Brésil

Une exposition littéraire censurée à Rio de Janeiro

L'installation du collectif Es Uma Maluca autour de laquelle les artistes devaient échanger avec les spectateurs - Photo VAGNER ROSA

Une exposition littéraire censurée à Rio de Janeiro

Le gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro a ordonné la fermeture, à la Maison France-Brésil, de l’exposition "Littérature exposée".

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Par Nicolas Turcev,
Créé le 16.01.2019 à 16h31,
Mis à jour le 18.01.2019 à 10h11

Le gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro, Wilson Witzel, fervent soutien du nouveau président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, a ordonné, dimanche 13 janvier, la fermeture de l’exposition "Littérature exposée" qui se tenait à la Maison France-Brésil, révèle le quotidien O Globo. Le collectif d’artistes Es Uma Maluca, critique de la torture durant la dictature militaire au Brésil (1964-1985), devait donner un spectacle le lendemain. Le groupe a tout de même décidé de se produire, lundi 14 janvier, dans les rues de la métropole brésilienne.
 
La curatrice de l’exposition, Alvaro Figueiredo, a dénoncé un acte de censure: "Ils ont fermé notre exposition un jour avant la date officielle afin d’empêcher les représentations de se produire", a-t-il déclaré sur Facebook. Pour le gouverneur, en revanche, l’annulation serait due à une "rupture de contrat". L’édile, qui s’est récemment illustré en réclamant la création d’un Guantanamo brésilien, argue que les organisateurs n’avaient pas averti le gouvernement que le spectacle d’Es Uma Maluca contiendrait de la nudité.
 
L’exposition "Littérature exposée" invitait les artistes à créer une œuvre à partir de la relecture d’un texte d’un écrivain considéré comme "périphérique". Le collectif Es Uma Maluca s’inspirait de la nouvelle Barataria de l’écrivain Rodrigo Santos, originaire de la ville de Sao Gonçalo, près de Rio. Le récit suit l’histoire d’une femme violée par son bourreau à l’aide de cafards, durant les années de plomb brésiliennes.

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