Suhrkamp se relève

Suhrkamp se relève

Suhrkamp se relève

Le tribunal d'instance de Berlin-Charlottenburg autorise le plan de redressement de Suhrkamp. L'espoir renait pour l'éditeur allemand.

Par Annie Favier,
avec af Créé le 15.04.2015 à 21h52

Après quelques atermoiements liés à la complexité du dossier, le tribunal d'instance de Berlin-Charlottenburg a finalement donné son feu vert au plan de redressement présenté par la direction des éditions Suhrkamp (voir notre actualité).

Dans une première phase du plan de relance, la société par commandite, structure juridique de Suhrkamp jusqu'alors, va donc être transformée en société par actions (AG). Un conseil de surveillance est mis en place, composé de Hans Magnus Enzensberger, auteur de la maison, de Gerhart Baum, homme politique et ancien ministre de l'Intérieur (FDP, Parti libéral démocrate), et de Marie Warburg, docteur en médecine. Empreinte de discrétion, l'annonce de la décision du tribunal d'instance, faite par la direction de Suhrkamp, ne renseigne pas actuellement sur les décisions prises pour le personnel, les auteurs et les créanciers de cette entreprise fortement endettée.

Parmi les différentes actions en justice menées en marge du violent conflit qui opposent les actionnaires de Suhrkamp (Ulla Unseld-Berkéwicz via la fondation Unseld Stiftung, 69% et Hans Barlach, 31%), certaines aboutissent actuellement. Selon la presse helvétique, Hans Barlach a ainsi été contraint, le 2 septembre, par les tribunaux suisses à verser 5,4 millions d'euros à l'entrepreneur suisse Andreas Reinhart, dont il avait acquis les parts dans la société, il y a déjà plusieurs années, tout en refusant d'en payer le montant.

Par ailleurs, dans la foulée des décisions de justice rendues début septembre, la fondation familiale a annoncé faire appel du jugement rendu le 13 août par le tribunal de grande instance de Francfort. A cette date, il avait décidé que les bénéfices que devait percevoir la fondation pour les années d'activité situées entre 2010 et 2014 étaient ajournés, entraînant automatiquement l'insolvabilité des éditions.

La situation semble donc tourner plutôt en faveur de Ulla Unseld-Berkéwicz, veuve de Siegfried Unseld, la cheville ouvrière et «l'âme» de cette prestigieuse maison. Mais les rebondissements spectaculaires ne sont jamais à écarter dans cette lutte sans merci.

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