Economie

Esther Duflo, prix Nobel de l'économie 2019

Esther Duflo - Photo ENS.

Esther Duflo, prix Nobel de l'économie 2019

L'économiste française, son époux Abhijit Banerjee et l'Américain Michael Kremer ont reçu la prestigieuse récompense pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté.

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Par Vincy Thomas
Créé le 15.04.2020 à 17h04

Le prix Nobel d'économie 2019 a récompensé trois économistes, parmi lesquels la Française Esther Duflo. Avec son mari, l'économiste indien Abhijit Banerjee et l'Américain Michael Kremer, la professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT), le comité de ce prix Nobel a souhaité distingué leurs travaux sur "la réduction de la pauvreté".

Cette professeur au MIT était entrée dans l'économie appliquée sur les conseils de Thomas Piketty. Sous la direction de Abhijit Banerjee, elle soutient sa thèse - Three Essays in Empirical Development Economics (Trois essais sur l'économie empirique du développement), consacrée à l'évaluation économique des projets de développement. Par ailleurs, Esther Duflo détient la première chaire internationale « Savoirs contre la pauvreté » au Collège de France.

Esther Duflo a écrit quatre ouvrages publiés en France: Expérience, science et lutte contre la pauvreté (Fayard, 2009), deux volumes de Lutter contre la pauvreté (Seuil, 2010) et Repenser la pauvreté, coécrit avec son époux (Seuil), 2012).

Des économistes comparés à des plombiers

Outre ce Nobel, elle a reçu de nombreux prix au cours de sa carrière parmi lesquels la médaille John Bates Clark, la médaille de l'innovation du CNRS et le prix Princesse des Asturies, catégories sciences sociales.

Avec Michael Kremer, Abhijit Banerjee, Jeff Carpenter, mais aussi John List et Sendhil Mullainathan, elle a appliqué les essais randomisés, classiques en biologie, à l'économie en étudiant le développement  à partir d'une question limitée et précise, comparant un groupe témoin à un groupe d'expérience tous deux tirés au hasard.

Il y a deux ans, elle rappelait dans une tribune parue dans Le Monde, que, depuis deux ou trois décennies, les économistes étaient amenés à jouer un rôle dans la politique économique: "Ces économistes doivent se comporter moins comme des physiciens et plus com­me des gens compétents : des dentistes comme le proposait Keynes, ou même ­plutôt des plombiers, qui utilisent leurs ­connaissances pour proposer la meilleure solution possible sur le terrain, mais qui font bien attention à ses effets et se tiennent prêts à faire les ajustements nécessaires." "Si les économistes veulent pouvoir faire des recommandations de politiques publiques, il est de leur devoir de se préoccuper de ces détails, même si leurs théories ne leur donnent pas de direction très précise" ajoutait-elle.

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