Disparition

L'écrivain et journaliste Jean-Louis Hurst, qui est mort le mardi 13 mai à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, a été enterré mercredi 21 mai, au Cimetière chrétien de Diar Ennsâada à Alger, auprès de son épouse.

Né le 18 septembre 1935 à Nancy, Jean-Louis Hurst est l'auteur, sous le pseudonyme de Maurienne, du Déserteur publié en 1960 par Minuit, livre immédiatement interdit et saisi. L'auteur et son éditeur seront poursuivis pour "provocation de militaires à la désobéissance". Mais le milieu étudiant le diffusa largement sous le manteau.

Le Déserteur a été réédité par les éditions L'échappée en 2005, et fut l'un des premiers livres de la maison. L'échappée a d'ailleurs fait savoir qu'un hommage sera rendu à l'écrivain, à Paris, le dimanche 15 juin de 14h à 20h.

En 1962, les éditions de Minuit parviennent à contourner à la censure en publiant Provocation à la désobéissance, le procès du Déserteur, qui raconte le jugement et la condamnation de Jérôme Lindon pour avoir publié le roman de Maurienne. Ce texte a été réédité en 2012.

La famille de Jean-Louis Hurst est partie en Algérie en 1940. Son père, catholique et militaire, prend la tête d'une unité d'Algériens pour combattre les nazis en Italie et en France. Adolescent, il sera très marqué par son amitié avec un Algérien, Mokhran, qui lui fait découvrir la réalité coloniale et le sensibilise aux idées du nationalisme algérien.

Il a vingt ans quand les "événements" en Algérie éclatent. Il sera appelé comme officier de réserve, mais ne partira pas. Il préfère déserter et se réfugie en Suisse et en Allemagne, où il rejoint les filières de soutien aux combattants indépendantistes.

Porteur de valises au service du FLN à Francfort, il y rencontre la militante Heike Hurst (décédée en 2012) avec qui il a une fille, Annick Hurst.

Après l'indépendance, le couple s'installe en Algérie, où en tant que "pied-rouge", Jean-Louis Hurst organise des chantiers de jeunesse menés dans les montagnes de Kabylie aux côtés de Didar Fawzy.

De retour en France, il réintègre l'Education nationale un court moment. Il rentre au journal Libération au service Éducation et propose des sujets (occultés par les médias de l'époque) sur les foyers de travailleurs immigrés et les problèmes de la jeunesse exclue dans les banlieues. Suite à l'assassinat d'Henri Curiel, le journal l'envoie en Algérie mais l'état des choses renforce sa radicalité et il quitte le quotidien.

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