15 mars > Essai France > François Cusset

La violence est partout. Même là où on ne la voit pas. Et plus encore là où on ne veut pas la voir. C’est le thème développé par François Cusset. L’auteur de French theory (La Découverte, 2003) et de La décennie (La Découverte, 2006) fait le constat du retour de la brutalité et de son déni. Il prend le contre-pied du psychologue canadien Steven Pinker qui annonçait à l’automne 2017, dans La part d’ange en nous (Les Arènes), le déclin de la violence. François Cusset estime au contraire que le monde ne cesse d’être plus âpre, et qu’il l’est surtout pour les faibles. Il pointe le cas des migrants, du burn-out dans les entreprises, du harcèlement moral et sexuel dans ce même monde du travail, des sévices portés à la nature et des humiliations sur les réseaux sociaux, véritable déversoir de la haine et de l’aigreur des sociétés.

Vision pessimiste diront certains. Lucide estimeront d’autres. Dans cet essai alerte, François Cusset (université Paris Ouest-Nanterre) veut avertir, faire prendre conscience et inciter à agir avant qu’il ne soit trop tard. Car pour lui, ces autres formes de violence quotidienne masquées par l’hyperviolence terroriste mettent à mal nos démocraties et ne profitent en fin de compte qu’aux extrêmes, les seuls à pouvoir tirer les marrons de ce feu frénétique. Sauf que pour sortir de ce Déchaînement du monde, il faudrait passer par des actions elles aussi sans doute violentes. Le docteur Cusset pose un diagnostic que beaucoup peuvent partager. Mais sur le remède, on peut préférer les médecines douces…

L. L.

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