Disparition de Didier Comès | Livres Hebdo

© Catherine Henry

L'auteur belge de bande dessinée est décédé le 6 mars à 71 ans.

Auteur notamment de l'album culte Silence et devenu l'un des maître du noir et blanc, en bande dessinée, Didier Comès est décédé mercredi 6 mars à 71 ans, annonce son éditeur, Casterman.

De son vrai nom Dieter Herman, le dessinateur belge s'était fait connaître en 1973 avec son premier long récit en couleurs, Le Dieu vivant, une aventure d'Ergün l'Errant, tandis que L'ombre du corbeau, un récit onirique et fantastique avec pour héros un soldat allemand dans les tranchées de 14-18, publié en 1976 et 1977 dans le journal Tintin, dévoilait l'univers futur de l'auteur.

Dès 1979, Comès publie dans le magazine (A Suivre) Silence, qui sera son plus grand succès et lui vaudra la reconnaissance critique et publique. Le dessinateur y délaisse la couleur, approchant désormais le dessin à travers les masses du noir et du blanc, dans la plus pure filiation d'un Milton Caniff et en osmose avec son ami Hugo Pratt.

Suivent La Belette (1981-1982), Eva, huis-clos fantastique paru en 1985, L'Arbre-Coeur (1988), Iris (1991), La Maison où rêvent les arbres (1994), Les Larmes du tigre (2000) et Dix de Der (2006), dans lequel Comès revient le thème de la guerre (cette fois la seconde) qui lui tient particulièrement à coeur. A travers une oeuvre dominée par le noir et blanc et par des thématiques où coexistent le fantastique, le paganisme et la philosophie, Comès s'est imposé comme l'un des plus grands auteurs de bande dessinée belge de l'après-guerre.

Né pendant la Seconde Guerre mondiale à Sourbrodt, petit village germanophone du sud-est de la Belgique, Didier Comès y fréquente les dessinateurs de la région : Hausman, Deliège, Macherot et quelques autres. Dessinateur industriel dans une première vie, il s'intéresse à la fois à la bande dessinée et à la musique. Percussionniste de jazz semi-professionnel, il se lance dans la BD en 1969, pour le compte du Soir Jeunesse. Suivront l'édition belge de Pilote et le Journal de Spirou, pour de courts récits en compagnie de Paul Deliège.

L'importance de son oeuvre et son apport à l'histoire de la bande dessinée viennent d'être célébrés dans deux importantes expositions rétrospectives : « A l'ombre du Silence », au BAL, à Liège, en mai 2012 ; et à Angoulême en janvier 2013 dans le cadre du 40e Festival international de la bande dessinée.

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