Pour l'Usage du monde, l'été est crucial

Pour l'Usage du monde, l'été est crucial

Entrée de L'usage du monde

Pour l'Usage du monde, l'été est crucial

Retour en Bretagne pour notre dernier épisode de l'été des les libraires. Installée depuis 4 ans au Palais à Belle-Ile, Catherine Nicolaï a réussi à conquérir locaux et estivants. L'été est pour elle la période clé à ne pas rater.

Par Cécile Charonnat,
avec cch Créé le 15.04.2015 à 19h12

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Pour rien au monde, Catherine Nicolaï, propriétaire de L'Usage du monde à Belle-Ile, ne fermerait sa librairie en été. Juillet et août représentent en effet quasiment la moitié de son chiffre d'affaires, soit environ 60 000 euros pour un CA annuel de 135 000 euros.

Si Catherine module les horaires de sa librairie en fonction des saisons, plus l'été approche, plus elle remplit ses stocks. En juillet et août, elle ouvre tous les jours et ferme à minuit trois soirs par semaine au minimum. « Le soir et le dimanche, l'ambiance est particulière, plus détendue, surtout quand il fait beau. Les gens prennent le temps de flâner et de descendre les escaliers. »

Installée dans une ancienne cave de boulangerie de 50 mètres carrés, la librairie n'a aucune vitrine. « Mais le prix des loyers à Belle-Ile est exorbitant, et sans aide, c'était la seule solution pour s'installer », raconte t-elle. La seule interface avec la rue est une petite porte rouge. « Quand elle est ouverte, cela fait un appel d'air et les gens sont plus enclins à descendre. »

Un salon de thé et des gros fauteuils rouges

Catherine compense ce manque de visibilité par un aménagement convivial et chaleureux du magasin : comptoir en bois sculpté par son compagnon, four à pain magnifiquement restauré, et bons gros fauteuils rouges qui servent au salon de thé (10% du CA), et à de nombreux enfants qui en profitent, le temps d'un nuage ou d'une averse, pour lire à l'abri, amenant souvent leurs parents à découvrir la librairie.

L'été, sa clientèle est très variée et « fait même le grand écart en août entre des gens très aisés et des gens beaucoup plus modestes. » Juillet est plus hétérogène, avec une clientèle relativement aisée et cultivée, qui se compose à parts égales de parisiens et de vacanciers du grand ouest, auxquels se mêlent quelques étrangers.

Elle vend beaucoup de jeunesse, de mangas, d'écrivains voyageurs et de livres sur l'environnement. Elle profite de la saison pour concevoir des thématiques en littérature et en polar et pousse son stock de 10 000 à 12 000 volumes. « N'étant pas à l'office, je sélectionne beaucoup et j'achète à l'unité hors saison. Mais l'été, je peux pousser jusqu'à 6/8 les livres que j'aime vraiment. »


Une soirée contes où chacun est invité à venir conter

Pour faire vivre sa librairie et compenser l'impossibilité des rencontres avec des auteurs, elle propose notamment chaque mardi des vacances une soirée contes où chacun est invité à venir conter au gré de ses envies. « Les conteurs reviennent d'année en année et me proposent des thèmes nouveaux, cela permet à chacun de s'ouvrir à un nouvel univers » note t-elle, ravie.

La rentrée littéraire reste aussi un moment important car les derniers vacanciers demandent les premières sorties. Toutefois, elle ne marche pleinement qu'aux vacances de la Toussaint et de Noël. « Les gens attendent que je fasse le tri. Ils sont attachés au conseil, et aiment avoir mon avis sur les livres. » Elle se réserve un peu de temps en août pour faire sa sélection et lire quelques nouveautés. Mais ce dont elle est le plus fière, c'est d'avoir réussi à faire de sa librairie un point de rencontre des îliens, un lieu de vie et de partage.

15.04 2015

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