Salon du livre de Paris

Philippe Picquier et Huang Yuhai jouent au ping-pong

Philippe Picquier et Huang Yuhai. - Photo © Dion / Piault/LH

Philippe Picquier et Huang Yuhai jouent au ping-pong

Les P-DG des éditions Philippe Picquier et de la maison privée chinoise Shanghai 99 ont confronté leurs pratiques professionnelles lors du séminaire franco-chinois organisé au Salon du livre de Paris. 

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Par Fabrice Piault
Créé le 21.03.2014 à 19h14

Une cinquantaine d’éditeurs chinois et français ont participé, vendredi 21 mars 2014 en marge du Salon du livre de Paris, dont Shanghai est la ville invitée, au séminaire bilatéral organisé par le Bureau international de l’édition française (Bief) et les autorités chinoises.

Co-animé par le directeur général du Bief, Jean-Guy Boin, et par Shi Hongjun, la réunion a vu le P-DG de Grasset, Olivier Nora, restituer l’histoire du droit d’auteur en France, la secrétaire générale d’Albin Michel, Agnès Fruman, expliquer le cadre juridique du développement du numérique, et plusieurs éditeurs shanghaiens décrire leur activité. 

Le dialogue en forme de jeu de ping-pong auquel se sont livrés Philippe Picquier, P-DG des éditions du même nom, et Huang Yuhai, P-DG de la maison privée Shanghai 99, qui ont confronté leurs pratiques professionnelles respectives, a toutefois marqué une rupture avec le caractère un peu formel de la rencontre.

A Huang Yuhai, qui lui demandait d’emblée s’il était “rentable de publier des auteurs chinois en France”, Philippe Picquier a répondu que c’était “plus facile aujourd’hui où certains comme Mo Yan ou Wang Anyi réalisent des ventes cumulées de 20000 exemplaires” que dans les années 1990 où il a commencé à éditer des écrivains chinois.

L’éditeur français a ensuite interrogé son confrère chinois sur l’existence d'une “politique d’auteurs” en Chine. “Nous la menons sur la durée, comme par exemple avec Le Clézio, dont les ventes progressent d’année en année”, a répondu Huang Yuhai, qui a demandé à Philippe Picquier s’il était “vrai que le lectorat français s’intéressait moins aux classiques chinois”.

“Le lectorat a changé et c’est une bonne chose, a confirmé le Français. Il y a 20-30 ans, les gens qui s’intéressaient à la littérature chinoise étaient des spécialistes, et le public était très limité. Depuis une dizaine d'années, les lecteurs acceptent la diversité de la littérature chinoise”. Cependant, “les auteurs chinois sont-ils traduits dans le monde ailleurs qu’en France?” s’est-il inquiété? “Nous essayons”, a répondu Huang Yuhai.

Le P-DG de Shanghai 99 a aussi demandé laquelle des différentes littératures asiatiques publiées par Philippe Picquier a le plus de succès en France. “Le Japon est en tête tout simplement parce qu’ils ont une importante histoire littéraire, qui ne s’est jamais interrompue, a admis l'éditeur français. 25 ans, pour la Chine, c’est encore court pour construire un réseau d’éditeurs et de lecteurs”.

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