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Roselyne Bachelot nommée ministre de la Culture

Roselyne Bachelot - Photo Remy Jouan - CC BY-SA 3.0

Roselyne Bachelot nommée ministre de la Culture

L’ancienne ministre de la santé de Nicolas Sarkozy reconvertie en animatrice télé succède à Franck Riester, resté moins de deux ans rue de Valois. Elle devra veiller au redressement de la filière livre et faire face à la grogne montante des artistes-auteurs.

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Par Nicolas Turcev
Créé le 07.07.2020 à 19h38

Roselyne Bachelot a été nommée, lundi 6 juillet, ministre de la Culture du gouvernement du Premier ministre Jean Castex par Emmanuel Macron dans le cadre du remaniement post élections municipales. Elle succède à Franck Riester, qui occupait le poste depuis le départ de Françoise Nyssen du gouvernement en octobre 2018. L'ancien locataire de la rue de Valois est nommé ministre délégué au commerce extérieur.

Une carrière à politique à droite

Ancienne ministre de la Santé et des Sports de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, Roselyne Bachelot s'était depuis retirée de la vie politique pour devenir animatrice télé et radio. Elle a été chroniqueuse dans l'émission "Le grand 8" sur D8 de 2013 à 2016, qu'elle présentait occasionnellment, avant d'animer son propre programme, "100% Bachelot", diffusé sur les ondes de RMC. Elle intervenait également depuis 2015 dans l'émission "Les grosses têtes", sur RTL.Passionnée d'opéra, elle tient une chronique régulière dans la matinale de France musique.

La pharmacienne s'est très tôt engagée en politique avec l'appui de son père, député gaulliste. Ancienne secrétaire générale du RPR, députée de 1998 à 2002, députée européenne de 2004 à 2007, elle a été ministre de l'Ecologie et du développement durable de 2002 à 2004.

Elle a écrit de nombreux ouvrages politiques, un essai sur Verdi et un récit autobiographique, Corentine, paru chez Plon en 2019.

Un secteur à relever

Roselyne Bachelot devra veiller au redressement de la filière livre, durement touchée par le confinement. La moitié des éditeurs anticipent un chiffre d’affaires en baisse de 20% à 40% en 2020 selon un sondage du Syndicat national de l’édition, et les ventes en librairie, quasiment nulles pendant plusieurs mois, restent en berne depuis le déconfinement.

Cette nomination intervient quelques jours après le déblocage par l'Assemblée nationale de 36 millions d'euros pour soutenir les entreprises du livre, dans le cadre du troisième budget de finances rectificatives pour 2020 lié à la crise sanitaire. Cette somme s’ajoute aux 40 millions d'euros de prêts alloués aux acteurs du livre par l’IFCIC et financés par l’Etat. Un plan de relance "à la hauteur" selon le Syndicat de la librairie française, que la ministre aura la charge d'appliquer.

Le coeur des auteurs à conquérir

La ministre devra également gagner la confiance des artistes-auteurs, déçus par les annonces consécutives au rapport Racine, dévoilé par Franck Riester au Festival de bande dessinée d'Angoulême dans le cadre de l’année de la BD. La profession demande toujours une réforme structurelle de son statut afin d’obtenir plus de droits et de corriger les dysfonctionnements administratifs liés aux spécificités du régime social des auteurs.
 
Surtout, elle compte sur l’intervention de l’Etat pour rééquilibrer le rapport de force entre auteurs et éditeurs grâce, notamment, à la mise en place d’un minimum garanti de droits d’auteurs. Une piste esquissée par le rapport Racine mais écartée par Franck Riester. Malgré ces désaccords avec le précédent locataire de la rue de Valois, les concertations entre les associations d’auteurs et le gouvernement devraient rapidement reprendre afin de préparer les élections professionnelles au sein des artistes-auteurs, prévues d’ici 2021.

Les horaires étendus à confirmer

Du côté des bibliothèques, le prochain ministre de la Culture sera amené à se prononcer sur la pérennisation du financement par l'Etat des projets d’extension des horaires des établissements. Les communes comptent sur ces fonds pour préserver la bonne dynamique de fréquentation amorcée par ces mesures, soulignent les sénatrices Colette Mélot (Les Indépendants, Seine-et-Marne) et Sylvie Robert (Socialiste et républicain, Ille-et-Vilaine) dans un rapport enthousiaste sur les horaires étendus publié le 1er juillet.
 

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