Par Marine Durand, le 08.10.2015 à 13h20 (mis à jour le 08.10.2015 à 14h35) Biélorussie

Svetlana Alexievitch sacrée par le Prix Nobel de littérature 2015

Svetlana Alexievitch

La Biélorusse Svetlana Alexievitch a reçu, jeudi 8 octobre, le prix Nobel de littérature 2015. C'est la première auteure biélorusse qui obtient cette prestigieuse récompense.

L'auteure et journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch a reçu, jeudi 8 octobre, le prix Nobel de littérature 2015. Favorite depuis plusieurs années pour ce prix, elle devient la première Biélorusse à recevoir la prestigieuse récompense littéraire, et la troisième Biélorusse à recevoir un prix Nobel. Svetlana Alexievitch, qui est également la sixième écrivaine de langue russe à être ainsi honorée, a été récompensée "pour son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage notre époque", a indiqué l'Académie suédoise.

Svetlana Alexandrovna Alexievitch est née en 1948 à Stanislav, en Ukraine. Après le service militaire du père, sa famille a déménagé en Biélorussie, où ses deux parents ont travaillé comme enseignants. Sa scolarité terminée, Aleksievitch s’est consacrée à l’enseignement et au journalisme. Entre 1967 et 1972, elle a suivi des études de journalisme à l’université de Minsk.
 
Opposante au régime biélorusse, elle est l'auteure de sept ouvrages à la frontière entre littérature et documentaire, dans lesquels elle dénonce la guerre, les violences et les mensonges de l'histoire. Six ont été traduits en français.

Sa première publication en 1985, La guerre n’a pas un visage de femme (Presses de la Renaissance, 2004), sur la Seconde Guerre mondiale, dénoncée comme «antipatriotique, naturaliste, dégradante» mais soutenue par Mikhaïl Gorbatchev est un best-seller. La même année, elle publie Derniers témoins (Presses de la Renaissance, 2005), courts récits de vie d’hommes et de femmes ayant grandi dans les années 1940.

Un recueil de trois de ses œuvres publié... hier
 
Suivent Les cercueils de zinc en 1989 (Bourgois, 1990), un titre sur la guerre d’Afghanistan qui la fait connaître en France, Ensorcelés par la mort en 1993 (Plon, 1995), sur les suicides qui ont suivi la chute de l’URSS, et La Supplication: Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, en 1997 (Lattès, 1998) sur la catastrophe nucléaire dans le nord de l'Ukraine, qui a reçu le National Book Critics Circle Award en 2005.

En 2013, Svetlana Alexievitch a publié La fin de l’homme rouge (Actes Sud), synthèse de la vie sous l’ère soviétique, couronné par le prix Médicis essai et classé meilleur livre de l’année 2013 par le magazine Lire.

Actes Sud a fait paraître le 7 octobre, dans sa collection «Thesaurus», Œuvres, un recueil de trois de ses ouvrages (La guerre n’a pas un visage de femme, Derniers témoins, La supplication) préfacé par Michel Eltchaninoff.
 
Svetlana Alexievitch a reçu plusieurs prix récompensant l’ensemble de sa carrière : le prix Herder en 1999, le prix de la paix Erich-Maria-Remarque en 2001 ainsi que le prix de la Paix des libraires allemands en 2013. En 2014, elle a été faite officier de l'Ordre national des arts et lettres.
 
close

S’abonner à #La Lettre