ETATS-UNIS

Les auteurs américains en voie de paupérisation

Les auteurs américains en voie de paupérisation

La Guilde des auteurs américains a mené une étude sur les revenus des auteurs américains, et révèle qu’ils se situent en dessous du seuil de pauvreté et gagnent moins qu’en 2009, date de la précédente étude. 

Par Claude Combet
avec Publishers Weekly Créé le 14.09.2015 à 19h07

"Une majorité des auteurs vivent en dessous du seuil fédéral de pauvreté", c’est ce qui ressort de l’étude menée par la Guilde des auteurs américains, qui sera dévoilée cette semaine, et dont notre confrère Publishers Weekly a eu la primeur.

56% des auteurs se situent en dessous du seuil fédéral de pauvreté et gagnent moins de 11670 dollars (10312 euros) par an. L’étude montre que beaucoup d’auteurs gagnent peu mais aussi qu’ils gagnent moins qu’en 2009, date de la précédente étude menée par la Guilde.

Le revenu moyen des écrivains est passé de 10500 dollars (9278 euros) en 2009 à 8000 dollars (7068 euros) en 2014, soit une baisse de 24%. Les auteurs vivant uniquement de leur plume déclarent une chute de 30% de leurs revenus (17500 dollars, 15460 euros) et les auteurs à temps partiel de 38% (4500 dollars, 3975 euros).

Cette baisse de revenus est due à une conjonction de facteurs explique la Guilde: le piratage en ligne, la baisse des à-valoirs, la montée d’Amazon et la chute des librairies en "dur" ("brick and mortar bookstores").

"Les auteurs devraient recevoir des droits plus élevés de la part des éditeurs. Ils devraient toucher des revenus plus équitables ou nous verrons baisser la qualité de ce qui fait la base de notre industrie" a commenté Mary Rasenberger, administratrice de la Guilde.

1674 auteurs membres de la Guilde, dont 1406 auteurs à temps plein ou partiel ont répondu à cette étude conduite ce printemps par le Codex Group.

Autre résultat de l'étude, l'âge moyen des auteurs en activité augmente: 89% d’entre eux ont plus de 50 ans et 64% sont en fin de carrière.

Le numérique n’étant que balbutiant en 2009, les revenus issus du numérique sont encore peu significatifs en 2014. Mais la Guilde note que les auteurs sont plus nombreux à défendre une double approche de leur métier. Si seulement 4% d’entre eux se contentent de l’auto-édition, 33% panachent les pratiques et déclarent avoir auto-édité au moins un livre. "Les auteurs commencent à considérer l’auto-édition comme un moyen de faire connaître des projets qui n’ont pas été retenus par les maisons d’édition traditionnelles" souligne la Guilde, qui s'appuie sur cette étude pour défendre la cause des auteurs.

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