Censure à la Foire du livre du Caire

Censure à la Foire du livre du Caire

Plusieurs ouvrages d’Ibrahim Badi, Mohamed Choukri, Milan Kundera, Hubert Prolongeau, entre autres, que leurs éditeurs voulaient exposer à la foire du livre du Caire, ont été saisis et interdits d’entrée en Egypte.

Par Anne-Laure Walter
avec alw, avec afp Créé le 15.04.2015 à 19h12

Quatre romans traduits en arabe de Milan Kundera, dont L'insoutenable légèreté de l'être, et le Livre du rire et de l'oubli, publié par l’éditeur libanais Dar al-Adab ont été interdits d'entrée en Egypte à l'occasion de la Foire du livre du Caire 2008 (du 24 janvier au 4 février).

Alors que les stands de cette manifestation, la plus importante du monde arabe, sont submergés par les ouvrages islamiques, y compris radicaux, plusieurs ouvrages d'auteurs occidentaux ou arabes laïcs ont été saisis, sans justification.

« Aucune raison n'a été fournie par les autorités égyptiennes, nous ne sommes ni informés, ni consultés sur cette mesure, et les livres ne nous sont pas rendus », a déclaré à l’AFP, Randa Idriss, directrice de Dar al-Adab.

Le même sort a été réservé à des livres de Mohamed Choukri connu pour son Pain nu, interdit dans plusieurs pays arabes.

Son éditeur al-Jamal, maison d'édition basée en Allemagne, recense plusieurs de ses ouvrages ainsi bannis comme La tente, La séduction du merle blanc ou Paul Bowles et le reclus de Tanger.

L’éditeur libanais al-Farabi a révélé que le roman d’Hubert Prolongeau, Le baiser de Judas, tout comme un recueil de Che Guevara, Mes rêves n'ont pas de limites ont été pareillement bloqués à la frontière.

Une dizaine d’autres ouvrages ont subi le même sort comme L'amour en Arabie saoudite d’Ibrahim Badi, qui brise des tabous sur la société saoudienne, ou Femmes de sable et de myrrhe, de la Libanaise Hanan el-Cheikh, qui parle de l'étouffante condition des femmes dans les pays du Golfe, et évoque l'homosexualité mais aussi Comme si elle dormait de l’écrivain libanais Elias Khoury, L'histoire de Meriem de la Libanaise Alaoui Sobh, Dialogue avec les athées sur la mémoire du Syrien Issam Mahfouz.

L’an passé déjà, des ouvrages avaient déjà été censurés comme Alexis Zorba du Grec Nikos Kazantzaki que les éditeurs n’ont pas présentés cette année. 

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