Disparition

Mort du photographe américain Elliott Erwitt

Elliott Erwitt - Photo Joël Saget/AFP

Mort du photographe américain Elliott Erwitt

Légende de la photographie du 20e siècle, Elliott Erwitt était âgé de 95 ans.

Par Léon Cattan
avec AFP Créé le 01.12.2023 à 12h01

On lui doit les légendaires instantanés de Fidel Castro et de Che Guevara en 1964, la robe blanche de Marilyn Monroe s'envolant au-dessus d'une bouche d'égoût, le G.I. tirant la langue en pleine guerre de Corée et le chihuahua coiffé d'un bonnet de laine fixant anxieusement l'objectif de ses yeux asymétriques. Le photographe américain Elliott Erwitt s'est éteint ce jeudi 30 novembre à l'âge de 95 ans, a annoncé son agence de photo Magnum. « Ses images nous ont aidé à comprendre ce que nous sommes comme société et comme humains, et ont inspiré des générations de photographes malgré les mutations des tendances et de l'industrie », a déclaré Cristina de Middel, présidente de Magnum. 

Né le 26 juillet 1928 à Paris de parents russes, Elliott Erwitt a grandi à Milan avant d'émigrer aux États-Unis en 1939 avec sa famille. Après dix ans à New York, il déménage à Los Angeles et commence la photographie par « facilité ». « On peut faire des images sans effort et sans formation », disait-il alors qu'il avait débuté sa carrière comme tireur dans un laboratoire spécialisé dans les portraits de stars. C'est une rencontre avec les photographes Edward SteichenRoy Stryker et Robert Capa, qui changea sa vie après son passage dans l'armée en 1951.

Considéré comme un photographe de rue, Elliott Erwitt photographia des hommes politiques comme des célébrités, des anonymes comme des canidés, qu'il tenait hautement en estime. À partir des années 1970, il s'intéressa également à la vidéo et réalisa des documentaires et programmes comiques pour HBO.

Parmi les nombreux ouvrages qui abritent ses clichés, Paris (teNeues, 2017) est celui qui encapsule le mieux sa vision espiègle de la ville-lumière. Found, not lost, aux éditions anglophones Gost, est son dernier livre. De ses premiers clichés en 1947 jusqu'à 2010, Elliott Erwitt y médite sur l'ensemble de sa carrière en n'en reconstituant le fil. 

Le musée de la Sucrière, à Lyon, consacre actuellement une rétrospective à l'oeuvre d'Elliott Erwitt.

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