Mavis Gallant s'est éteinte | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 18.02.2014 à 23h06 (mis à jour le 19.02.2014 à 10h08) Disparition

Mavis Gallant s'est éteinte

Mavis Gallant

L'auteure canadienne de nouvelles est décédée mardi à l'âge de 91 ans à Paris. Alice Munro et Margaret Atwood ont réagi à sa disparition.

Mavis Galland est décédée mardi à l'âge de 91 ans à Paris où elle a passé pratiquement toute sa vie, a-t-on appris auprès de sa maison d'édition.

"Pleine d'esprit, courageuse, farouchement indépendante, Mavis était une formidable écrivaine qui a transformé le mode stylistique de la nouvelle", a estimé l'éditeur Doug Pepper de chez McClelland & Stewart.

Née à Montréal en 1922, Mavis Young, parfaitement francophone, a toujours écrit en anglais. Après quelques années comme journaliste à l'hebdomadaire Montreal Standard, elle épouse à 20 ans John Gallant, un musicien, dont elle gardera le nom après son divorce quatre ans plus tard.

C'est en 1950 qu'elle se consacre pleinement à l'écriture de nouvelles et s'installe rapidement à Paris, qu'elle ne quittera plus.

Plus d'une centaine de ses nouvelles ont été publiées dans le réputé magazine The New Yorker. L'autre Paris en 1956 marque déjà son style qui inspira nombre d'auteurs par la suite. Mon coeur est brisé, Le week-end en Bourgogne, Poisson d'avril, L'eau verte, le ciel vert ou encore Rue de Lille figurent parmi ses nouvelles les plus connues. En France, Fayard a publié la plupart de ses oeuvres, disponibles également en poche chez Folio. Rivages a également édité Voyageurs en souffrances, L'été d'un célibataire, Chroniques de mai 68 et Laisse couler. Points a publié Rencontres fortuites en 2010.

Sa compatriote Alice Munro, qui a décroché l'automne dernier le Nobel de littérature, a jugé mardi que Marvis Gallant avait eu "une influence constante dans sa vie d'écrivaine".

Margaret Atwood, autre grande dame de littérature canadienne, a qualifié Mavis Gallant "d'auteure remarquable, fine observatrice de la nature humaine, et de conversation agréable".

Ses nouvelles sont le plus souvent articulées autour de l'aliénation et l'auto-destruction à partir de personnages sombres et écorchés. Elle avait reçu le Prix du Gouverneur général, l'une des plus hautes distinctions artistiques canadiennes, en 1981. Un prix de la Fédération des auteurs québécois porte son nom, le prix Mavis-Gallant, prix littéraire québécois de langue anglaise qui encourage et de promeut la littérature de langue anglaise au Québec.

Son dernier ouvrage, Les journaux de Mavis Gallant devrait être publié l'an prochain, selon son éditeur.
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