Tribune

Christophe Hardy : « La SGDL sert encore trop souvent de service après-vente à l’Urssaf-Limousin »

Christophe Hardy, président de la Société des gens de lettres - Photo Yann Bohac

Christophe Hardy : « La SGDL sert encore trop souvent de service après-vente à l’Urssaf-Limousin »

Dans une tribune signée par plusieurs personnalités, la Société des gens de lettres appelle l’Urssaf-Limousin à sortir les artistes-auteurs « une bonne fois pour toutes de l’insécurité sociale. »

Par Charles Knappek ,
Créé le 26.11.2021 à 17h59

Une nouvelle pierre dans le jardin de l’Urssaf-Limousin. Après un communiqué lapidaire de l’intersyndicale des artistes-auteurs rendu public le 17 novembre dernier, c’est au tour de la Société des gens de lettres (SGDL) de dénoncer dans une tribune les dysfonctionnements récurrents de l’organisme. Intitulé « Nous sortir une bonne fois pour toutes de l’insécurité sociale », le texte, signé par plusieurs personnalités du monde du livre, déplore le « tour désastreux » pris par le transfert, le 1er janvier 2020, de la gestion des cotisations des artistes-auteurs en direction de l’Urssaf-Limousin.

 

Déjà en octobre 2020, la SGDL avait alerté contre la « maltraitance administrative » des artistes-auteurs. « Un an plus tard, malgré des ajustements, malgré l’audit réalisé par le ministère des Affaires sociales dans le cadre du plan Auteurs lancé en mars dernier, la gestion de nos cotisations n’est ni assainie ni stabilisée », pointent notamment les signataires, qui réclament des « solutions pérennes » pour garantir la fin de l’insécurité sociale dans laquelle trop d’artistes-auteurs sont « enfermés ».

Depuis qu’elle a été chargée du recouvrement des cotisations sociales de l’ensemble des artistes-auteurs, l’Urssaf-Limousin est sous le feu des critiques : les artistes-auteurs lui reprochent les défaillances techniques du portail, des appels de cotisations exorbitants ou encore un langage jugé incompréhensible pour le commun des mortels.

S’il se déclare globalement satisfait des engagements pris par l’Urssaf Caisse nationale au terme d’une réunion organisée en urgence le 24 novembre avec les représentants des organisations professionnelles, le président de la SGDL Christophe Hardy rappelle néanmoins que l’Urssaf-Limousin doit améliorer la qualité de sa relation avec les auteurs. « La SGDL sert encore trop souvent de service après-vente à l’Urssaf-Limousin auprès d’auteurs désemparés », explique-t-il à Livres Hebdo. Si l’organisme a « certes réalisé beaucoup d’efforts » pour répondre aux interrogations des artistes-auteurs, notamment en termes d’accueil téléphonique, reconnaît-il, c’est encore trop souvent vers la SGDL que se tournent les auteurs quand leurs questions sont restées sans réponse.

Pour Christophe Hardy, le manque d’anticipation et de compréhension autour de la situation des artistes-auteurs demeure le fond du problème. « L’Urssaf-Limousin a opté pour le modèle des indépendants forfaitaires qui paient des cotisations décorrélées de leur chiffre d’affaires, sans tenir compte de l’extrême variabilité des revenus et des situations. Il serait plus juste de corréler les cotisations au chiffre d’affaires comme c’est le cas pour les micro-entrepreneurs », conclut-il. 

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