivains et leurs traducteurs. Dans cette ancienne capitale dotée de beaux restes architecturaux et fleurant la douceur de vivre, le FILIT invite chaque année des traducteurs de roumain (Etats-Unis, Turquie, Suède, France,  Italie etc.) mais aussi de nombreux traducteurs autochtones : ce sont eux qui traduisent les Patrick McGuiness, les David Lodge et Herta Müller, les Romain Puertolas, Monika Peetz et Fabio Stassi qui ont accepté l’invitation de ce festival d'automne prometteur.
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