Proclamation

Trophées "Livres Hebdo" de l'édition 2024 : tous ceux qui brillent

Tous les lauréats des Trophées de l'édition 2024, réunis sur la scène de l'Odéon, lundi 25 mars - Photo Olivier Dion

Trophées "Livres Hebdo" de l'édition 2024 : tous ceux qui brillent

Décernés le 25 mars dernier au Théâtre de l'Odéon devant plus de 700 professionnels, les Trophées de l'édition 2024 récompensent 15 maisons, collections, auteurs ou initiatives qui ont fait la fierté de la filière l'an passé.

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Par Par Jacques Braunstein avec Marie Fouquet, Pauline Gabinari, Pierre Georges, Fanny Guyomard et Cécilia Lacour
Créé le 27.03.2024 à 11h09 ,
Mis à jour le 27.03.2024 à 14h50

«Pendant quarante ans, j'ai dû justifier, à la télé notamment, que les libraires des centres Leclerc sont de vrais libraires. Aujourd'hui, je vais présider un jury où figurent d'autres libraires, ce qui est la preuve que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. » Michel-Édouard Leclerc ne boudait pas son plaisir de prendre la tête du jury des 5e Trophées de l'édition de Livres Hebdo. Président souriant, ravi d'être là et photographiant les livres pour se les procurer par la suite, il s'est révélé à l'écoute des membres du jury réunis le 17 janvier dernier au biblioclub du Cercle de la librairie et sur la terrasse voisine.

L'attribution du Trophée de la fabrication du livre, finalement décerné à Gallmeister pour la collection « Litera », a donné lieu à de très beaux échanges entre l'historien Adrien Goetz et l'éditeur Martin de Halleux, notamment. Où il était autant question de bibliophilie que de savoir-faire métier. La romancière Émilie Frèche a pris fait et cause pour le livre Une révolution iranienne. Femme, vie, liberté publié par les Beaux-Arts de Paris, qui reçoit le Trophée de l'engagement solidaire. Certains se montraient plus réceptifs à l'univers virtuel développé par Hachette Livre ou à la nuit One piece organisée en librairie par les éditions Glénat. Alors que d'autres étaient plus sensibles à la beauté de la Pérégrination vers l'Ouest publié par les Éditions 2024 ou à la précision de l'Infographie de l'Empire napoléonien, ou de celle de la Seconde Guerre mondiale, concoctées par les éditions Passés composés. Mais on est parvenus à mettre tout le monde d'accord quant au coup de cœur du jury : 13 à table !, la série de recueils de nouvelles inédites publiés chaque année par les éditions Pocket en faveur des Restos du cœur, qui ont permis de financer 7,4 millions de repas en dix ans.

Un mot encore des trois trophées spéciaux décernés à l'issue d'un vote des lecteurs sur le site Livreshebdo.fr, à partir d'une liste établie par notre rédaction. Prix du public, prix des lecteurs, prix de la profession, c'est selon... Aux forges de Vulcain, maison créée en 2007, reçoit le Trophée spécial de la petite maison d'édition pour son éclectisme qui lui fait explorer la fantasy comme les essais. Cédric Sapin-Defour, l'auteur de Son odeur après la pluie aux éditions Stock, succès surprise de l'année avec plus de 300 000 exemplaires vendus, démontre donc que le milieu de l'édition aime les chiens. Alors qu'Antoine Caro, dont les éditions Seghers avait déjà été récompensées du Trophée de la valorisation du fonds en 2022, remporte celui d'éditeur de l'année. Après avoir fait campagne sans fausse modestie, y compris en placardant des affiches dans les ascenseurs d'Editis. Démontrant qu'en matière d'édition, l'audace, c'est aussi de croire en ce qu'on fait.

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Le jury des Trophées de l'édition 2024. De gauche à droite : Pierre Georges, Christine Carrier, Kate Wilson, Anne-Laure Vial, Adrien Goetz, Michel-Édouard Leclerc, Émilie Frèche, Pierre Fourniaud, Sarah Polacci, Jacques Braunstein, Martin de Halleux.- Photo OLIVIER DION

TROPHÉE SPÉCIAL DE L’AUTEUR DE L’ANNÉE : Cédric Sapin-Defour, Auteurs d'âme

Cédric Sapin-Defour
Cédric Sapin-Defour lors de la réception du prix 30 millions d'amis, au salon Drouant, à Paris.- Photo SERGE TENANI/AFP/HANS LUCAS

« Pour la première fois de ma vie, je me suis acheté un agenda ! », lance Cédric Sapin-Defour. Il y a tout juste un an, son nom était encore inconnu du grand public, et cela lui convenait très bien. 365 jours, 300 000 ventes (pour un premier tirage de 4 300 exemplaires) et plusieurs prix littéraires plus haut, l’auteur de Son odeur après la pluie (Stock), l’un des phénomènes éditoriaux de l’année 2023, reçoit le Trophée de l’auteur de l’année, décerné par les votes du public sur Livreshebdo.fr « Les derniers mois ont évidemment modifié mon existence dans son habillage, c’est assez tourbillonnant », poursuit l’écrivain. « Mais dans sa profondeur, rien n’est modifié, je passe toujours le clair de mon temps au grand air, au silence, dans une solitude dorée, à jouer », ajoute-t-il. Car, jusque-là, l’auteur de 49 ans installé à Arêches (Savoie), haut lieu mondial du ski-alpinisme, n’était connu que du petit monde de l’alpinisme littéraire, qui suivait ses billets d’humeur dans les colonnes de Montagnes magazine ou d’Alpine mag (réunis dans Espresso puis Double Espresso, publiés chez Guérin-Paulsen).

Car Cédric Sapin-Defour, professeur d’EPS de profession, est avant tout un amoureux des sports de montagne, du ski de randonnée en particulier. Passion qu’il évoque dans ses premiers ouvrages : du Dico impertinent de la montagne (JMEditions, 2014) à Gravir les montagnes est une affaire de style (Guérin-Paulsen, 2017) en passant par Les sept vies de François Damilano (Guérin-Paulsen, 2018) ou L’art de la trace. Petits détours sur le ski de randonnée et les neiges d’altitude (Transboréal, 2020). C’est lors de leurs courses sur les crêtes du Beaufortain, à l’ombre de la célèbre Pierra Menta, que l’auteur et sa compagne tissent des liens forts avec leurs bouviers bernois. Lorsque l’un d’eux, Ubac, meurt à 13 ans, son maître est dévasté. Naît alors l’idée de raconter, en un récit bouleversant, cette histoire d’amour unique et ce lien puissant les ayant unis pendant toutes ces années au grand air.

Résultats : un ovni littéraire qui touche au cœur les maîtres et maîtresses de chiens en France, des mois de présence dans le top des ventes GFK/Livres Hebdo toutes catégories confondues (et toujours 3e du top essais en mars 2024), une avalanche de prix littéraires (30 millions d’amis, Société centrale canine, Terre de France… ainsi qu’une sélection pour le prix Renaudot), et des cessions de droits qui s’enchaînent. Le récit a déjà été vendu dans une dizaine de langues, dont le chinois, l’allemand et l’anglais, langue pour laquelle les droits mondiaux ont été acquis par la maison Harvill Secker, qui a versé une avance à six chiffres…

Des chiffres qui, s’ils donnent le tournis, pourraient éloigner l’auteur savoyard des sommets pour poursuivre une carrière d’écrivain plus grand public ? « La montagne accompagne ma vie, et dans la mesure où je ne sais pas écrire sur autre chose que celle-ci, la fiction est un exercice trop ample pour mes petites épaules, car je n’ai aucune espèce d’imagination. La montagne sera toujours plus ou moins présente dans “mes” écrits », répond le principal intéressé. « Je m’amuse à dire que j’ai quitté la littérature de montagne et d’exploration par goût de l’aventure pour me risquer à une littérature plus généraliste, mais la montagne n’est jamais bien loin. Je n’écris plus strictement sur elle, mais elle est là, comme cadre, comme milieu, comme personnage, quel que soit le propos des livres », conclut-il.

 

TROPHÉE SPÉCIAL DE LA PETITE MAISON D’ÉDITION : Aux forges de Vulcain, Éclats des genres 

David Meulemans
David Meulemans, fondateur des éditions Aux Forges de Vulcain- Photo OLIVIER DION

Avant d’être éditeur, David Meulemans faisait partie d’une compagnie de théâtre construite sur l’organisation très horizontale du théâtre du Soleil. Normalien de formation, il a aussi enseigné la philosophie pendant près de dix ans en France et à l’étranger. Il était à ce titre parfois sollicité pour écrire la préface ou l’appareil critique d’éditions universitaires. « J'étais assez insatisfait, à l’époque, du travail des éditeurs. Aujourd’hui, je m’aperçois que je fais comme eux », sourit l’intéressé, qui a progressivement délaissé l’Éducation nationale et le théâtre pour se consacrer entièrement à l’édition. C’est d’ailleurs avec des amis de sa compagnie Tiers-Théâtre qu’il a créé, en 2007, sous un statut associatif, la maison d’édition Aux forges de Vulcain, installée au Labo de l’édition à Paris.

Les Forges passent alors de 3 à 4 livres par an à une quinzaine de titres, distribués par Volumen, et trouvent enfin leur rythme de croisière en 2018 lorsqu’elles intègrent Média-Participations, en publiant 10 titres par an. Accompagner les auteurs et autrices, entretenir avec eux une relation suivie dans la construction de leur œuvre pour sortir d’une logique du résultat, est devenu à ce moment-là une priorité pour David Meulemans. « J’ai développé une relation fluide et amicale avec l’auteur Gilles Marchand. J’ai alors compris qu’il s’agissait là de la clé d’une maison. » Les titres de Gilles Marchand font partie de ses best-sellers. Le soldat désaccordé, paru en 2022, s’est vendu à plus de 27 000 exemplaires à ce jour.

Parmi les auteurs et autrices particulièrement remarqués de son catalogue, on compte aussi Guillaume Chamanadjian et Claire Duvivier, qui depuis 2021 coécrivent à quatre mains la saga à succès Le cycle de la tour de garde. Mais aussi des auteurs étrangers : le légendaire Luke Rhinehart, Rivers Solomon et même un auteur espagnol dont le chef-d’œuvre, pas encore traduit, devrait être révélé au public français dans les mois à venir. Si David Meulemans entretient une vive réflexion sur les limites de ce qu’on appelle les littératures de genre (polar, SF) et sur la porosité de leurs frontières avec la littérature blanche, il entend bien construire un catalogue principalement composé de fictions. En tant qu’ancien professeur de philosophie, l’éditeur s’intéresse en particulier aux façons de transmettre des savoirs complexes dans un langage clair et accessible. « Il s’agit de rendre intéressant ce qui est important, sans tomber ni dans l’élitisme ni dans le divertissement », souligne-t-il, citant volontiers le sociologue Saul Alinsky ou la maison Penguin des année 1930 comme sources d’inspiration. Une fois par an toutefois, la maison publie un essai en lien avec les univers du catalogue. Le message, clair, accessible comme le souhaite l’éditeur, est aussi tourné vers l’avenir : « Les éditions Aux forges de Vulcain forgent patiemment les outils de demain. »

 

TROPHÉE SPÉCIAL DE L’ÉDITEUR DE L’ANNÉE Antoine Caro, Poésie Partout ! 

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Antoine Caro - Photo DR

Antoine Caro ne se voyait pas éditeur et aujourd’hui, on ne le verrait guère faire autre chose. Fils d’un producteur de cinéma (Pierre Caro, assistant d’Alain Delon puis producteur du film Le vieux fusil), il imagine se diriger vers cette industrie, mais lorsqu’il écrit à d’autres producteurs, on lui reproche le côté trop bien écrit de ses lettres. Il lit tout le temps, notamment Proust, dont il hésite aujourd’hui à parler. « Ce n’est pas très original, c’est un wannabe, qui est devenu l’auteur préféré de tous les wannabe.» Après quelques piges à L’Équipe ou à Vogue, il fait la tournée des maisons pour devenir auteur de l’ombre, et rencontre Bernard Fixot qui lui fait comprendre que ce qui l’intéresse, c’est de former un jeune éditeur.

Après trois années d’apprentissage, il suit Fixot, nommé directeur éditorial de Robert Laffont. Et, quinze ans plus tard, devient directeur général adjoint de Robert Laffont, alors dirigé par Leonello Brandolini et Nicole Lattès (2013). LUI, C’EST LES LIVRES « Moi, c’est les livres. Je n’ai jamais cessé de travailler avec les auteurs », affirme-t-il, citant, dans le désordre, Charles Pépin, Marc Levy, Tzvetan Todorov ou Sophie Fontanel… Toujours animé d’« un désir d’éditer [lui]-même». Ce qu’il fait désormais avec les éditions Seghers. « Pierre Seghers, poète résistant, a lancé en 1944 la collection “Poètes d’aujourd’hui”. Une collection carrée, comme des livres de poche avant l’heure, publiant notamment Eluard, vendu à 300 000 exemplaires. Mais aussi les collections “Autour du monde” (Fernando Pesoa, Pablo Neruda, Anna Akhmatova, Tennessee Williams…) ou “Poésie et chansons” (Brel, Brassens, Ferré, Aznavour ou Gainsbourg) », raconte-t-il.

Seghers avait rejoint Robert Laffont en 1969. Et Antoine Caro forme le projet fin 2020 d’en refaire une marque autonome. Avec Anne Dieusaert à la direction littéraire et Vahram Muratyan pour repenser l’identité visuelle de la maison dans la lignée exigeante du typographe et graveur Louis Jou, ils republient Aragon, Neruda ou Kerouac, Maya Angelou ou Grisélidis Réal, qui connaissent des succès conséquents. « En cinq ans, le marché de la poésie est passé de 10 à 15 millions. On vit une période métaphysique, la poésie est un accès plus direct au monde dans lequel on vit », décrypte l’éditeur, notant le succès des poèmes sur les réseaux sociaux comme celui du Déversoir d’Arthur Teboul, très soutenu par les libraires et par une tournée de l’auteur-compositeur de Feu! Chatterton à travers la France.

« Notre slogan, c’est : “La poésie est partout” », ajoute l’éditeur, qui la retrouve dans Get back, le beau livre des Beatles vendu à 15 000 exemplaires, comme dans La souterraine de Sophie Marceau, « un de nos gros succès 2023, fait de 13 nouvelles et 7 poèmes ». Éditeur littéraire mais pas snob, Antoine Caro parle avec le même enthousiasme de la comédienne que des poèmes de Picabia qu’ont découverts les sœurs Berest ou de Robert Desnos (dont il a republié des inédits en 2023)… Il s’enthousiasme comme s’il était le premier étonné que la poésie puisse colorer toute sorte d’art et de savoir, citant encore Les nuits étoilées de Vincent Van Gogh de l’astrophysicien Jean Pierre Luminet, ou l’anthologie de Bob Dylan parue en octobre dernier. 

 

TROPHÉE DE L’ADAPTATION AUDIOVISUELLE : Grasset, Vague à larmes

Coup double pour Vanessa Springora. Après avoir été sacrée autrice de l’année en 2020 pour Le consentement (Grasset), l’écrivaine, éditrice et réalisatrice remporte – avec sa maison – le trophée de la meilleure adaptation audiovisuelle. Son livre, porté à l’écran par la cinéaste Vanessa Filho, retrace la relation d’emprise que la jeune fille a vécue avec Gabriel Matzneff, un auteur de 36 ans son aîné, adulé dans la sphère germanopratine. Particulièrement fidèle au livre, le scénario du film a été coécrit par Vanessa Springora. Jean-Paul Rouve et Kim Higelin incarnent respectivement Gabriel Matzneff et Vanessa Springora.

Alors que le film ne dépassait pas les 60 000 entrées à la fin de sa première semaine, un phénomène né sur les réseaux sociaux le fait décoller. En cause, TikTok et son algorithme friand de vidéos « émotions ». Sous le même schéma qui a fait de Mille baisers pour un garçon un best-seller international, plusieurs influenceuses ont filmé leurs pleurs en sortant de la séance. En quelques jours, la trend (tendance) est devenue virale. « Sous le choc, des milliers de jeunes – les vidéos virales liées au film ont été vues plus de 20millions de fois – se filment avant et après avoir vu le film », raconte Heidi Warneke, responsable cession de droits littérature chez Grasset. Résultats : 670 000 entrées en France avec un public particulièrement jeune, chose rare pour les films français. Depuis, il continue son parcours avec des diffusions en Suisse, au Canada, en Espagne, au Portugal, en Bulgarie ou encore au Japon. 

 

TROPHÉE DE LA CRÉATION AUDIO : L’École des loisirs, Au bois de mon cœur

 Avec sa série Mémoires de la forêt (L’École des loisirs), le fondateur de la librairie Le Renard doré (Paris Ve ) et écrivain Mickaël Brun-Arnaud et l’illustratrice Sanoe relèvent un difficile pari. Celui de parler de la maladie d’Alzheimer aux enfants à partir de huit ans. Le premier tome, Les souvenirs de Ferdinand Taupe (2022), raconte ainsi avec douceur et tendresse les aventures du renard libraire Archibald et de la taupe Ferdinand, atteinte de la maladie de « l’oublie-tout ». Archibald permet aux animaux de déposer dans son enseigne les livres qu’ils ont écrits. Alors qu’il commence à perdre la mémoire, Ferdinand souhaite récupérer auprès d’Archibald l’ouvrage qui contient ses souvenirs. Mais le livre a été acheté par un inconnu. Le renard et la taupe partent alors à sa recherche, dans l’espoir de retrouver les souvenirs de Ferdinand. La sensibilité de cette histoire a conquis le jeune public. Ce premier tome a ainsi été récompensé des prix Babelio jeunesse, Dimoitou – Ouest-France et Sorcières, dans la catégorie « Carrément passionnant mini ». Et la série, composée de trois tomes racontant chacun une histoire propre avec le renard libraire pour dénominateur commun, s’est écoulée à plus de 130 000 exemplaires selon les estimations de ventes GFK.

Mémoires de la forêt, c’est aussi une tournée de lectures musicales où guitare, piano et accordéon se mêlent aux mots de Mickaël Brun-Arnaud. « Après l’engouement autour de la lecture musicale, L’École des loisirs a souhaité proposer une adaptation audio du premier opus », explique la maison. Le livre a donc été découpé par l’auteur en six épisodes d’une quinzaine de minutes, chacun accompagné d’une chanson inédite. Pour cette création récompensée du Trophée de la création audio, L’École des loisirs a collaboré avec Vincent Blaviel, fondateur de Pop Division, pour assurer la réalisation et la direction musicale. La série audio est disponible dans le catalogue de Max, la boîte à histoires de L’École des loisirs, et via son diffuseur audio Bookwire. Pour donner à découvrir l’univers des Mémoires de la forêt, les six chansons extraites de la série peuvent également être écoutées sur les principales plateformes de streaming musical. Et pour continuer à faire découvrir l’histoire d’Archibald et Ferdinand, la maison souhaite proposer dès cette année « un petit tirage physique à destination, principalement, des bibliothèques ».

 

TROPHÉE DE LA CRÉATION ÉDITORIALE : Dépaysage, Paroles autochtones

Un parti pris inédit, un angle éditorial fort. Voilà les critères pour recevoir le Trophée de la création éditoriale. Et le nom du lauréat ne trompe pas : Dépaysage. Une maison d’édition fondée en 2018 qui affiche la quête d’un autre horizon, d’un décentrement culturel, d’un angle de vue singulier. C’est plus précisément la collection « Talismans » qui a été distinguée, en mettant en avant des autrices et auteurs autochtones d’Amérique du Nord, trop méconnus selon le directeur de la maison d’édition qui y a vécu et travaillé. « Talismans », car cette littérature agit comme un objet magique rappelant la mémoire de ces peuples longtemps ignorés.

Le roman éponyme Sanaaq, de Mitiarjuk Nappaaluk, est par exemple reconnu comme la première fiction en langue autochtone (inuit) du Canada, et raconte le quotidien de l’héroïne avant et après l’arrivée des « Blancs », dans les années 1950. Kamik est le premier roman publié par un autochtone, l’Inuit Markoosie Patsauq, en 1970. Tomson Highway, qui a écrit Le baiser de la Reine blanche, vient pour sa part de l’une des plus grandes Premières Nations du Canada, les Cris. Au total : quatorze ouvrages où les autochtones prennent la parole, donnent leur vision du monde. L’idée n’est pas de défendre une position morale ou politique, se défend l’éditeur Amaury Levillayer : « Nous nous plaçons en amont et souhaitons simplement porter les “questions autochtones” à la connaissance des francophones d’Europe – et contribuer à la vie des idées », étaye-t-il. Convaincuque «c’est à travers la littérature qu’on peut mobiliser les imaginaires, préalable nécessaire à l’action ». La littérature d’abord, la politique après. 

 

MENTION SPÉCIALE CRÉATION ÉDITORIALE : Passés composés, Belle histoire

Un nombre croissant de maisons misent sur la datavisualisation. Après avoir publié Infographie de la Seconde Guerre mondiale chez Perrin en 2018, le fondateur de Passés composés Nicolas Gras Payen a fait de l’histoire en data l’une des marques de fabrique de sa maison en seulement quatre ans et quatre titres. C’est avec sa dernière parution dans le domaine, Infographie de l’Empire napoléonien de l’historien Vincent Haegele, de l’auteur Frédéric Bey et du data-designer Nicolas Guillerat (2023), que l’éditeur concourt au Trophée de la création éditoriale. L’équipe de Passés composés souhaite « valoriser le travail titanesque de Nicolas Guillerat, qui passe deux à trois années pour produire un livre avec une énergie et une créativité impressionnante ». Passés composés loue « un artiste qui a réussi à dépasser [leurs] attentes ». Malgré ses nombreuses contraintes, ce nouveau mode de narration séduit. Les infographies de Passés composés se hissent régulièrement dans les meilleures ventes des rayons beaux-livres ou essais, et s’écoulent entre 10 000 et 22 000 exemplaires. Chaque ouvrage est, en outre, cédé dans au moins quatre langues. Dix pour Infographie de la Rome antique, leur premier. 

 

TROPHÉE DE L’ENGAGEMENT SOLIDAIRE : Beaux-Arts de Paris, Regards persans

Le 16 septembre 2022, l’étudiante iranienne de 22 ans Mahsa Amini décède à Téhéran après trois jours de garde à vue. Son crime : ne pas avoir correctement couvert ses cheveux dans un pays où le port du hijab est strictement encadré. Sa mort a déclenché en Iran une importante vague de contestation avec le mouvement Femme, vie, liberté, et plusieurs vagues de parutions dans l’Hexagone. Parmi celles-ci, Une révolution iranienne. Femme, vie, liberté. Publié par les Beaux-Arts de Paris en octobre 2023, l’ouvrage a réuni trois autres institutions parisiennes – le musée d’Art moderne, le palais de Tokyo et le palais de la Porte-Dorée ainsi que plus de 60 directions régionales des affaires culturelles (Drac).

Le beau livre rassemble plus de 200 créations visuelles d’une cinquantaine d’artistes et illustrateurs de presse utilisées pour soutenir le combat des femmes. Il donne aussi une chronologie des évènements depuis la révolution iranienne de 1979 qui a transformé le pays en république islamique. Seize chapitres reviennent ainsi sur les faits marquants, d’abord illustrés par des photos de presse avant d’être mis en perspective par des affiches créées en réponse. Le recueil propose également des éclairages de la conservatrice au musée d’Art moderne, Odile Burluraux, ainsi qu’un entretien entre le collectif des graphistes iraniens et iraniennes, Julien Sirjacq, professeur aux Beaux-Arts de Paris, et Hugo Vitrani, commissaire d’expositions au palais de Tokyo. Chaque texte est publié en trois langues : en français, en anglais – traduit par Susan Power, et en farsi – traduit par Hiva Delfam. L’engagement des Beaux-Arts de Paris éditions ne s’arrête pas à la seule publication de ce titre. « Pour chaque ouvrage vendu (à 35 euros, ndlr), 5 euros seront reversés à l’Atelier des artistes en exil et à des associations en soutien aux artistes iraniens », affirme la directrice Pascale Le Thorel.

 

TROPHÉE DE LA VALORISATION DU FONDS : Denoël, Total Cendrars 

Pour comprendre l’histoire qui lie Denoël à Blaise Cendrars, il faut remonter 80 ans en arrière. À cette époque, l’éditeur fait évènement en réunissant pour la première fois sous son nom les œuvres complètes de l’écrivain voyageur. Entre 1960 et 1964, huit volumes paraissent, habillés d’une couverture verte cartonnée. Mais l’ensemble vieillit au fil des années. De 2001 à 2006, une nouvelle collection prend la relève sous un titre emprunté au poète : « Tout autour d’aujourd’hui » (TADA). Préfacée, annotée, accompagnée d’inédits et d’une abondante iconographie, elle constitue la première édition critique des œuvres complètes de Blaise Cendrars. C’est cette collection que Denoël remet au goût du jour en 2022 grâce à la supervision du grand spécialiste de Cendrars, Claude Leroy, qui actualise et révise chaque tome.

Le designer Philippe Apeloig y ajoute une touche de modernité en proposant une conception graphique repensée. Grâce à un jeu de couleurs et de formes, chaque couverture peut se lire comme une lettre, l’ensemble composant le nom et le prénom de l’auteur. En parallèle, Denoël fait paraître une édition en fac-similé de La fin du monde filmée par l’Ange N.-D., un texte hybride entre roman et scénario dans lequel Blaise Cendrars retrace la fin du monde moderne en 55 séquences. Ce grand album, riche des illustrations cubiques de Fernand Léger, n’avait jamais été réédité depuis sa dernière publication aux éditions de la Sirène en 1919. « Ces parutions s’inscrivent dans un projet éditorial au long cours voué à mettre à l’honneur l’écrivain », explique Dorothée Cunéo, directrice des éditions Denoël.

Pour compléter cette première percée dans l’œuvre de l’auteur, la maison a sorti en octobre 2023 une réédition de luxe de La banlieue de Paris, le premier album de Robert Doisneau comportant un long texte de Cendrars. Publié originellement chez Seghers en 1949 puis réédité chez Denoël en 1983, cet album était devenu introuvable. « Nous souhaitons créer dans les années à venir un véritable écosystème Cendrars », complète Dorothée Cunéo, dont les futurs projets concernent la parution d’autres beaux livres, de volumes folio, d’un roman graphique et d’une série de conférences thématiques. 

 

TROPHÉE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE : La Baconnière, Le vert paie 

Comment produire les ouvrages les plus verts possibles ? La maison suisse La Baconnière a expérimenté le cradle to cradle (C2C) – « du berceau au berceau »– pour l’impression de La mer déchaînée d’Achab. Une histoire naturelle de Moby Dick de Richard J. King (2023, traduit par Thierry Gillybœuf). La Baconnière a ainsi fait appel à l’imprimerie familiale Vögeli en Suisse allemande, la première au monde, en 2019, à obtenir la certification C2C et qui reste à ce jour l’une des rares à proposer cette solution écologique. Papiers et encres sont « compostables et neutres en CO2 », explique la directrice de La Baconnière, Laurence Gudin. Les papiers proviennent de sylvicultures renouvelables européennes et certifiées C2C. Les encres utilisées sont également certifiées et non toxiques. Par ailleurs, l’entreprise est autonome en eau et énergie, grâce à des panneaux solaires. « Il n’y a que les transports des matières premières qui ne soient pas entièrement propres », précise Laurence Gudin. Pour parvenir à cette fabrication « entièrement neutre du point de vue des rejets de CO2 », l’éditrice a obtenu une bourse « Projet de transformations » du canton de Genève. Un soutien nécessaire : « L’impression nous a coûté plus du double de ce qu’elle nous aurait coûté chez notre imprimeur habituel. Il est donc impossible de réitérer cette expérience sans subvention », pointe l’éditrice.

 

TROPHÉE DE LA CONCEPTION ARTISTIQUE : Éditions 2024, Made from Asia

836 pages qui font revivre les centaines de gravures réalisées par les plus grands noms de l’école Utagawa et de l’école d’Hokusai. Voilà le travail derrière La pérégrination vers l’Ouest paru en novembre dernier chez 2024. Publié en Chine au XVIe siècle, La pérégrination vers l’Ouest fait partie des « Quatre livres extraordinaires » qui façonnent la culture chinoise classique. Une source d’inspiration pour des auteurs comme Akira Toriyama, le père de Dragon Ball. Tout aussi mythique que son contenu, l’édition japonaise la plus célèbre du texte contient 250 gravures, dont une dizaine en couleurs commandées par des libraires d’Ōsaka entre 1806 et 1837. C’est de cette édition que s’est emparée la maison 2024.

Édité sous la direction scientifique de l’historien de l’art Christophe Marquet et sous le regard du graphiste Erwan Chouzenoux, l’ouvrage a demandé un important travail de nettoyage. « L’équipe s’est appuyée sur les éditions japonaises de l’époque d’Edo, en reprenant par exemple l’idée de blancs de tête, de pied et d’un grand fond relativement fins. On retrouve aussi un petit fond serré permettant de reconstituer une lecture en double page des illustrations. ». L’ouvrage est ponctué de courts cahiers proposant des détails agrandis. « Ces pages permettent de forcer le regard sur des détails apparemment anodins, et de se repérer lorsqu’on regarde le bloc fermé, en créant de fines lignes sombres, par opposition à l’ensemble des autres pages, sans aucun fond perdu, parfaitement blanches », complètent Simon Liberman et Olivier Bron, éditeurs aux éditions 2024.

 

TROPHÉE DE LA FABRICATION DU LIVRE : Gallmeister, Coffrets aux trésors

Tombés dans le domaine public, les classiques de la littérature se trouvent aisément sur internet ou dans des livres parfois fragiles. Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, veulent leur rendre leurs lettres de noblesse, « en leur offrant un écrin à la hauteur de leur qualité littéraire », brode joliment la maison aux neuf salariés, qui a notamment publié Les aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn de Mark Twain, Orgueil et préjugés de Jane Austen ou encore Le comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Une lecture de qualité passe d’abord par une bonne traduction, qui commence par le choix d’une édition originale de référence. Le traducteur, supervisé par un réviseur, se garde ensuite d’imposer son propre style. Contrairement, illustre Gallmeister, à Baudelaire traduisant Edgar Allan Poe, ou à d’autres auteurs transcrivant les mots de l’auteur seulement en français soutenu. Il est également arrivé que le texte original soit coupé, comme Les frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski, amputé de 200 pages ! Ensuite, on choisit la forme des mots. Étape cruciale pour une collection baptisée « Litera », qui signifie « caractère d’imprimerie » en russe.

La police a ainsi soigneusement été pensée pour sa lisibilité – Mrs Eaves XL Serif en corps 11, pour tout vous dire. Élégante. L’équilibre entre l’encrage doux et la teinte ivoirée du papier permet une lecture même dans la pénombre – mais on évitera. Le papier bible utilisé se veut robuste et opaque. Sans acide ni pâte de bois, il ne jaunira pas, promet l’éditeur, qui vante « un toucher lisse et soyeux, faisant de la lecture une expérience sensuelle ». Qui pense encore que lire n’est qu’une froide activité cérébrale ? Côté mise en page, on notera les marges suffisamment larges pour que le pouce ne cache pas le texte. Le lecteur peut sinon poser le livre à plat, sans feuilles qui batifolent en éventail. Gallmeister a fait le choix de disposer les notes en bas de page et non à la fin du livre, pour éviter les allers-retours « qui cassent le rythme de lecture », estime-t-il. Pour terminer, il faut un livre solide : donc des cahiers fermement cousus, une couverture semisouple en toile qui ne ridera pas avec le temps, et un étui de protection en carton souple. Deutsche Qualität: les livres sont imprimés et reliés de manière artisanale en Allemagne, et mis en coffret en Normandie. L’ensemble reste léger. Pratique : un signet en tissu, et une couleur propre à chaque ouvrage pour le repérer rapidement dans une bibliothèque. Le tout dans un format compact (12 × 19 cm), pour une bonne prise en main. Facile à glisser dans un sac. Costaud, chic, sexy. 

 

TROPHÉE DE L’INNOVATION NUMÉRIQUE : Hachette Livre, Les nouveaux mondes

C’est une manière insolite d’attiser la curiosité de nouveaux lecteurs : en mettant en scène les livres dans un univers virtuel où les internautes peuvent contrôler leur avatar. Et c’est le projet réalisé en 2023 par la direction du développement et de l’innovation d’Hachette Livre, en collaboration avec PowerZ, une start-up de jeux vidéo éducatifs lancée en 2021, et dont Hachette Livre est actionnaire minoritaire. Dans le jeu PowerZ, les joueurs de 6 à 12 ans doivent explorer un monde, résoudre des énigmes, décorer des maisons, s’occuper de leur créature de compagnie… L’interface, développée pour le leader de l’édition, consiste quant à elle à immerger l’utilisateur dans l’univers d’un auteur. Sans avoir besoin de casque de réalité virtuelle: seulement d’un ordinateur, d’un réseau wifi (pour se connecter à https://audeladespages.live/) et d’une adresse mail (pour l’inscription). La simulation est accessible gratuitement à l’occasion d’évènements poncutels, en temps réel.

Le premier a eu lieu lors du festival Au-delà des pages, les 3 et 4 juin 2023. L’idée était de donner une visibilité aux maisons d’édition jeunesse d’Hachette Livre. Deux titres ont alors été déclinés en simulation spatiale en 3D. L’un sous la forme d’un documentaire sur la fonte des glaciers, inspiré du Dernier ours (Rageot) de Charlotte Bousquet. L’autre offrant comme une visite muséale dans un cadre inspiré de Panique dans la mythologie (Rageot), écrit par Fabien Clavel, lequel a joué les guides le jour J. Rebelote lors de la rentrée littéraire, cette fois pour une communication ciblant les libraires : devant l’Acropole d’Athènes recréée virtuellement, Andrea Marcolongo, l’autrice de Déplacer la lune de son orbite (Stock), dialoguait avec Lord Byron, joué par Manuel Carcassonne, son éditeur. L’internaute pouvait ensuite déplacer son personnage devant des kiosques parisiens pour découvrir les couvertures des livres à paraître. Hachette présente ce monde virtuel interactif comme « une nouvelle manière pour les auteurs d’aller à la rencontre de leurs lecteurs ». Pour les lecteurs, c’est « une nouvelle voie d’accès à la lecture ». Sans être directement renvoyé vers une boutique en ligne.

 

TROPHÉE DE LA PROMOTION DU LIVRE : Glénat, Nuits pirates

Éditeur français de la célébrissime saga du pirate Luffy, Glénat a proposé sa deuxième « Nuit One piece » à l’occasion de la sortie en avant-première du tome 105 et du spin-off Sanji’s food wars!, le 29 septembre dernier. En 2023, 475 librairies en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg ont participé, soit 100 de plus que pour la première édition. Pour accompagner les libraires, Glénat a mis en place un site web dédié avec une interface professionnelle, distribué un « kit d’exposition » avec des reproductions géantes de planches et constitué puis distribué un livret d’activités et un quizz One piece.

Des influenceurs fans de la série comme l’auteur du webtoon Arena, Chef Otaku, furent envoyés partout en France soutenir l’évènement en librairie et relayer la soirée sur les réseaux sociaux. La nuit a été ponctuée par une émission live de trois heures en partenariat avec l’équipe de la chaîne Manga Sûr, gratuite et disponible sur Twitch, la maison a offert un ensemble de goodies directement inspirés de l’univers du pirate, comme la distribution gratuite de « berry », la monnaie de la saga, ou la création d’un filtre Instagram « Wanted ». Une pochette de reproductions de planches était également offerte à l’achat du tome 105 pendant l’évènement. Et 57 000 exemplaires de ce volume ont été vendus en deux jours. 

 

COUP DE CŒUR DU JURY : Pocket, Les bouquins du cœur

Un recueil de treize nouvelles inédites au profit des Restos du cœur vaut bien… un coup de cœur du jury. Chaque année depuis dix ans, Pocket édite un nouveau recueil 13 à table !, selon un thème choisi : l’amitié, le voyage, le premier amour, la planète et moi… Et en vend environ 185 000 exemplaires, en versant l’intégralité des recettes à l’association fondée par Coluche il y a quarante ans, qui a globalement distribué 171 millions de repas sur l’année 2022-2023. En une décennie, cette collection a rassemblé cinquante auteurs de toutes maisons d’édition, comme Françoise Bourdin, Alexandra Lapierre, Marc Levy, Jean-Paul Dubois, Douglas Kennedy, Michel Bussi, Agnès Martin-Lugand, Olivia Ruiz… et même Thomas Pesquet. À qui il faut ajouter des influenceurs comme Manon Pasquier (439 000 abonnés sur Instagram), lisez_en_moi (13300), à grands renforts du hashtag #BookTok. Sans oublier des illustrateurs de renom : Sempé, Plantu ou Riad Sattouf, auteur de la couverture de la dernière édition. Laquelle marque le passage de 5 à 6 euros (et 6,99 euros en ebook). De quoi offrir quatre repas par livre. Près de 7,4millions distribués à ce jour.

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