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La consultation sur place plutôt que le prêt

“Il y a de plus en plus de continuité naturelle entre les supports physiques et l’offre numérisée, et nous constatons une très grande curiosité du public. Nous avons pensé qu’il était dans nos missions de donner la possibilité d’utiliser différents outils, de comparer et tester les fonctionnalités, en étant confortablement installés dans des fauteuils, dans un espace sans aucune pression commerciale. Etant donné le grand nombre d’inscrits à la bibliothèque (42 000), nous ne nous sommes pas lancés dans le prêt de liseuses. Nous avons mis en place un salon de lecture numérique, avec une quinzaine de tablettes, liseuses et smartphones (renouvelés régulièrement), présentant des contenus choisis par nous et une ouverture sur le Web. Le salon est très fréquenté et nous organisons aussi des séances avec un animateur. Du coup, dans la zone 11-14 ans que nous ouvrons fin mars, nous créons un espace avec tablettes et applications s’adressant à cette tranche d’âge."
Marine Bedel, directrice de la bibliothèque de Rennes Métropole
 

Assouplir notre position de principe

“Sur le principe, il ne me semble pas que nous ayons vocation à prêter du matériel. Nous préférons faire porter nos achats sur des contenus plutôt que sur des supports, assez coûteux et problématiques quant à la maintenance. Mais nous avons dû assouplir notre position parce qu’une partie de l’offre numérique ne peut pas être consultée à distance. Nous venons de décider d’acquérir 10 tablettes pour consultation sur place. Elles seront réparties sur 6 sites de lecture publique et un bibliobus. Nous ne ferons pas de prêt à domicile, car avec 30 000 inscrits, on ne saurait jamais suffire à la demande… Nous avons préféré les tablettes aux liseuses pour pouvoir proposer de la BD et avoir ainsi une offre en direction de la jeunesse."
Delphine Quéreux-Sbaï, directrice de la bibliothèque municipale de Reims
 

Dans notre rôle de médiation

“Nous nous sommes lancés dans le prêt de liseuses après une expérimentation menée avec le Motif : il y a une réelle demande des bibliothèques et une attente des lecteurs, qui préfèrent emprunter plutôt que consulter sur place. Les gens pensent à aller en bibliothèque pour s’intéresser aux technologies, cela contribue à donner une image moderne. Nous sommes dans notre rôle de médiation quand nous donnons aux citoyens la possibilité de découvrir et d’apprendre à utiliser des appareils qui s’ancrent dans nos sociétés. Nous nous déplaçons pour des formations auprès des bibliothécaires, qui peuvent ressentir un malaise face à des questions qui sont celles que l’on pose à la Fnac… Mais à 99 %, les bibliothèques sont partantes. Certes, l’achat a un coût et il faut renouveler ce matériel qui évolue. Et la question se pose : d’ici deux à trois ans, continuera-t-on à prêter ces appareils-là ? »
Laurent Matos, responsable du pôle technologies de l’information à la bibliothèque départementale des Yvelines


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