Avant-critique Récit

Gwenaëlle Abolivier, "La forme du fleuve" (Le Mot Et Le Reste)

Gwenaëlle Abolivier - Photo © Bertrand Béchard

Gwenaëlle Abolivier, "La forme du fleuve" (Le Mot Et Le Reste)

Gwenaëlle Abolivier met ses pas dans ceux de l'auteur des Eaux étroites et ressuscite son souvenir à travers ses amis.

Par Jean-Claude Perrier
Créé le 27.04.2023 à 14h00 ,
Mis à jour le 27.04.2023 à 17h32

La canne de Gracq. La journaliste, bourlingueuse et productrice de radio Gwenaëlle Abolivier possède toute la légitimité voulue pour écrire, non point tant sur Julien Gracq, que dans les pas, sur les traces de l'écrivain. Depuis un an, elle est la nouvelle directrice artistique de la maison, devenue résidence d'écrivains, où il a habité toute sa vie jusqu'à sa disparition en 2007, à Saint-Florent-le-Vieil, commune de Mauges-sur-Loire. Une région qui vit, respire, voyage au rythme du fleuve. Ici, « nul n'est censé ignorer la Loire ».

La narratrice s'approprie donc la terre gracquienne, notamment ces innombrables îles qui mosaïquent le cours de la Loire : l'île Kerguelen (rien à voir avec les autres), ou encore l'île Batailleuse, la préférée de l'auteur des Eaux étroites, là où commence officiellement la Bretagne. Cela nous vaut des pages poétiques, un peu alambiquées. On avoue leur préférer celles où la journaliste reprend les choses en main, et confesse un personnage d'exception, l'ancien inspecteur de police Claude M., de Romans-sur-Isère, bibliophile fan de Gracq devenu libraire. Il l'a rencontré en 1992, ils sont devenus amis et ne se sont plus quittés jusqu'en 2007. Quelques mois avant sa mort, ils sont encore allés faire une virée dans le Layon tout proche. « J'ai épousé Gracq », dit Claude M. En revanche, une énigme demeure : où est passée la canne dont se servait l'écrivain, héritée de son père Emmanuel ? Que fait la police ?

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