« Le prix Pascal doit couronner le meilleur texte jamais produit par une IA ». C'est en ces termes qu'Alexandre Gefen, directeur scientifique au CNRS, a révélé la création de cette distinction, lors d'une intervention pour Normandie Livre & Lecture, jeudi 15 octobre, sur le thème de l'IA dans la chaîne du livre. « Ce prix est une expérience ludique pour moi, il s'agit de voir ce que ça donne », indique encore Alexandre Gefen, qui sera membre d'un jury encore en cours de création, mais qu'il annonce présidé par Jacques Attali.
En pleine affaire Thélyson Orélien, qui s'est vu disqualifié du Goncourt en raison de soupçons d'utilisation de l'IA pour son roman, « le prix Pascal pose la question à voix haute : qu'est-ce qu'une œuvre quand l'auteur et la machine collaborent ? », selon le site du prix. Ouvert à toute la francophonie, pour des œuvres de 10 000 à 50 000 mots, sans éditeur requis, il récompensera chaque année une œuvre originale utilisant l'intelligence artificielle.
Une œuvre « utile » ou qui alerte
« Cette œuvre devra être utile, ou alerter, ou aider à résoudre d'une façon originale un des défis écologiques, sociaux et éthiques qui menacent l'humanité », est-il précisé sur le site, sans mention quant au caractère fictif ou non des œuvres attendues. À la clé, pour le lauréat : une dotation (sans plus de précision), et la publication du manuscrit.
Le prix Pascal, du nom du philosophe Blaise Pascal qui inventa en 1645 une machine à calculer, affiche par ailleurs cinq objectifs : « le dépassement pour le progrès de l'humanité », « la pratique de l'IA », « la France et l'IA », « l'inclusion culturelle par l'IA », et « la mesure de la littérature et l'IA ».
À noter que parmi les organisateurs de la récompense figure notamment Albin Serviant, fondateur de la Cortex House qui entend ouvrir, d'après plusieurs articles, une « Maison de l’IA » à Paris d'ici à la fin de l'année.
« Ce prix n'entérine pas du tout la bascule entre deux mondes qui seraient étanches, avec d'un côté le monde du prompté, de l'artificiel, et de l'autre le monde des écritures humaines, estime Alexandre Gefen. Je pense qu'il y a une gradation très intéressante qui va s'accentuer au fur et à mesure que les humains vont se nourrir de contenus artificiels. »
