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Des écrivains s’engagent pour "le Liban des Lumières"

La Bibliothèque nationale du Liban

Des écrivains s’engagent pour "le Liban des Lumières"

Près de 150 créateurs et intellectuels internationaux ont signé une tribune dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour pour " lutter contre l’obscurantisme" et "défendre les libertés d’expression et de création".

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Par Alexiane Guchereau,
Créé le 10.08.2020 à 17h16,
Mis à jour le 10.08.2020 à 18h00

Un collectif composé de près de 150 écrivains, créateurs et intellectuels libanais ou "amoureux du Liban" manifestent "leur refus de se résigner à la perte du Liban des Lumières" dans une tribune publiée dans le quotidien francophone libanais L’Orient, le Jour . "Sa disparition signifierait l’extension de l’aire de l’intolérance, de l’oppression, de la terreur et des pulsions communautaristes incontrôlables" alertent les signataires, moins d'une semaine après l'explosion dans le port de Beyrouth qui a fait plus de 150 morts et aggravé les tensions sociales et politiques dans le pays.
 
Les pétitionnaires, dont le philosophe Edgar Morin, l'éditeur Jean Mouttapa (Albin Michel) ou encore l'écrivaine Leïla Slimani, souhaitent soutenir "le mouvement de la société civile qui va continuer à se battre pour un nouveau Liban, où il redeviendra possible d’établir un véritable État de droit, garantissant à tout un chacun les droits et les libertés d’une citoyenneté pleine et entière". Ils redoutent en outre les lourdes conséquences de "l’effondrement du système économique" et de la régression de la situation sociale et culturelle sur la création et la liberté d’expression dans l’ensemble du Proche Orient. Les signataires appellent à rejoindre la Charte de salut national, une organisation qui milite pour la reconstruction du champ politique libanais.
 
"Pire que la guerre civile"

L'explosion d'un stock de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, le 4 août, dans le port de Beyrouth, a ravivé la colère sociale initiée le 17 octobre 2019. Une insurrection populaire historique avait éclaté au Liban à la suite de l’annonce de nouvelles taxes sur les cigarettes, l’essence, et surtout sur les appels effectués par l’application Whatsapp.

"Des dizaines de milliers de participants, la jeunesse en tête, ont exprimé avec force le besoin d’un changement radical des mœurs politiques et l’arrêt de la dilapidation des biens publics" rappellent les auteurs de la tribune. Ils soulignent également que "le sinistre qui vient de frapper Beyrouth et a endeuillé le Liban est intervenu alors que le pays traversait déjà un moment des plus sombres de son histoire, pire que celui qu’il a connu lors de la guerre civile de quinze ans", qui s’est déroulée entre 1975 et 1990.

La crise continue de s'accentuer au Liban. Des milliers de manifestants se rassemblent chaque jour dans le centre-ville de Beyrouth où une partie d'entre eux s'affronte avec la police. Les protestataires réclament le départ de leurs dirigeants, qu'ils accusent de corruption et d'attentisme. Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, doit annoncer, le 10 août dans la soirée, la démission de son gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées alors que quatre membres du gouvernement ont déjà quitté leurs fonctions depuis l'explosion meurtrière dans le port de Beyrouth.

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