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BNF à Amiens : un site à 100 millions d’euros pour « conjuguer la mémoire au futur »

Le bâtiment dédié à la conservation des collections utilisera une technologie à oxygène raréfié pour optimiser la préservation. - Photo TVK et Carmody Groarke

BNF à Amiens : un site à 100 millions d’euros pour « conjuguer la mémoire au futur »

La Bibliothèque nationale de France (BNF) a dévoilé, mardi 12 mars, les architectes chargés de réaliser son nouveau pôle de conservation à Amiens, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au musée de Picardie (Hauts-de-France). L’agence française TVK, associée au cabinet britannique Carmody Groarke, ont présenté un projet de près de 100 millions d’euros, pensé comme durable. 

 

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Par Élodie Carreira à Amiens,
Créé le 13.03.2024 à 11h08 ,
Mis à jour le 13.03.2024 à 17h52

« Nous entrons dans une phase nouvelle, où nous passons d’une idée à une œuvre d’architecture qui nous rendra tous très fiers », a déclaré Laurence Engel, présidente de la BNF, en introduction, mardi 12 mars, d’une conférence de presse donnée au musée de la Picardie, à Amiens. L’équipe d’architectes en charge de la construction du nouveau pôle de conservation de la BNF en Hauts-de-France y a été dévoilée. Composée de l’agence française TVK, associée au cabinet britannique Carmody Groarke, qui a notamment travaillé sur la British Library, elle a esquissé les premières ébauches d’un projet à près de 100 millions d’euros, et dont les travaux débuteront au printemps 2026.

Choisie parmi les 72 dossiers de candidatures qui avaient répondu à l’appel de manifestation d’intérêt (AMI) lancé par la BNF en 2020, la ville d’Amiens accueillera, à l’horizon 2029, plus de 300 000 titres de presse, du XVIIe siècle à nos jours.

BNF Amiens
Vue d'ensemble du nouveau site de conservation de la BNF à Amiens.- Photo TVK ET CARMODY GROARKE

Une réponse aux magasins saturés

Au sein de ce nouveau pôle de conservation, un Conservatoire national de la presse (CNP) visera à restaurer et à numériser les collections de presse ancienne. « Amiens a apporté la meilleure réponse à l’ensemble des critères que nous avions », a souligné Laurence Engel, ajoutant que « la BNF obéit à une contrainte qui est celle d’un besoin de place, car, oui, l’histoire de la BNF est aussi une histoire immobilière ».

Et pour cause, les magasins de collections de la BNF, d’une capacité d’environ 500 kilomètres linéaires, utilisés à plus de 85%, sont aujourd’hui saturés sur l’ensemble des sites. D’où l’urgence de construire de nouveaux espaces. Les collections situées à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) et une partie de celles situées à Paris déménageront donc progressivement sur le nouveau site, pensé pour une conservation d’une durée d’un siècle.

BNF
L'équipe d'architectes en charge du nouveau pôle de conservation de la BNF à Amiens, mardi 12 mars, au Musée de la Picardie, à Amiens.- Photo EC

Un budget global de 100 millions d’euros

Aux vues de l’ampleur du « projet Amiens », une enveloppe globale de 97 millions d’euros, dont 37 millions alloués par la région Hauts-de-France, a été mise sur la table. Grâce à ces fonds, les architectes ont pu prévoir la conception de deux bâtiments. Situés à proximité du centre-ville et à quelques encablures de la Citadelle, ils surplomberont la vallée de la Somme, offrant ainsi une « vue panoramique et symbolique sur les grands monuments culturels de la ville », a précisé l’architecte Alain Trévélo

Le premier bâtiment, grand d’une vingtaine de mètres, abritera 280 kilomètres linéaires de collections. Parfaitement étanche et recouverte d’une peau diaphane, cette « halle robotisée » emploiera un procédé « à oxygène raréfié », une technologie « déjà éprouvée à l'international », d’après l’architecte Antoine Viger-Kohler, mais déployée pour la première fois sur le territoire hexagonal. Elle permettra d’optimiser les conditions de conservation des titres de presse, tandis que les robots se chargeront de déplacer les ouvrages. Le Conservatoire national de presse, lui, disposera de 1800 m² répartis sur trois étages. C’est là que se tiendront les ateliers de restauration et de numérisation confiés aux métiers d’art ainsi que des consultations, sur demande des chercheurs.

Un partenariat culturel durable

« Il nous fallait nous engager dans une nouvelle extension, et dans un temps plus long, a également ajouté Laurence Engel, (...) Ce projet est aussi stratégique, il va nous permettre de nous étendre sur le territoire ». Car outre un site idéal, implanté à moins d’une heure et demie de train de Paris, et une ville au dynamisme culturel sans équivoque, le choix d’Amiens s’inscrit dans un projet culturel plus global. « C’est ici que la BNF va affirmer sa présence. C’est une nouvelle manière très enthousiasmante, pour une institution comme la nôtre, de travailler en réseau avec un territoire. Nous le faisons pour conjuguer la mémoire au futur », a expliqué la présidente de la BNF.

Le nouveau pôle de conservation de la BNF à Amiens se présente en effet comme « un choix rationnel et politique », qui s’inscrit dans la volonté de l’institution à contribuer à la « politique culturelle des collectivités territoriales ». En partenariat avec la région, notamment Amiens Métropole, la BNF a ainsi signé, en février 2023, une convention cadre pour mettre à disposition du territoire, ses ressources. La même année, l’institution s’est associée à la bibliothèque Louis-Aragon pour célébrer ses 200 ans d’existence, a accompagné une exposition autour de la figure de Jules Verne au Musée de Picardie et avec les Beaux-Arts, et travaillé avec le festival « On a marché sur la Bulle ». Enfin, ce mardi 12 mars, la présidente de la BNF a signé, avec le rectorat d’Amiens, une convention pour renforcer les liens entre l’académie d’Amiens et son université, autour de l’éducation aux médias, aux arts et à la culture.

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