Décès de l'historien Gilbert Dagron | Livres Hebdo

Par Marie-Pauline Mollaret, avec Le Monde, le 19.08.2015 à 16h42 (mis à jour le 19.08.2015 à 17h00) Disparition

Décès de l'historien Gilbert Dagron

L'hippodrome de Constantinople, dernier ouvrage de Gilbert Dagron.

Spécialiste de l'histoire byzantine et auteur de nombreux essais, Gilbert Dagron s'est éteint à l'âge de 83 ans.

Né en janvier 1932 à Paris, Gilbert Dagron, historien spécialiste du monde byzantin, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et professeur honoraire au Collège de France, s'est éteint à Paris, a annoncé Le Monde. Il avait 83 ans.

De la parution de sa thèse de doctorat en 1974 (Naissance d’une capitale : Constantinople et ses institutions de 330 à 451) à celle de son dernier ouvrage en 2011 (L'hippodrome de Constantinople : jeux, peuple et politique, chez Gallimard), Gilbert Dagron s'est imposé pendant quarante ans comme le plus grand spécialiste français de la civilisation byzantine, dont il étudia les échos jusqu'à notre époque. 

En 2008, il recevait le premier prix de l’Essai de la Revue des deux mondes pour son ouvrage Décrire et peindre, essai sur le portrait iconique (Gallimard). Le jury s'était alors déclaré "sensible au fait que cette réflexion philosophique sur le portrait de l’Antiquité et l’art byzantin éclaire le débat idéologique actuel sur les rapports entre le sacré et l’image."

Chaire d'histoire et civilisation du monde byzantin

C'est encore tout jeune professeur, normalien fraîchement sorti de la rue d'Ulm et agrégé de lettres classiques, que Gilbert Dagron opte pour l'histoire et ce qui sera sa grande passion : Byzance. Les circonstances l'en éloigneront parfois : entre 1957 et 1964, il est tour à tour officier en Kabylie pendant la guerre d'Algérie, chargé de mission auprès de la direction générale des Affaires culturelles et techniques du ministère des Affaires étrangères, et attaché, puis conseiller culturel, auprès de l’ambassade de France à Moscou.

Mais il y revient pour sa thèse de 3e cycle L’Empire romain d’Orient au IVe siècle et les traditions politiques de l’hellénisme : le témoignage de Thémistios et bien sûr sa thèse de doctorat sur les institutions byzantines.

Avec son élection au Collège de France, il accède à la chaire d’histoire et civilisation du monde byzantin. En parallèle, il dirige le Centre d’histoire et de civilisation de Byzance fondé en 1972 par son directeur de thèse, Paul Lemerle, et contribue à l'enrichissement de la bibiothèque byzantine dont s'est dotée l'unité mixte de recherche qu'il conduit, réunissant le Collège de France, le CNRS et l’université Marc-Bloch de Strasbourg.

Dans son dernier ouvrage L'hippodrome de Constantinople : jeux, peuple et politique, Gilbert Dagron s'était notamment intéressé au rôle des courses de chevaux dans la capitale byzantine et à la manière dont l'hippodrome résumait à lui seul toute l'histoire de la cité du IVe au XIe siècle. Livres Hebdo évoquait à l'époque dans une avant-critique une "façon originale" de raconter Byzance. Celle qu'au fond il avait toujours eue. 


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