Censure

Hongrie : "Des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et hongroise peuvent être interdits"

Gay pride à Budapest

Hongrie : "Des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et hongroise peuvent être interdits"

Une nouvelle loi interdisant la représentation publique des minorités sexuelles inquiète les éditeurs et libraires Hongrois. La présidente de la Commission européenne a aujourd'hui dénoncé un texte qui "va à l'encontre de toutes les valeurs fondamentales de l'UE". 

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Par Dahlia Girgis
Créé le 24.06.2021 à 01h03

Livres, manuels scolaires, films, séries et publicités font, depuis le 15 juin, l'objet d'une censure de la part de la Hongrie. La semaine dernière le Parlement hongrois a approuvé un projet de loi interdisant la représentation de l'homosexualité et de la transidentité dans l'espace public. Cette loi a été dénoncée par nombre d'associations, institutions et Etats. Après "l'inquiétude" de quinze États européens, dont la France, ce mercredi 23 juin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un texte qui "va à l'encontre de toutes les valeurs fondamentales de l'UE". 




"Des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et hongroise peuvent être interdits"

En réponse à l'adoption de la législation la présidence de l'Association hongroise des éditeurs et des libraires a notamment publié une déclaration. "Nous ne comprenons pas clairement ce que signifie l'interdiction du contenu sexuel intéressé et de la représentation du changement de sexe. Ce sont des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale et hongroise, dont de nombreux auteurs (Szapphó, Ovidius, Verlaine, Rimbaud, Thomas Mann, Proust, Shakespeare, etc.), ainsi que des poèmes de Mihály Babits, Sándor Weöres, György Faludy contenant des allusions érotiques [qui] peuvent être interdits, ce qui, nous le supposons, ne pouvait pas être le but des législateurs", peut-on lire dans le communiqué.

L'Union internationale des éditeurs (UIE), la Fédération des éditeurs européens et la Fédération européenne et internationale des libraires soutiennent l'association hongroise. Ils demandent au président hongrois János Áder de renvoyer la loi, portée par le premier ministre nationaliste Viktor Orban, devant la cour constitutionnelle du pays. Dans un communiqué, le président de la Commission sur la liberté de l'UIE, Kristenn Einarsson, déclare  : "l'éventail d'œuvres qui pourraient être affectées par ces amendements irréfléchis et discriminatoires représente le gratin des grands noms de la littérature internationale et hongroise."

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