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Damien Giard, directeur du numérique chez Bayard : "Défendre le temps d'écran intelligent"

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Damien Giard, directeur du numérique chez Bayard : "Défendre le temps d'écran intelligent"

À l’occasion du « Safer Internet Day » (mardi 7 février), Livres Hebdo s’est entretenu avec le directeur du numérique de Bayard jeunesse, Damien Giard, qui défend un usage pédagogique et pondéré des écrans à destination des enfants et des parents. La maison développe actuellement deux applications mobiles payantes dédiées aux enfants de 3 à 10 ans.

 

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Par Adriano Tiniscopa
Créé le 01.02.2023 à 17h48 ,
Mis à jour le 01.02.2023 à 22h25

Livres HebdoDe quelle manière Bayard conçoit l'usage du numérique à destination des enfants ?

Damien Giard : Notre groupe média Bayard jeunesse a pour mantra d'être là où sont les enfants et d'accompagner les parents. Nous essayons également de nous distinguer des grandes plateformes nord-américains qui tentent au maximum de capter l'attention des utilisateurs. Nos applications proposent aux 3-10 ans des temps d'écran plus courts et en famille durant lesquels les enfants sont acteurs et non passifs. La règle d'or qu'avait fixé l'ex-CSA (Arcom) en 2008 vaut toujours pour les tablettes et les smartphones : pas d'écran avant 3 ans. Or, 15 % des parents seulement la respectent... Bayard est attaché à apprendre aux parents à mieux gérer ces pratiques. Depuis douze ans nous réalisons une étude intitulée « Junior Connect » avec Ipsos et depuis cinq ans, les temps d'écran ont devancé les temps de lecture papier : aujourd'hui, un enfant de six ans passe 6 h derrière un écran contre 5 h sur du papier.

 

Bayard développe deux applications mobiles payantes, BayaM et Maternelle Montessori. En quoi consistent-elles ?

BayaM est une application de Milan et Bayard lancée en 2017 et qui comptabilise des centaines de milliers d’utilisateurs. Elle se positionne sur le développement de l’enfant avec sa famille. Il y a de la vidéo, de l’audio, des jeux, des livres, des magazines, tous les héros des enfants (Tom-Tom et Nana, Toto, Ariol...) et toutes les marques de Milan et Bayard. Nous développons une nouvelle version pour cet été, avec plus de place laissé à l’audio, qui a été une demande des parents, et plus moderne. Nous souhaiterions que l’application puisse se connecter à d’autres objets, que ça devienne une « super télécommande ». Tous les mercredis, les parents reçoivent notre newsletter et une liste d'activités, en lien avec la nouvelle thématique hebdomadaire liée à l'actualité de l'enfance.

Quant à Maternelle Montessori, rachetée à Edoki, c'est une application qui se veut complémentaire de BayaM, portée sur l’apprentissage, compter, lire, les langues étrangères, coder... Avec la méthode Montessori, c'est-à-dire que l'enfant apprend à son rythme, dans une logique de jeu. L'application est disponible en huit langues (brésilien, chinois, espagnol, coréen, etc.) et compte plusieurs millions d'utilisateurs.

 

Quels sont les besoins de l’enfant face au numérique et comment les protéger de ses dangers ?

Pour commencer, j'estime que nous devons nous-mêmes avoir un comportement raisonnable et montrer l’exemple. L'écran n'est pas une nounou numérique mais un média de plus. Mais s'il y a trop de frustration chez l'enfant, celui-ci risque d'en faire un usage de manière boulimique, de devenir accro. Il y a donc un travail d’accompagnement, de formation et d’éducation nécessaire. À l'arrivée des plateformes nord-américaines (Youtube, Facebook, Instagram...), une captation de l’attention s'est opérée de manière invisible dont nous nous sommes rendu compte peut-être un peu tard. Il y a eu une période de fascination, puis de rejet, et à présent, un mouvement de balancier subsiste. C'est à nous éditeurs, d’accompagner, d’éduquer, et surtout de ne pas rentrer dans le jeu de la captation de l’attention car il faut un temps pour tout.

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