Un voyeur et des "freaks" pour le Prix Sade 2017 | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 17.09.2017 à 12h46 (mis à jour le 17.09.2017 à 13h00) Lauréats

Un voyeur et des "freaks" pour le Prix Sade 2017

Gay Talese - Photo JOYCE TENNESON/SOUS-SOL

Le prix Sade a été révélé samedi 16 septembre, couronnant le dernier ouvrage de Gay Talese, mais aussi le premier roman de Raphaël Eymery.

Le jury du Prix Sade a récompensé à la majorité Le motel du voyeur: une enquête de Gay Talese, publié aux éditions du sous-sol en octobre 2016. Le livre sortira en poche chez Points le 19 octobre prochain.

Gay Talese a reçu le 7 janvier 1980, une lettre anonyme en provenance du Colorado. Dans cette missive, Gerald Foos confesse avoir acquis un motel à Denver dans le seul but de pouvoir épier ses clients grâce à une découpe savamment cachée dans le plafond. L'auteur raconte alors la rencontre avec cet homme, en livrant aussi des extraits de ses carnets dans lesquels il évoque, notamment, avoir été témoin d'un meurtre.

Écrivain pour des magazines comme le New York Times ou Esquire, Gay Talese, 85 ans, a été l'un des précurseurs du journalisme littéraire qui lui a d'ailleurs valu en 2011 le Norman Mailer Prize. Il a écrit plusieurs essais et romans, dont quelques uns ont été traduits en France.  

Sam Mendes (Skyfall) prépare une version cinématographique du Motel du voyeur.
 
Raphaël Eymery
Le jury a souhaité distinguer également Pornarina: la prostituée-à-tête-de-cheval de Raphaël Eymery,  en lui remettant le Prix Sade du Premier roman.  Paru en juin dernier chez Denoël (coll. "Lunes d'encre"), le primo-romancier se frotte au fantastique avec Pornarina, surnommée la-prostituée-à-tête-de-cheval, créature qui sème la mort dans toute l'Europe et qui est soupçonnée d'avoir commis une dizaine d'homicides. Le docteur Blazek, un octogénaire spécialiste des monstres qui vit dans un château fort, poursuit cette meurtrière avec l'aide d'Antonie, sa fille adoptive contorsionniste.
 
Par ailleurs, le jury du Prix Sade 2017 tient en outre à mentionner l’intérêt tout particulier qu’il porte à quelques livres de sa sélectionMartin van Maele (ou Le Diable se cache dans les détails), Catalogue raisonné établi par Luc Binet (Humus), Farrel, de Christophe Bier (Christophe Bier éditeur), Figures pissantes, Jean-Claude Lebensztejn, (Macula) et Le Grand Siècle déshabillé, Anthologie érotique du XVIIème siècle, établie et recensée par Jean-Paul Goujon (Robert Laffont).
 
Enfin le Prix Sade a rendu hommage à son juré disparu en 2017, "le très regretté Ruwen Ogien", écrivain et philosophe, dont le dernier ouvrage, Mes mille et une nuits : la maladie comme drame et comme comédie, avait été publié chez Albin Michel en décembre 2016.
close

S’abonner à #La Lettre