Alain Finkielkraut : huit livres qui comptent | Livres Hebdo

Par Marine Durand, le 27.01.2016 à 18h05 (mis à jour le 27.01.2016 à 19h00) académie française

Alain Finkielkraut : huit livres qui comptent

Alain Finkielkraut. - Photo CLAUDE TRUONG NGOC

Elu à l'Académie française le 10 avril 2014, Alain Finkielkraut entre sous la Coupole jeudi 28 janvier. L'occasion de lister les ouvrages les plus importants du philosophe médiatique et coutumier des polémiques.

Jeudi 28 janvier à 15h, Alain Finkielkraut sera reçu à l'Académie française. Elu sur fond de polémique le 10 avril dernier au fauteuil du romancier et dramaturge Félicien Marceau, le philosophe et écrivain prononcera son éloge, comme le veut la tradition, avant que l'académicien Pierre Nora ne se livre à la tout aussi rituelle réponse au nouvel immortel.

Personnalité clivante, souvent invité à débattre dans les médias, et perçu par ses détracteurs comme un néo-réactionnaire en raison de ses essais et prises de positions sur l'identité nationale, la laïcité, les banlieues ou l'école, Alain Finkielkraut a écrit ou co-écrit une trentaine d'essais et entretiens, d'abord publiés au Seuil puis principalement chez Gallimard et Stock. Plusieurs titres compilent également certains de ses entretiens menés dans l'émission Répliques, qu'il produit et anime sur France Culture depuis 1985. L'occasion de revenir sur huit titres phares de sa bibliographie.

Le nouveau désordre amoureux, avec Pascal Bruckner (Seuil, 1977, réédition Points en 1997)
Contre toute attente, c'est avec un essai sur l'amour et la sexualité qu'Alain Finkielkraut se fait connaître en 1977. Avec le romancier et essayiste Pascal Bruckner, il se livre à une critique du mythe de la révolution sexuelle post-mai 1968, s'attachant à démontrer "la tendance normalisatrice et donc totalitaire des théories de la sexualité", selon son éditeur, et qui s'achève sur une invitation à l'hédonisme.

Le Juif imaginaire (Seuil, collection "Fiction & Cie", 1980, réédition Seuil collection "Essais", 1983)
Prenant comme point de départ son identité de juif occidental non religieux, le philosophe, alors âgé de trente ans, analyse dans cet essai intimiste le "paradoxe d'une judéité définie par le malheur, un malheur dont le souvenir, le traumatisme, nous protégeaient contre tout antisémitisme", explique-t-il dans un entretien à l'Humanité en 2000.

Petit fictionnaire illustré (Seuil, collection "Points virgule", 1981, réédition Points collection "Le goût des mots", 2006)
Reprenant le travail entrepris en 1979 avec Ralentir: mots valises, l'auteur transmet ici son amour des mots, inventant et définissant une série de vocables imaginaires et poétiques. Une autre facette d'Alain Finkielkraut.

La défaite de la pensée (Gallimard, collection "Blanche", 1987, réédition Gallimard collection "Essais", 1989)
Publication phare dans l'œuvre de Finkielkraut, par son succès (40000 ventes selon GFK) et par la notoriété qu'elle vaut à son auteur, La défaite de la pensée interroge la notion de culture et son évolution, regrettant que soient nommées "culturelles" des activités où la pensée n'a plus sa place.

Le livre et les livres: entretiens sur la laïcité, avec Benny Lévy (Verdier, collection "Philosophie", 2006, Le livre de poche, collection "Biblio essais", 2007)
Avec le philosophe et écrivain Benny Lévy, qu'il a rencontré dans les années 1980 lors d'un reportage à Jérusalem, le futur immortel discourt sur la laïcité, chacun défendant son propre point de vue opposé en plein débat sur le voile islamique.

La querelle de l'école (Stock, collection "Les essais", 2007, Folio, 2009)
Retranscriptions de plusieurs émissions "Répliques" sur le thème de l'école, cet essai se propose d'analyser les causes et de proposer des remèdes à la crise qui touche le système éducatif, faisant participer une quinzaine d'intervenants parmi lesquels Natacha Polony ou le juriste Guy Carcassonne.

Un cœur intelligent : lectures (Stock, 2009, Folio, 2010)
Empruntant l'expression "un cœur intelligent" à Hannah Arendt, dont il est un grand lecteur, Alain Finkielkraut se livre à un exercice de critique littéraire, établissant une sorte de bibliothèque idéale allant de La plaisanterie de Milan Kundera à La tache de Philip Roth.

L'identité malheureuse (Stock, collection "Grise", 2013, Folio, 2015)
Composé de sept chapitres évoquant tour à tour l'immigration, l'identité nationale, les atteintes à la laïcité, la crise de l'école et les modes de vie contemporaines, L'identité malheureuse est probablement l'un des titres les plus décriés d'Alain Finkielkraut. Ses détracteurs y ont vu un essai anti-immigration, "subtilement dangereux" (Slate), d'autres une "défense intransigeante des idées qui lui sont chères" (Causeur). Il s'en est écoulé près de 130000 exemplaires entre le grand format et le poche (chiffres GFK).
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