Devedjian renvoie sa directrice de cabinet, auteure de Le Monarque, son fils, son fief | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec vt, avec afp, le 26.06.2012

Devedjian renvoie sa directrice de cabinet, auteure de Le Monarque, son fils, son fief

Marie-Célie Guillaume et Patrick Devedjian

L'UMP demandait de sanctionner Marie-Célie Guillaume, qui révèle dans son livre (ed. du Moment) les coulisses du pouvoir dans les Hauts-de-Seine, fief de Nicolas Sarkozy.

Selon Le Parisien, Patrick Devedjian a annoncé mardi qu'"il sera mis fin aux fonctions" de sa directrice de cabinet Marie-Célie Guillaume, auteure du livre Le Monarque, son fils, son fief - Hauts-de-Seine : chronique d'un règlement de comptes (éd. du Moment), paru il y a deux semaines, qui relate la guerre entre son patron, président du conseil général des Hauts-de-Seine, et Nicolas Sarkozy.

Sous des apparences de fable politique, l'essai, à la fois fiction et critique de la "Sarkoland", décrit les coulisses de la "Principauté" où les relations tendues entretenues par Patrick Devedjian, appelé "L'Arménien", et le "Monarque", alias Nicolas Sarkozy, sont envenimées par l'ambition du "Dauphin", c'est-à-dire Jean Sarkozy. Le livre est classé 3e meilleure vente d'essais selon le classement Ipsos/Livres Hebdo à paraître cette semaine.

Mardi dernier, le bureau politique de l'UMP des Hauts-de-Seine avait demandé à M. Devedjian de sanctionner sa plus proche collaboratrice, considérant que les "attaques récentes, au travers d'un ouvrage ou de déclarations de presse, doivent être condamnées avec une extrême sévérité".

Comme le président du conseil général s'y était alors engagé auprès du bureau, "il sera mis fin aux fonctions" de Marie-Célie Guillaume "suspendue sans traitement depuis le 14 juin (date de parution du livre, ndlr)", a-t-il affirmé mardi.

Pour autant, il s'est gardé de donner une date: "Il y a un Code du travail. Un président du conseil général a le devoir de le respecter comme tout un chacun".

Le livre servirait de prétexte pour déclencher des maneouvres politiques

Patrick Devedjian estime que ce livre "est un prétexte", affirmant ne pas savoir "si les manoeuvres sont dirigées contre le livre ou contre (lui)". Le président du conseil général fait face à l'opposition d'une grosse partie des élus de sa majorité, parmi lesquels Jean Sarkozy. "Après le livre qu'elle a écrit, qui est sa liberté mais qui en même temps a des conséquences, comment peut-elle avoir des débats avec des élus du conseil général qu'elle a cités dans son livre ? C'est devenu tout à fait impossible", a expliqué sur Canal+ l'ancien ministre, refusant un rôle de "censeur".

"Il y a déjà eu Neuilly, l'Epad puis tous les problèmes pendant plusieurs années au conseil général... et ça continue. (Jean Sarkozy) aurait tort de me prendre pour David Martinon", (ex-porte-parole de l'Elysée et candidat à la mairie de Neuilly lâché en pleine campagne par l'UMP), a prévenu le député-maire d'Antony.

Lors d'une réunion lundi des élus de la majorité départementale (UMP-NC), 14 d'entre eux ont voté oui à la question "la confiance est-elle rompue entre la majorité et le conseil général", deux se sont abstenus et deux ont répondu non, a rapporté à l'AFP le conseiller général Eric Berdoati.

"Ce n'est pas tant le livre et ses critiques assez basses. Patrick Devedjian met le conseil général à feu et à sang depuis 2007. Le conseil général dysfonctionne. Soit il est capable de présenter un projet et on peut continuer à travailler, soit il deviendra un président minoritaire", a prévenu cet élu, maire UMP de Saint-Cloud

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