3 points pour comprendre la situation inquiétante des auteurs québécois | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 26.11.2018 à 18h18 (mis à jour le 26.11.2018 à 19h00) Canada

3 points pour comprendre la situation inquiétante des auteurs québécois

Laurent Dubois, directeur général de l'UNEQ - Photo UNEQ/LAURENT DUBOIS

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (Uneq) publie les résultats d’un sondage auprès de ses membres visant à évaluer le niveau de vie des auteurs de la province.

L’Uneq publie, lundi 26 novembre, les résultats d’un sondage effectué auprès de ses membres portant sur le montant de leurs revenus sur l’année 2017. Au total, 521 auteurs ont répondu à l’association, qui s’alarme de la "situation particulièrement préoccupante" dans laquelle se trouvent les écrivains de la province. Etat des lieux en trois chiffres.
 
Moins de 3000 dollars canadiens
 
Le revenu littéraire médian des sondés est inférieur à 3000 dollars canadiens (2000 euros) par an, quand le revenu annuel médian des ménages dans la région s’élève lui à environ 60000 dollars canadiens (40000 euros) selon des chiffres de Statistique Canada datant de 2015. Le salaire moyen tiré du travail d’écriture est de 9169 dollars canadiens (6100 euros), laissant suggérer une forte influence des valeurs extrêmes dans le calcul. La plupart des répondants (90%), ont en tout cas déclaré que leur revenu lié au travail d’écriture se situait en dessous du seuil de 25000 dollars canadiens (16600 euros).
 
22% de revenus périphériques
 
Si la majorité des revenus des écrivains membres de l’Uneq sont principalement issus des droits d’auteur, les activités périphériques à leur métier d’auteur comme les ateliers, les conférences ou les lectures publiques, représentent 22% de leurs revenus totaux. Un constat à mettre en perspective avec la perte de revenus déclarée par 27% des répondants depuis 2014, en lien selon l’UNEQ avec la baisse de la redevance payée par la société de gestion collective des droits de reproduction Copibec. D’après l’association, cette diminution serait conséquente à l’introduction d’exceptions dans la loi fédérale sur le droit d’auteur, et serait compensée par les efforts des écrivains: 25% déclarent travailler plus qu'il y a trois ans pour pouvoir vivre de leur plume.
 
La loi S-32.01 "sans dents"
 
Au niveau provincial, l’UNEQ réclame une réforme de la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs, dite S-32.01. Laurent Dubois, directeur général de l’organisme, critique une "loi sans dents" qui "prive les écrivaines et écrivains du droit fondamental à la négociation collective. Aucune entente cadre n’existe dans notre secteur, ce qui nuit à la professionnalisation des écrivains et à leurs conditions d’écriture".

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