Tintin : un dessinateur devant la justice pour contrefaçon | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 06.05.2019 à 16h04 (mis à jour le 06.05.2019 à 17h02) Justice

Tintin : un dessinateur devant la justice pour contrefaçon

L'une des illustrations en "hommage" à Hergé dessinées par Pascal Somon - Photo PASCAL SOMON

L’illustrateur rémois Pascal Somon est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Reims pour avoir utilisé l’image de Tintin sur des affiches, sans l’autorisation des ayant droits. Il encourt 6 mois de prison ferme.

L’auteur de bandes dessinées rémois Pascal Somon a été convoqué, mercredi 1er mai, par le tribunal correctionnel de Reims pour répondre de faits présumés de contrefaçons après une plainte déposée par la SA Moulinsart, gestionnaire de l’héritage de Hergé. L’artiste est accusé d’avoir reproduit l’image de Tintin sur des affiches destinées à la vente, découvertes en 2017, rapporte le quotidien l’Union.
 
La SA Moulinsart réclame la somme de 50000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 15000 euros pour la veuve d’Hergé. Le parquet quant à lui, "au regard de l'état de récidive et de la volonté manifeste de ne pas comprendre", requiert 6 mois de prison ferme.
 
Plusieurs condamnations
 
Pascal Somon n’en est pas à sa première rencontre avec la justice dans ce dossier. En 2010, le dessinateur a été condamné au civil à verser 45000 euros de dommages et intérêts à la SA Moulinsart et à la veuve d’Hergé pour des faits similaires. A nouveau en 2015, la cour d’appel de Reims reconnaît l’artiste coupable de contrefaçon et le condamne à 5 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans.
 
Malgré ces précédents, l’avocat de Pascal Somon déclare que "ses dessins ne correspondent pas aux dessins originaux et aux albums de Tintin". L’artiste considère qu’il s’agit d’un "hommage". "Je mets l'univers de Tintin dans un autre univers, déclarait l’illustrateur à France 3 en 2014. Je revisite, je ne fais pas de la copie servile. Si quelqu'un trouve une case qui correspond à l'album d'Hergé je lui paye le restaurant". Le délibéré court jusqu’au 28 mai.
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