Après deux rentrées littéraires commercialement bien en deçà des attentes des éditeurs, l'opération de recadrage des programmes de littérature est bel et bien lancée. Elle était devenue indispensable : d'après l'étude rendue publique le 1er juillet par GFK, les ventes des romans de la rentrée ont chuté de 32 % en six ans. On comprend que ressurgisse parmi les éditeurs et les libraires le débat, récurrent depuis la fin du XIXe siècle, sur la surproduction !

Avec 524 romans à paraître entre août et octobre d'après nos données Livres Hebdo/Electre data services, la production de la rentrée s'inscrit en tout cas en 2019 à son plus bas niveau depuis vingt ans. Le nombre de nouveaux romans étrangers se stabilise à son niveau plancher (188). Surtout, seuls 336 romans français sont annoncés pour la fin de l'été, soit 11,8 % de moins que l'an dernier.

Si les programmes de la rentrée ont été quantitativement allégés, ils sont en revanche costauds, c'est-à-dire plus pensés que jamais. Tout en évitant le dérapage de l'an dernier (94 titres, un record), les éditeurs ont conservé à la rentrée littéraire sa vocation de découverte avec 82 premiers romans, soit un de plus qu'en 2017. Ils ont programmé comme chaque année les nouveautés d'auteurs de référence du rayon littérature tels Sorj Chalandon, Karine Tuil, Jean-Paul Dubois, Marie Darrieussecq, Jean-Philippe Toussaint, Olivier Adam ou, bien sûr, Amélie Nothomb. Mais, avec en toile de fond le mercato qui a bouleversé en un an l'organisation de l'édition littéraire, ils accompagnent aussi un double mouvement de féminisation de la création.

D'une part, les éditeurs littéraires publient plus de femmes. Parmi les premiers romans, la parité est pour la première fois presque atteinte. D'autre part, les personnages principaux, les héros des romans de la rentrée 2019 sont plus que jamais des héroïnes. Et pas seulement lorsqu'ils sont signés par des femmes.

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