Manifestations littéraires : un facteur majeur d’attractivité | Livres Hebdo

Par Michel Puche, le 16.01.2018 à 12h00 (mis à jour le 01.02.2018 à 15h23) étude

Manifestations littéraires : un facteur majeur d’attractivité

A Saint-Malo, devant le palais du grand large, lors du festival Etonnants voyageurs. - Photo PHOTO G. LE NY ETONNANTS VOYAGEURS

Grâce à une étude commandée par le Centre national du livre, on en sait désormais davantage sur le poids et l’impact des manifestations littéraires en France.

L’étude sur le poids et l’impact des manifestations littéraires dévoilée mardi 16 janvier au CNL montre que ce secteur est un acteur majeur de l’attractivité des territoires. On y apprend par exemple que le financement des Rendez-vous de l’histoire représente près de 10% du budget culture de la ville de Blois, que les bibliothèques commandent des livres à hauteur de 20000 euros dans le cadre du Printemps du livre de Grenoble ou que les Correspondances de Manosque ont enrichi leur programmation musicale afin de toucher un public plus jeune.
 
Dans leur ensemble, les réponses à cette enquête font apparaître des manifestations qui sont un facteur de notoriété pour un territoire, un outil de mieux vivre ensemble, une opportunité de renforcer les synergies entre acteurs locaux de la filière du livre et la concrétisation d’un enjeu politique pour l’accès de chacun au livre. Mais surtout elles apportent beaucoup au dynamisme économique local.

Au restaurant
 
21375 euros sont ainsi dépensés en médiane pour une manifestation sur le poste hôtellerie, restauration et transports pour les invités. A Mouans-Sartoux, le festival, qui accueille 60000 visiteurs pour 10000 habitants, réjouit les restaurateurs, qui réalisent en trois jours le chiffre d’affaires d’un mois normal. L’exemple d’Angoulême et de son festival international de la BD est significatif ; selon ses organisateurs, "pour 1 euro de subventions versé par les collectivités du Grand Angoulême, le FIBD génère 2,3 euros d’impact économique direct".
 
Vincent Monadé, président du CNL, commente: "Les résultats de cette étude sont clairs: collectivités, organisateurs, Etat… nous devons nous mobiliser pour assurer le développement des manifestations littéraires qui jouent un rôle essentiel. Le CNL augmentera son accompagnement aux manifestations qu’il soutient. C’est notre engagement." Et d’ajouter que le CNL, en 2018, augmentera de 15% son soutien pour garantir la pérennité des ressources financières de ces manifestations dans un contexte budgétaire plus contraint.
 
Dépenses de sécurité

Au-delà de ces chiffres, qui illustrent positivement la festivalisation croissante de la vie littéraire en France, deux perspectives se dessinent pour les années à venir. Il faudra garantir et sécuriser les ressources financières des manifestations; cela passe par un renforcement des partenariats avec le secteur privé. Et il faudra aussi assurer la sécurité de ces manifestations, une problématique nécessitant des niveaux croissants de compétence et de financement. Les dépenses de sécurité ont ainsi augmenté de 68% en trois ans, représentant un budget moyen de 13890 euros par manifestation, soit 2% de leur budget global.
 
Cette étude, déclinée en 70 questions, a été réalisée par le cabinet de conseil Pricewaterhouse Coopers (PwC). Elle porte sur un échantillon de 50 manifestations aidées par le CNL (sur 90, pour un montant total de subventions de 2 millions d'euros versés par le CNL), en excluant l’Ile-de-France, les 15 plus grandes villes de France et l’Outre-mer. Certaines d’entre elles ont fait l’objet d’un focus par le biais de rencontres avec les enquêteurs: le salon Epoque à Caen, les cafés littéraires de Montélimar, les Imaginales d’Epinal, le festival Est-Ouest à Die…

Souvent, les organisateurs ont souligné l'essoufflement du bénévolat, pourtant indispensable à tant de rendez-vous. Et parfois ils ont pointé une concurrence accrue pour l'obtention de certaines aides dans le cadre des nouvelles grandes régions, et donc pour d'autres subventions…

Le débat qui a suivi la présentation de cette étude a notamment permis à Vincent Monadé, président du CNL, d’envisager, pour 2019, des conventions triennales avec les manifestations soutenues afin de sécuriser leurs budgets.

www.centrenationaldulivre.fr

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