Blake et Mortimer reviennent comme on ne les avait jamais vus | Livres Hebdo

Par Pierre Georges, avec AFP, le 27.05.2019 à 15h16 (mis à jour le 27.05.2019 à 16h00) Bande dessinée

Blake et Mortimer reviennent comme on ne les avait jamais vus

Photo BLAKE ET MORTIMER

Les deux héros imaginés par Edgar P. Jacobs reviennent, mercredi 29 mai, avec Le Dernier pharaon (Blake et Mortimer), un album dessiné par le Belge François Schuiten. 

On croyait Blake et Mortimer figés à jamais dans les années 1950. Dans Le dernier pharaon (éditions Blake et Mortimer), album qui paraît mercredi 29 mai, les deux héros imaginés par Edgar P. Jacobs ont vieilli tout en prenant un sacré coup de jeune. "L'éditeur de Blake et Mortimer me poursuivait avec ce projet depuis des années. Mais j'aurais été incapable de le faire dans “la ligne claire” (le style graphique popularisé par Hergé et Jacobs, ndlr). Je me suis dit qu'on pouvait rester fidèle à un auteur sans être dans le style de cet auteur", raconte à l'AFP le dessinateur belge François Schuiten, auteur notamment avec Benoît Peeters de la série "Les cités obscures".
 
Photo BLAKE ET MORTIMER
Pour réaliser cet album, François Schuiten a travaillé "durant quatre ans" avec trois complices: le cinéaste Jaco Van Dormael, l'écrivain Thomas Gunzig (qui ont participé au scénario) et l'illustrateur Laurent Durieux (qui a colorisé l'album). Le dernier pharaon, qui bénéficie d'un tirage exceptionnel de 230000 exemplaires, ne ressemble graphiquement à aucun autre album de Blake et Mortimer. Dans le même temps, c'est sans doute l'album le plus fidèle à l'univers d'Edgar P. Jacobs, le génial dessinateur disparu en 1987. 

Blake et Mortimer dans les années 1980

"On voulait retrouver les fondamentaux de Jacobs", souligne François Schuiten. Devenus vieux, les deux héros vont être amenés "à sauver le monde des dangers qui le guettent aujourd'hui". Mais "sauver le monde aujourd'hui ce n'est pas du tout sauver le monde dans les années 1950", insiste l'ancien lauréat du Grand prix BD d'Angoulême (2002). L'album est en résonance avec les préoccupations actuelles et nous interpelle quant à notre dépendance à la technologie. "Un autre monde est possible" proclame un des personnages de l'album.

Les premières pages de l'album nous ramènent à l'endroit où nous avions laissé les deux héros à la fin du Mystère de la Grande Pyramide. Après cette aventure, les années ont passé. Blake et Mortimer se sont progressivement éloignés de l'autre. Leur amitié s'est émoussée. Blake est accaparé par sa carrière. Mortimer, qui souffre de cauchemars récurrents, est devenu amer. L'un et l'autre se retrouvent pourtant à Bruxelles au début des années 1980 après que de mystérieuses radiations se soient échappées du palais de Justice entraînant la destruction des réseaux électriques et électroniques… Evacuée de ses habitants, Bruxelles est devenue une ville morte peuplée d'animaux sauvages… Du moins, le croit-on.
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